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 Superman

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Charli



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MessageSujet: Superman   Mer 11 Jan - 2:15

En guise d'introduction à ce texte, je pense qu'il suffit d'y entrer pour se trouver confronter à la réalité d'un monde pas si stéréotypé qu'on pourrait le croire de prime abord, et de se laisser porter par ce croquis d'un quotidien. Ce récit conte les bonheurs et les tourments d'un lien père-fille pas si banal que cela, jusqu'à la vérité brute et parfois insoutenable de cette relation.



Superman



« Je n’ai pas tellement de souvenirs à raconter.

Mon père, je l’aimais. Même s’il buvait et qu’il aimait mieux le rouge que presque tout le reste. J’aimais qu’il m’emmène en virée, après la classe, faire la tournée des bars, rencontrer du « beau monde », comme il disait.
J'étais une petite gamine et lui c'était mon père, mon Papa. C'était le plus fort, c'était mon Super Héros. Mon Superman.
J’ai appris des tas de trucs, en virée avec mon père. Dans les bars, on gueule pas, on parle fort. Dans les bars, c’est interdit de boire de l’eau, ils disent que ça fait rouiller, et que ça rend encore plus malade que le ricard. Dans les bars, les patrons de la boite où on travaille, c’est des « couilles molles », ou des « enfoirés de première ». Je me souviens. J’aimais raconter ma journée d’école à des gueules cassées, ces gens dont on voyait aux stigmates de leurs visages, qu’ils avaient trimé, et qu’ils avaient tout fait foirer dans leur vie, qu’ils n’attendaient plus rien d’elle, sinon quelques moments d’ivresse et de soulerie.

Avec le recul, je me dis que c’était bien ça le « beau monde » des bistrots. Des hommes à la dérive, ne demandant qu’un retour vers le passé, au moment où tout était encore jouable pour eux, ne commandant pas mieux qu’une vie à vivre, toujours accompagnée d’un pichet de bière. Les alcooliques de ces bars à poivrots ont appris à la petite fille que j’étais, la convivialité et l’amitié, et par-dessus tout, ils m’ont montré, bien malgré eux sûrement, ce qu’était l’humanité. Ces types là en étaient bourrés. Le rougeaud du « Orlando’s » dans le 12e, celui qui avait toujours sa place réservée au comptoir, à cinq secondes des chiottes en courant, il avait perdu son fils et sa femme, respectivement et chronologiquement mort dans un accident de voiture et suicidée. Le croûton à l’imper vert caca, à la barbe salle et aux bottes de chasse jaune canard, le plus vieux client du « Sixties », lui avait perdu son job, après quarante longues années de bons et loyaux services, au profit d’un petit jeune sorti tout droit d’une de ces écoles de commerce à la con. Celles qui formatent à la pelle, les futurs « de la haute », les jeunes esprits dynamiques et sans scrupules, calibrés pour rentrer dans le moule de l’entreprise, sans faire de vagues.
Ces types là, ne buvaient pas pour le plaisir. Ils ne buvaient pas non plus pour se découvrir des super pouvoirs d’invincibilité dans des stupides bagarres à deux balles à la sortie du bistrot. Ils ne boivent pas, comme le font certain jeunes ados décérébrés, pour se deviner une capacité nouvelle d’invulnérabilité au froid quand, vers les quatre grammes et demi du matin, courir à poil devant le plus de monde possible, devient une mission de l’importance et de la solennité d’une affaire d'État.
Ironiquement, ces types là buvaient pour ne pas tomber, pour chercher, parfois en vain, à retrouver leur dignité. Ils ne buvaient pas pour oublier, parce qu’on oublie pas qu’on a tout perdu. Ils buvaient pour ne plus se sentir différents. Comment ne pas les comprendre. Ces types là avaient plus de vécu et plus d’humanité que le Dalaï-lama.
Je les adorais. Et ils m’aimaient aussi, j’étais le « Petit soleil de leur journée », quand l’heure était encore raisonnable. Quand la virée se prolongeait jusqu’à très tard, je devenaient « l'Étoile de leur nuit » et, arrivé à ce moment là, je savais qu’en rentrant Maman allait gronder Superman très très fort.

C’est loin tout ça, mais on m’a dit de l’écrire, de le consigner quelque part. On m’a dit de raconter, d’en témoigner pour moi-même, pour m’en souvenir. On m’a dit que fallait mieux tout consigner dans le carnet bleu pâle qu’ils m’avaient offert, une fois pour toute, et de le foutre sous clé à tout jamais. On m’a dit que ça m’aiderait et qu’après on en parlerait plus. On m’a dit que ça me ferait du bien, et je me suis dit que ça pouvait pas être pire. Alors j’écris, un peu tous les jours. Avec mes souvenirs, dans l’ordre parfois, en vrac souvent. Sur mon père, ma mère.

Elle est morte quand j’ai eu 16 ans. J’ai été très triste, je me souviens.
Lorraine Walsh était une cuisinière à tomber par terre, elle nous mitonnait des petits plats avec rien, un peu de ci, de ça ou un peu de ce truc là qui avait l’air de pourrir au fond du réfrigérateur, et ppcchhhttt c’était le « repas des Rois » comme disait Papa. Y’en avait pas deux des comme ma mère, tout le temps impeccable sur elle, bien coiffée, bien brossée, toujours bien apprêtée pour tout. C’était une femme indépendante, qui organisait des réunions cosmétiques, une fois par mois, sur notre canapé.
Tous les jeudis, toutes les quatre semaines, les amies de maman, leurs amies, leurs nièces, leurs filles, et leurs cousines envahissaient notre salon pour discuter chiffons et pompons. Toutes ces femmes me fascinaient, habillées de plumes et de paillettes, arborant avec fierté des fourrures de lapins, faute de mieux, toujours fagotées comme pour résister à l’hiver de 54. Pompant les codes de la classe huppée, de la toilette au costume, jusqu’à la bouche en cul de poule, elles semblaient prêtes à tout pour faire « Femmes du monde », chics et séduisantes ; du moins à leurs yeux…
C’était la foire à la maison, et le bétail siégeait gaiement sur le canapé, à l’affût des nouveaux potins, comme des poules caquetant à la mort pour quelques graines.
Entre mon père et moi, dans ces moments de grand n’importe quoi, il suffisait d’un regard. Un regard qui voulait dire :
« Wouaouuh, c’est quoi toute cette charcuterie ? C‘est raclette ce soir ou quoi? »
Un autre regard pour :
« Merde, si un jour la Dinde de Noël se fait la malle, on pourra toujours la remplacer par celle là, avec son QI de pintade et son gros cul. »
Et on pouffait en silence… pour ne pas être grossiers. Bien sûr.

Je crois que c’est à cette époque là que les disputes ont commencé à éclater, plus fréquemment. Jusqu’à plusieurs fois par jour, chaque jour.
S’opposant, et se renvoyant la balle de mon éducation ratée, mes parents se battaient pour moi. Non, plutôt à propos de moi… A peine dissimulés derrière la porte de leur chambre, ils gueulaient. Leurs cris d’animaux partaient en tout sens. Ils gueulaient et le vacarme de leurs voix me parvenaient. Toujours les mêmes disputes.
Toujours les mêmes mots.
- « Mais George, mais merde, et quoi encore ? Encourage la à se piquer et à faire la pute. MA fille, avec des soulards dégénérés. Mais tu es complètement stupide ou quoi ? », elle gueulait. 
Encore éméché, fougueux mais pas vraiment courageux, il répondait :
- « Oui, je sais, Lorraine, je sais. T’as raison, je sais. » Et tentant, avec un semblant d’assurance : « Mais c‘est ma gosse aussi, merde. Merde, Lorraine c’est ma gosse à moi aussi. 
- Et alors ? Non mais tu t’entends ? Tu es complètement malade, mon pauvre. C’est ta gosse, c’est ta gosse, et alors ? Ça te donne le droit de pourrir son enfance, ça te donne le droit de lui faire croire n’importe quoi ? Mais, merde, comme si elle avait pas d’autres problèmes à gérer…
- Oui je sa…
- Non tu ne sais pas. Nooon tu ne sais pas ! Merde, George, comme si tu pensais que ça allait arranger les choses. MA fille. Avec des poivrots. Quelle idée de génie! Non mais vraiment ! Quelle idée de génie !
T’es complètement malade, mon pauvre. » Elle gueulait toujours.
- « Mais… »
Des fois, il y avait des longs silences. Et mon père pleurait doucement. Mon père pleurait et ça me crevait le cœur.
- « Mais, ma Chérie… elle a l’air tellement heureuse quand je l’emmène et… » 
Oui! Mon père avait toujours raison, de toute façon. Il gagnerait la bataille, je me disais toujours, le sourire aux oreilles.
Et ça repartait :
- « Mais merde à la fin. Réfléchis George, une fois dans ta vie. Réfléchis. Ce ne sont pas des endroits comme ça qui vont l’aider à grandir normalement. C’est comme ça que tu veux qu’elle finisse ? C’est ça que tu veux pour ta fille ? C’est comme ça que tu veux qu’elle finisse ? Comme ces pauvres types ? Comme toi ?
- Oui, je sais Lorraine, je sais. Tu as raison. »
Et il pleurait, plus fort.

Malgré tout ce beau bordel familial, mois après mois, chaque dernier jeudi, rien ne changeait dans notre salon. Et rien n’altérait la parade des dindons qui se voulaient plus grosses que le bœuf, mais surtout pas plus rondes qu'une brindille.
Je me revois, tous ces jeudis, toutes les quatre semaines, priant mon père, avec toute la force du monde, de m’arracher au calvaire d’une soirée chiffon avec Barbie et compagnie. De m’emmener sur son cheval, sur la place passager de sa caisse déglinguée, et de filer droit refaire la tournée du « beau monde ». De me tirer de là, et de me traîner aussi loin que possible du Royaume des Pouffiasses.
Mais malheureusement, Superman, les ardeurs refroidies par ces nuits passées à se casser le dos sur le canapé du salon, se rangeait, maintenant, la plupart du temps, du côté de maman. D’ailleurs plus le temps passait, plus il se ratatinait, son aura de superhéros dans les chaussettes, il devenait aussi fade et sans intérêt qu'un Clark Kent sans ses pouvoirs.

- « Ta mère a raison, Geene, ce ne sont pas des endroits pour toi. Elle pense qu’il est plus que temps que tu côtoies enfin des personnes normales. Pas des poivrots. Des personnes normales, pas des pauvres types, comme ces gars là. Ils sont pas fréquentables ces gars là. 
- Mais, papa, toi tu les fréquentes ?
- Ton père, c’est autre chose » il balançait. « Ces pauvres types ne sont pas un bon exemple pour une jeune fille. Pour une jeune fille qui a encore le choix de vivre la vie qu’elle mérite.
- Si j’ai le choix, alors je choisis de vivre la vie comme toi », je répliquai avec tout ce que j’avais dans le ventre.
- « A 13 ans, on ne sait pas ce qu’on veut, ma fille.
- A 13 ans, moi je sais. »
A 13 ans, j’en savais foutre rien de ce que je voulais. Je savais que mon père, c’était le plus fort. Je savais ça, depuis longtemps. Depuis toujours. Je l’aimais tellement.
Je savais ce que je ne voulais pas, et, ressembler à ces pimbêches en furie devant le nouveau gloss à la mode ne faisait partie d’aucun de mes plans.
Nos petites joutes verbales étaient aussi régulières que ses nuits sur le canapé du salon, elles n’aboutissaient à rien sinon à foutre le bordel dans son couple, encore davantage.

A l’école, c’était pas ça. J’étais seule. Les autres ne cherchaient pas spécialement à me mettre de côté, je m’en chargeais moi-même. Et à vrai dire, je m’en sortais plutôt pas mal. J’étais seule, et c’était mieux comme ça. Je me suis toujours sentie légèrement différente des enfants de mon âge. Trop puérils, trop différents. Ils me regardaient parfois méchamment, souvent avec suffisance. J’étais seule, mais ce n’étais pas grave, le problème c’était les autres. Je n’ai jamais réussi à m’adapter aux autres élèves. J’ai toujours eu des problèmes à communiquer avec tous ces abrutis.
Et si je n’avais pas été douée pour les études, ma scolarité aurait pu être complètement chaotique.

A l’âge de quatre ans, déjà, j’étais une petite fille très timide, très peu ouverte vers l’extérieur. Quittant pour la première fois les jupes de maman, qui étaient, d’ailleurs, plus souvent les pantalons de papa, j’avais eu du mal à me familiariser à ce nouvel environnement. Les nouvelles règles, les nouvelles têtes, et toutes ces nouvelles choses que l’on attendait de moi me paniquaient. Je me sentais confinée et écrasée à la fois, complètement perdue. Avec le recul, je pense que j’avais eu du mal à accepter qu’il y aient eu des autres. Des autres, autour de Moi.
Et je me rappelle, quand Laura Wescott avait tiré sur mes couettes, en cours de dessin, en gueulant : « Ding dong » « Ding dong », 4 ou 5 fois d’affilée, j’avais éclaté en cris et en sanglots. Mon monde, déjà vacillant, tout chamboulé sur ses bases, menaçait de s’écrouler totalement à cause d’une sale garce qui me sonnait les couettes.
Je revois encore Mme Chesters lui foutre la baffe la plus monumentale de sa vie… Je revois encore sa joue en compote, rouge jusqu’au sang. Ses pleurs, ses larmes, son beuglement d’animal, abject et insupportable… tellement rassurant, sonnant à mes oreilles comme un sentiment de justice bien faite.
Après ça, on a plus jamais revu la maîtresse. Laura Wescott avait disparu aussi…
Ses parents avaient dû la mettre dans une autre école, elle avait sûrement eu trop peur de retourner en classe...

Il faut tout raconter, alors je raconte tout. J’essaie de me rappeler. Et lorsqu’un détail me revient je le note, sur un coin de ma feuille, sur une page à la fin de mon carnet, pour m’en souvenir quand le moment viendra de le coucher, lui aussi sur le papier. J’ai longtemps hésité. J’ai longtemps résisté avant de m’y mettre. J’ai peur que ça ne serve à rien. Comme tout le reste. Mais, on m’a dit de l'écrire. De le raconter pour moi-même. Comme ça, tout sera fini et peut être que les larmes s’arrêteront de couler. J'en peux plus, je n'en peux vraiment plus. Il est peut-être enfin temps que ça finisse, j'aimerai tellement tout oublier.

S'il était possible d’écrire pour oublier, alors je commencerai par écrire la nuit où je l’ai trouvée. J’écrirai la nuit où elle est morte pour effacer les images qui défilent et qui s’emmêlent dans mon crâne. Il l’a sans doute étripée pendant un bon moment; à cause du sang sur le rebord de la baignoire, il continuait de couler sur le tapis de la salle de bain, quand je l’ai découverte. C’était une horreur, cette salle de bain. Il l’avait charcutée en long et en large, comme ces poissons, remplis de caviar, dont on ouvre le ventre pour leur vider les tripes. C’était à la fois glaçant et hypnotique. Maman prenait son bain dans son propre sang, elle tenait une position habituelle : genou droit relevé, jambe gauche dehors, son pied délicatement posé sur le bord, près des robinets. Histoire de pouvoir rajouter de l’eau, du bout des doigts, quand le sang se mettrait à coaguler. Il y en avait partout. Sur les miroirs au dessus des lavabos, dans la corbeille de linge, sur les serviettes et sur le porte-serviettes, comme un carnage, comme en enfer.
Des projections sombres, du mur au plafond, un sale boulot digne d’un de ces nouveaux peintres contemporains à la mode. Sauf qu’il n’avait rien cherché à peindre. Aucune démarche artistique. Seulement de la boucherie.
Le bras droit de maman était encore immergé, tandis que l’autre pendait assez pathétiquement dans le vide. Comme si ses doigts tentaient désespérément d’atteindre le sol, comme si son bras tentait inutilement de s’arracher à ce corps sans vie.
Je n’ai pas crié tout de suite. Il m’a fallu plusieurs minutes pour comprendre que maman était là, et qu’elle était morte, dans la baignoire, à deux mètres de moi. Son visage était intact. Pas une écorchure, rien du tout. Elle était jolie, son corps à moitié décharné gâchait un peu le tableau, mais elle restait belle malgré tout. Une beauté froide et élégante. La mort ne lui enlèverait même pas ça. Ses cheveux semblait n’avoir essuyé aucun outrage, pendant la tempête. Elle était toujours bien apprêtée pour tout. Alors pour mourir aussi.
Elle avait cette obsession de se laver les cheveux le soir. Deux fois par semaine. Le vendredi et le mardi, toujours le soir. « A cause de la pollution, et de tous ces machins qui nous pourrissent la peau et les poumons, toute la journée, là dehors. » elle répétait. A côté de ça, elle fumait pratiquement deux paquets de cigarettes par jour. Elle me répétait aussi, continuellement, de ne jamais commencer. Pour se défendre de nos attaques sur le sujet, à papa et à moi, elle avait toujours un petit discours bien préparé du genre : « Merde, laissez moi, je suis une grande fille, je profite encore de la vie comme je veux », ou bien « Moi, mon père, il a fumé toute sa vie, comme un pompier, et bien plus que moi. Et ce n’est pas le cancer qui l’a emporté. C’est son cœur. Aucun rapport ! ».

Comme elle l’avait senti, toutes ces années, le cancer ne l’a pas emporté, elle non plus. C’était une petite victoire, d’elle sur nous.
En y repensant, c’était drôle. Que toutes ces choses me soient revenues à ce moment là, devant elle, devant son cadavre. Je m’en souviens. J’avais été écœurée de la trouver là. C’était normal. Impressionnée, surprise aussi. On ne prend jamais le temps, dans la vie de tous les jours, d’imaginer sa mère baignant complètement nue dans son propre sang, avec le ventre ouvert jusqu’aux entrailles, la main ballante et le regard vide.
C’était drôle parce que revoir, même en pensée, toutes ses habitudes, toutes ses manies désormais ancrées au passé, ça m’a rappelé qu’elle avait été en vie. Avant.
Et alors j’ai pris conscience.
Alors j’ai hurlé.

Mais écrire pour oublier, ce n’est pas possible. Ça ne marche pas, et ça n’a jamais marché, j’en ai fait l’expérience. Cela fait maintenant plus d’un mois que j’ai entamé ce journal. Rien ne cesse, rien ne va mieux. Et encore 28 ans plus tard, tout continue. En pire.
J’écris un peu chaque jour. Chaque détail, je les consigne avec l’espoir de me vider.
Comme ils me l'ont dit. Je pensais qu’en confiant à ce foutu carnet tout ce que j‘avais sur le coeur, j’aurai enfin la paix.
Je m’imaginais, sûrement aussi naïvement que ces gosses qui croient à la magie et à tous ces trucs de femmes découpées en deux, qu’une fois refermé, le cahier emporterait mes souvenirs avec lui; ma rancœur coincée entre ses pages.
J’aurai aimé que mon journal soit ensorcelé, qu’il ait le pouvoir de ces magiciens qui font disparaître tout et n’importe quoi. Qu‘il emballe tous mes soucis comme un lapin dans un chapeau, qu‘il les noient dans un trou sans fond. J’aurai au moins voulu me raccrocher à cet espoir. Je voulais simplement, par-dessus tout, croire à cette magie.
Sauf que la magie ça n’existe pas. Les magiciens savent qu’il y a un truc. Eux savent que les enfants sont crédules et facilement impressionnables. Ils savent qu’il suffit d’enfermer deux bonnes femmes dans deux boites différentes, une la tête dehors, et l’autre avec les pieds qui dépassent, et de trancher dans le vide, entre les deux boîtes, pour créer l’illusion. Moi, je ne veux pas le savoir et je blâme ce putain de carnet bleu pâle, ce sorcier médiocre et incapable de me jouer le moindre tour. Tous mes souvenirs sont là. Ils sont intacts.


Mes années collège, mes humiliations, mes solitudes. Mon père. Ses humiliations. Malgré tous les tours de passe-passe que j’attendais, tout ça restait gravé, et me brûlait l’intérieur.
C’est pour mon quatorzième anniversaire que tout a changé. Malgré les avertissements de maman à lui, à moi, malgré les remontrances et les nuits sur le canapé, Papa continuait son manège. Avec moi. On partait toujours en vadrouille, quelques heures entre la fin des cours et le retour de maman. Elle passait sa vie au travail. Sauf les derniers jeudis du mois. Elle bossait pour une grande boite dans la pub. Où elle avait commencé comme secrétaire quinze années en arrière, pour gravir (ou descendre) quelques échelons et devenir l’assistante du sous chef de la section cosmétique. Elle portait un tailleur imitation Chanel au boulot, perspective d’une grande carrière selon elle.
Pendant qu’elle se tuait à la tâche, et surtout à celle de lécher les fesses de ses divers patrons, pendant qu’elle perdait toute dignité, je rejoignais notre « beau monde », et l'Univers retrouvait son équilibre pour quelques heures. Pendant des mois, je filais le parfait bonheur, et nul ne semblait en mesure d’y changer quelque chose.
Jusqu’à ce qu’elle découvre le pot aux roses. Jusqu’à ce qu’elle décide de partir de la maison, le soir de mes quatorze ans, que l’on avait sûrement fêté et arrosé un peu de trop. Ce soir où l’on était rentré un peu trop tard, l’un aussi saoul que l’autre. C’était sûrement la première fois qu’elle me voyait dans cet état. Et pourtant, ce n’était pas ma toute première cuite, à vrai dire. D’habitude, devant elle, j’arrivais à me contenir, l’enjeu était trop gros.
Mais cette fois ci, l’occasion était trop belle. Et si je n’avais pas dégueulé tout mon lot sur ses escarpins à 1 500 balles la paire, alors peut être qu'on s'en serait tirés. Peut être. N’empêche que si j’avais tout gardé, je m’en serai voulu. Et quelle plus belle manière de dire à quelqu’un franchement ce que l’on pense, qu’en gerbant à ses pieds.
De toute façon, ce soir là, elle a quitté le domicile conjugal. Une semaine sans nouvelles. La liberté. Enfin, c’est ce que je croyais. Mon père, lui, était détruit. Je ne l’avais jamais vu aussi minable, aussi ratatiné. Quand elle revenue, tout a changé et rien, plus jamais, ne serait comme avant. Il avait souffert et il avait pris des résolutions. Il lui promettait que. Il lui jurait que. Pour qu’elle ne le quitte pas.


A cette époque, je crois que Papa aurait tout fait pour elle. Il disait qu’il était prêt à changer. Du tout au tout. A devenir quelqu’un d’autre. Quelqu'un qu’elle aimerait peut être mieux, peut être plus. Pour qu’elle reste. Il avait réussi, au cours des mois, à se sevrer du rouge et du whisky. Il s’était mis à l’aspirateur et avait appris à ne plus regarder la cuisine avec appréhension. Il ne découchait plus.
C’en était fini des fanfaronnades, des nuits d’ivresse, et du temps fourré dans les quartiers pourris. Des nuits passées en dehors de la maison, entre le bar, la rue et les autres bars. Fini aussi du tandem père-fille, malgré mes crises, malgré mes larmes. Lui qui me passait tous mes caprices, me remarquait désormais à peine. Pour lui plaire.
Il avait dans l’espoir de la reconquérir. Elle le dominait.

Au même moment, à l’école, les insultes quotidiennes devenaient de plus en plus compliquées à gérer. Ma volonté s’effritait au fur et à mesure des jours et des regards qui me traitaient d’« asociale », ou d’« arriérée mentale ». La force d’affronter tous ces sombres cons disparaissaient à mesure que Lui s’effaçait de ma vie. Quand Il était là, quand je savais qu’on était ensemble et inséparables, les autres m’indifféraient et leurs attaques me semblaient sans importance. Tant que je n’étais pas seule. Maintenant, ils me terrorisaient. 
J’étais mal à cette période là, Il ne l’a pas vu, Il faisait bien trop attention à ne pas me voir. La pilule a eu du mal à passer, et tout ce qu’Il a pu faire par la suite, n’a malheureusement rien changé. J’aurais tellement voulu, au moins, rattraper le temps perdu. Tout le temps qu’Il a passé de son côté.

Quelques jours avant le drame, Papa a appris qu’elle le trompait.
C’était un de ces soirs où je n’arrivais pas à m’endormir. Comme souvent, comme chaque soir. Généralement les jeunes filles de 16 ans s’endorment paisiblement, en rêvant de leurs flirts passés et à venir. De Tim ou de Théo, les deux méga beau gosse de terminale B, ou de Sarah la pom pom ultra sexy, aussi stupide qu’il est possible de l’être, à qui elles crèvent toutes d’envie de ressembler. Moi non, la nuit je ne dormais pas. J’attendais.
J’attendais qu’il se passe quelque chose. Je pensais à mon père, à cette famille et je me rendais moitié folle. Je le plaignais et je le haïssais à la fois. Il était si attentionné, avant. Avant, quand j’existais encore pour lui. Quand j’étais le « Petit Soleil de sa vie ». Et qu’Il m’aimait.
Ce soir là, donc, j’avais entendu les cris à travers la cloison. Ses cris à elle. Mon père avait sûrement perdu la force de crier. Je me disais que, peut être, à force de gueuler, toujours, tout le temps, la voix s’éraille et qu’un jour on n’arrive même plus à s’énerver. Peut être aussi que depuis qu’il avait arrêté la boisson, Papa n’avait plus le courage de pousser une grosse gueulante...
Cette nuit là, je les ai entendus. Et il pleurait.

Tous ses efforts, tous ses espoirs nouveaux ses belles résolutions et sa fierté nouvelle, se retrouvaient, en quelques secondes, foutus par terre et piétinés à coup de talons aiguilles de quinze centimètres de haut, payés à crédit.
Elle le trompait depuis 2 ans. Et avec un collègue de sa boite à elle. Un « cadre supérieur », le rêve suprême de toutes les poules du jeudi soir.
Un encostumé, sûrement grand, brun yeux vert et lunettes de soleil : le nec plus ultra du fantasme. Avec un petit attaché case de pédale sous le bras. Certainement. Le genre de type que l’on remarque. Du genre important. Du genre valant son pesant de collier à perles 39 carats, et autres 35 000 balles par mois. Playboy au sourire à la James Dean, et dont les fesses peuvent inspirer un réel sujet de discussion pour secrétaires attardées.
C’était peut-être le petit rondouillard de l’entreprise. Il y a toujours un petit rondouillard, chevelu seulement sur les côtés. Le mec moyen, banal, chic type, un peu débilos sur les bords. Stable, et sans môme. Sans femme, ni animal. Le genre de type que l’on ne remarque pas. Un Didier, ou un Bernard. Un homme qui n’a pas vocation à grand-chose, ni la volonté de changer le monde, ni celle de se changer lui-même. Le genre de personne que rien ne distingue d’un autre, sinon une collection de timbres entreprise il y a 30 ans. Un mec sans vague, sans histoire, qui n’attend plus rien ni de la société, ni des femmes. Et qui pourtant, parvient à tirer son épingle plus souvent que d’autres. La plupart du temps au profit des épouses délaissées à la recherche d’un coup normal, d’une aventure banale, moyenne et sans risque.
Elle n’a jamais avoué qui de Bernard ou de James elle s’était tapée. Elle s’en était tapé un des deux, et c’était toujours un de trop pour Papa.

C’est cette nuit là qui a tout fait basculer. C’est ce que la police avait aussi fini par conclure, quand ils sont venus chercher Papa. Pour le meurtre de sa femme.


Je n’arrive plus à écrire dans ce foutu journal. Chaque mot c’est autant de larmes, autant de sang sur mes doigts. C’est bien trop dur de tout remuer. Mais, chaque jour je me fais violence Et même si ce n’est pas pour mon bien, je me force. Au moins pour celui de mon père.
Notre relation était particulière, parce que déjà, toute petite, je me sentais mal dans ma peau, incomprise de tous. Et que lui s’est intéressé à moi comme personne. Et surtout aussi, parce qu’il m’écoutait même quand je ne parlais pas. Qu'il me faisait partager son quotidien, quand personne ne me donnait rien. Ma mère était beaucoup trop rationnelle pour moi. Beaucoup trop terre à terre.
Un soir, assez lointain, puisqu’à l’époque Papa avait encore l’esprit au vagabondage, un soir, avant mon quatorzième anniversaire et tous les chamboulements, où j’étais resté avec elle, en tête à tête, elle me prit entre quatre yeux.


- « Gina, qu’est-ce que tu comptes faire de ta vie ? » elle parlait toujours d’un ton polaire. Avec une suffisance quasi hostile, comme si un dieu quelconque lui avait filé ses super-pouvoirs et que je n’étais plus qu’une merde supplémentaire dans son univers.
- « Tu veux dire comme métier ? » J’hasardais ironique, faussement innocente.
- « Je veux dire dans la vie en général ? Quels sont tes rêves, tes aspirations ? » Quand Maman commençait à placer ses mots savants, du moins ceux qu’elle n’employait pas tous les quatre matins, c’est qu’elle voulait avoir la mainmise sur le débat. Elle me montrait qu’elle menait la danse, et que je n’avais plus qu’à danser comme elle le voulait.
- « Pourquoi tu me poses toutes ces questions ?
- Tu es ma fille, Gina. Et, je m’intéresse à toi et à tes projets. »
Tu parles.
- « Je sais pas. » Je disais ça, d’une part parce que c’était vrai, et parce que je savais que ça la foutrait en rogne. Et qu'elle m'aboierait des conneries du style : « T’es qu’une bonne à rien, tu fous jamais rien, ton avenir c’est important et bla et bla et bla… » . Je m’en réjouissais presque d’avance. Et sûrement trop vite, parce que ce soir là son air de super marâtre, genre Cruella d’Enfer, avait disparu.
« Geene, je m’inquiète pour toi. Tu es une gentille fille, et je suis censée veiller sur toi. Je suis ta mère, je suis censée te protéger.
- Me protéger de quoi ?
- De tout, Gina, de tout. Tu sais la vie est moche parfois, et toi je te vois tout le temps dans les nuages. A rêvasser.
- …
- Redescend sur terre des fois. Je te dis ça pour ton bien, Gina, redescend un peu sur terre. C’est comme si tu vivais ailleurs, sur une autre planète. Merde, la Terre c’est là Gina, la vie c’est ici… » Elle stoppait quelques secondes. « Tu remarqueras que je ne gueule pas. », elle gueulait. « Je te dis ça pour ton bien, je sais à quel point tu peux être fragile. J’ai peur qu’il t’arrive quelque chose. 
- Mais, de quoi tu parles M’man ? » Le coin de la bouche en sourire, je reprenais l’ascendant. Je voulais juste qu’elle se foute en boule.
- « Ton père… Comment te dire ça ? Il a des problèmes. Il a des problèmes d’alcool, et… je ne sais pas si tu t’en rends compte. » Elle hésitait, elle balbutiait.
Pas de réponse.
- « Ton père est un alcoolique, Gina. Tu me comprends ? »
Pas de réponse.
- « Il ne t’emmènera plus avec lui dans ces taudis mal famés, ça tu peux en être sûr. » Et en plus elle disait ça comme si c’était la meilleure nouvelle du siècle. - « Non ça c'est sûr tout ça c'est fini. J'en ai ma claque de fermer ma gueule et de faire semblant. J'ai peur Gina, j'ai tellement peur, tu sais » Elle disait ça surtout pour elle même, et puis de toute façon, je ne l'écoutais pas. J'avais peur, moi aussi. Comme on a peur avant de se prendre un coup de poing en plein sur la gueule.
- « Je veux seulement te protéger Geene... »
Toujours aucune réponse.
Je hochais la tête, malgré moi. Les genoux sur les yeux, les larmes à l'intérieur.
J’étais obligé de céder, de lui donner les points. J’avais perdu la bataille à force de ne rien répondre. Je n’étais plus dans la course. Je dansais.
Alors je pleurais, baragouinant des « pourquoi », des « comment est-ce que ». D’autres insultes aussi.
« Ecoute, tu es ma fille, je suis ta mère et… et c’est comme ça. Geene, j’ai aimé ton père plus que tu ne l’imagines, je l’ai aimé autant que j’ai pu… »
Je bouillonnais.
« Je t’aime, et s’il ne change pas. Si rien ne change. Ce sera fini, tu comprends. »
Elle feignait les larmes drôlement bien. Quelle actrice splendide. Si je n’étais pas si en colère, je l’aurai applaudie et couverte de roses et d’oursons en peluche.
« Tu as idéalisé ton père, Geene. Je ne suis pas la méchante, je ne veux pas que tu penses ça de moi. Je m’en voudrais terriblement. »
Toute son aura de déesse, supérieure et intouchable, l’avait quittée. Il ne restait d’elle plus qu’une carcasse pathétiquement pathétique, qui s’efforçait de paraître autoritaire. Quel spectacle, Messieurs, dames !
« Je ne sais pas comment te le dire, Gina, mais… Gina…  »
Elle chialait. Comme une fontaine à présent. Pour de vrai ?
« Ton père, il… snuuuurfff… ton père il me bat » snuuurfffait elle. « C’est… c’est un homme impulsif et… et violent. »
Mensonges!
Mensonges!
Mensonges!

J’aurai voulu me boucher les oreilles, j’aurai voulu qu’elle disparaisse, j’aurai voulu mourir. Mais, dans ma tête, j’étais à plat ventre.
A partir de ce moment là, quoi qu’elle dise, j’avais pris le parti de ne pas la croire. Cette menteuse. Elle inventait toutes ces histoires, pour me mettre dans sa poche. Pour me faire baisser les yeux, et perdre ma garde, avant de me foutre un coup de poignard dans le dos. Et le récupérer pour elle toute seule. Elle était jalouse.
Je n’étais pas dupe

Si j’écris aujourd’hui, c’est plus pour sa mémoire à lui, que pour tout le reste. Depuis que j’ai commencé mon journal, j’ai perdu, peu à peu, au fil des jours, toute perspective d’amélioration, j’ai progressivement abandonné tout espoir de guérison. La magie n’est pas de mon côté de toute façon.
J’écris pour lui, et en même temps un peu pour rien. Il est trop tard pour y changer quoi que soit, et ça fait longtemps que Papa s’est pendu dans sa cellule. J’ai longtemps eu du mal à croire qu’il ait pu faire une chose pareille. Surtout vu la barbarie avec laquelle elle avait été tuée. Trucidée plutôt. Et Papa, que j’imaginais si doux, si prévenant. La sauvagerie et la tendresse. Les deux avaient du mal à se superposer. Mais, l’amour rend plus fort que tout. L’amour était tout. Et s’il le fallait on se battait par Amour. On se battait à mort, pour l’Amour…
Je le comprenais. Et je l’avais pardonné, depuis longtemps. Il avait fait tout ça, par amour…
Parce qu’il m’aimait, Moi. Parce qu’il voulait que l’on soit réuni, rien que tous les deux. Je le savais. Du moins, je m’en étais persuadé. Tout ça, c’était pour moi.
Si j’ai écris tout ça, tous ces souvenirs, que je ne croyais pas si nombreux, si j’ai tenu à ce que vérité soit faite plus que tout, c’est pour lui, et surtout pour lui dire merci d’avoir été ce qu’il a été. Pour moi.


J’aurai fait n’importe quoi pour mon père. N’importe quoi pour lui plaire.
Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours détesté ma mère
Elle disait que je l’idéalisais.
Dans ses derniers mois, elle voulait me « ramener à la raison », elle disait : « Tu es aveugle, ma fille. Reviens à la raison » La raison c’était elle et ses affreuses pouffiasses écervelées. Elle disait que j’avais des problèmes. Que j’étais malade, depuis le début. Qu’elle avait voulu me préserver depuis le début. Que j’avais des accès de colère anormaux, que je me mettais en pétard violemment pour un oui, pour un non, pour un rien. Et que j’en perdais le souvenir, quelques secondes plus tard.
Elle disait que j’avais des problèmes psychologiques, et que quelque fois, je lui faisais peur. Qu’est ce qu’elle pouvait être conne. Elle pensait peut être se rendre intéressante. Que Papa la choisirait, si moi j’étais malade. Si j’étais forfait, sur le banc de touche.
Quelques minutes avant sa mort, elle disait que j’étais responsable de tout. Que je lui en avait fait baver, mais qu’elle m’avait toujours soutenue. Qu’elle m’avait caché ma maladie, avec l’espoir que ça me guérirait, de ne pas savoir.
Elle disait : « - Tu es une personne violente. Tu te rappelles de combien d’écoles, tu t’ai fait renvoyée, Gina ? A cause de ton putain de comportement » elle s’énervait. Elle m’énervait, juste avant de mourir. « Tu te rappelles, maintenant ? Barney Lydon, Joachim Serdat, Lili Gracks, Laura Wescott, tu te souviens ? Tous ces enfants avec qui tu as eu des problèmes. Tu te rappelles ?
- Conneries ! » j’hurlais, comme elle s'écrasait sur le carrelage.
« Tu es une personne violente Geene. Comme ton père, il… » laissant sa phrase en suspens, elle n’irait pas plus loin. Personne ne touche à mon père.
Il était à moi, et j’aurais fait n’importe quoi pour lui.


La traînée. Pendant des années, à l’époque déjà, je l’ai haï. Si elle n’avait pas été là, il m’aurait choisit moi, c’est moi qu’il aurait épousé, et c’est nous qui aurions une jolie petite famille avec enfants et chien. La traînée, elle ne l’aimait pas, alors que lui l’aimait plus que tout, au moins plus que le rouge. Pendant des années, ça m’a tué. Cette putain de rancœur m’a tué, à petit feu, un peu chaque jour. Elle en est morte.




Certaines personnes préfèrent vivre dans le mensonge, on dit que la vie y est plus douce. Se mentir à soi-même est peut-être la seule solution possible quand l’évidence devient insoutenable. L’illusion est la plus belle des fuites en avant, elle nous protège contre le monde, elle nous isole de la vérité et de ce que nous sommes vraiment.



Papa l’avait compris. Il s’en est voulu, je pense. Mais maintenant tout est fini, je l’ai compris, et je l’ai pardonné, pour ce qu’il a fait à Maman.

Tu entends Papa ? Ce n’est pas grave, tout est fini, je te pardonne. »















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Iniourfeïss

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MessageSujet: Re: Superman   Mer 11 Jan - 18:02

Alors !

J'ai bien aimé ce journal. C'est très réaliste, comme tu nous avais dit. Très triste aussi.
Tu as bien représenté la subjectivité de la fille par rapport au couple de ses parents. Son amour pour son père. Sa décharge de rancune envers sa mère et d'amour envers son père, bien retranscrits par les souvenirs. D'ailleurs, c'est vrai, on décharge ses frustrations qu'en en parlant, ou en les écrivant.
C'était bien écrit, très fluide, compréhensible, sans vocabulaire effroyable. On se fait facilement emporter par l'histoire. On veut partager les impressions de cette fille, en fait. Smile

J'ai repéré des fautes, surtout vers la fin. J'en ai noté quelques unes.
Au début, quand tu dis qu'ils buvaient, etc... tu passes à boivent.
"Quand la virée se prolongeait jusqu’à très tard, je devenaient (devenais)"
"J’attendais qu’il se passe quelque chose. Je pensais à mon père, à cette famille et je me rendais moitié (rendais à moitié) folle."
"Si j’ai écris (écrit) tout ça, tous ces souvenirs, que je ne croyais pas si nombreux, si j’ai tenu à ce que vérité soit faite plus que tout"
"Tu te rappelles de combien d’écoles, tu t’ai fait (t'es faite) renvoyée, Gina ?"
"La traînée. Pendant des années, à l’époque déjà, je l’ai haï (haïe). Si elle n’avait pas été là, il m’aurait choisit (choisi) moi, c’est moi qu’il aurait épousé (épousée), et c’est nous qui aurions une jolie petite famille avec enfants et chien. La traînée, elle ne l’aimait pas, alors que lui l’aimait plus que tout, au moins plus que le rouge. Pendant des années, ça m’a tué (tuée). Cette putain de rancœur m’a tué (tuée), à petit feu, un peu chaque jour. Elle en est morte." (C'est la mère (la traînée) qui est morte ?)
Après, tu utilises beaucoup de futur à la première personne du singulier alors que je pense que le conditionnel serait mieux employé.

Voilà !
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Charli



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MessageSujet: Re: Superman   Mer 11 Jan - 19:34

Merci beaucoup pour ton commentaire =)
Effectivement je me rends compte qu'il y a encore pas mal de fautes qui m'ont échappées, merci de les avoir listées je vais les corriger au plus vite.
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Myrien
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MessageSujet: Re: Superman   Mer 11 Jan - 23:24

Salut Charli,

Ton texte est très bien écrit. J'ai repéré quelques fautes encore, surtout au début, mais rien de vraiment grave. Je me souviens d'un "certain" qui aurait du être mis au pluriel, ce genre de choses. Donc ne nous y attardons pas.

L'écrit est super. Il y a vraiment une très bonne qualité d'écriture dans ton texte et ça t'a déjà été dit, donc je vais passer à l'autre partie.
Il y a, selon moi, un souci dans tes phrases. Il y a énormément de virgules. Énormément. A tel point que parfois j'ai soupiré, et que les phrase semblaient avoir un problème de construction et qu'il m'a fallut les relire. Ne le prends pas mal hein, mais voila. C'est peut-être ta marque de fabrique, une composante naturel de ton style d'écriture, et donc cela ne doit absolument pas, en aucun cas, disparaître. Mais peut-être qu'il faudrait atténuer un peu le nombre de virgules par phrase.
Tu vas penser que j'insiste lourdement sur un détail insignifiant, mais ce n'est pas le cas et c'est pour cela que j'insiste. Car le texte est bon.

En fait, quand j'ai lu, j'ai eu du mal à me mettre dedans. C'est bien raconté, bien écrit, ils se passe quelque chose, et pourtant j'étais dedans et à la fois pas dedans du tout. J'avais, je crois, l'impression de voir l'auteur derrière Geene. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. Mais en tout cas, je pense que c'est ça qui m'a vraiment gêné. Et si j'ai cru voir ça, c'est à cause de ces virgules. Siiiiii, j'te jure !

Pour continuer dessus, et comme je te l'ai dit, ça semble être une marque de fabrique "made in Charli". Mais tu l'utilises trop et au final ça dessert ton texte. Bien sûr, c'est peut-être la façon de parler (ou plutôt d'écrire) de Geene, me suis-je dis. Mais alors pourquoi je retrouve cette façon de parler chez la mère ? Quatre mots, une virgule (ou un point, je le concède), quatre mots, une vir...

Voila, j'ai suffisamment insisté sur ce point, non pas pour t'enfoncer ou pour retourner un couteau (tu as vu comme je prends des gants hein ! C'est parce que j'en ai eu un qui m'a insulté pour lui avoir dit ce que je pensais, et j'ai été plus tendre avec lui en lui parlant de plein de points. Toi il n'y avait que celui-là qui méritait autant), mais bien pour essayer de faire passer mon idée.

Sinon, j'ai remarqué que tu aimais bien reprendre un mot, un sentiment, et y mettre ensuite un synonyme ou une métaphore, une comparaison. Et il y en a très souvent. Ça rend très bien mais à trop en user ça perd de sa force.

Le ton employé dans les italiques me gène aussi. Le drame se déroulant 28 ans en arrière, et sachant qu'elle avait alors 16 ans, ça lui fait 44 ans. Et cet âge dénote avec la façon de parler/penser dans ces mêmes italiques. Pas tout le temps, surtout la première.

Enfin, il y a quelque chose d'étrange, de très étrange pour moi. C'est que, d'une part je m'attendais à la fin. Peut-être est-ce du à ton introduction du début, maintenant que j'y pense. Et ça gâche un peu le plaisir. D'autre part, quand bien même c'est bien écrit (je le répète parce que c'est bien vrai), et ben j'en suis pas ressorti avec un sentiment particulier. Comment dire ça. C'est très dur de mettre des mots dessus. Il y a tout, et pourtant il manque quelque chose, qui fait qu'on en ressort pas époustouflé, ou joyeux, ou autre. Seule la toute fin m'a donné un petit frisson agréable, le dernier italique et la dernière phrase. Magnifique, bons mots, limite on aimerait en lire plus sur sa folie véritable.

Voila voila.
A lire, je conviens que ça semble être rempli de critiques. Mais ce n'est pas le cas.
L'histoire est bonne, bien écrite, "fluide" comme l'a dit Iniourfeïss, et j'ai pris un bon plaisir à la fin à suivre l'évolution dramatique et psychologique.
Merci.

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Charli



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MessageSujet: Re: Superman   Jeu 12 Jan - 15:10

Hey merci énormément pour ton commentaire. Je ne t'en veux pas, et je ne vais pas t'insulter ne t'inquiète pas ^^ Les critiques précises et pointues comme la tienne vont m'aider à revenir sur mon texte pour le rendre meilleur, donc je te remercie beaucoup.
Quant aux virgules, j'avoue que tu es le premier à me faire la remarque, je le relirai en y faisant attention.
Peut être que ça fait partie de mon style, je ne sais pas. J'avais seulement l'envie de ne pas écrire comme les autres, d'avoir un style à moi : à base de phrases simples et surtout avec un ton bien précis. Dans chaque phrases tous les mots sont pesés, analysés. Je peux passer des heures rien que sur une phrase, je deteste les phrases, les mots inutiles. Bon peut être que j'ai raté ce que je voulais faire, mais je ne l'espère pas.

Tu pourrais m'expliquer un peu les indices qui t'ont conduit à deviner la fin dès le début? Je t'avoue que ça me frustre un peu, parce que j'avais essayer d'établir un suspens, un petit crescendo, tout en semant des indices qui ne prendraient sens qu'à la fin. Alors si tu me fais part de tes impressions de lecture sur ce sujet là, ça me fera peut être avancer un peu :$
Ah et aussi oui je n'ai pas vraiment compris quand tu dis que tu as eu l'impression de voir l'auteur derrière Geene ? Ca veut dire que tu m'as vu moi derrière le personnage ? Même si c'est surement vrai que j'y ai mis beaucoup de moi dans ce personnage, je ne pense pas que c'est cela que tu aies voulu dire.

En tous cas merci beaucoup, et je vais essayer de me sevrer des virgules, promis Wink
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MessageSujet: Re: Superman   Jeu 12 Jan - 15:41

Il est vrai que parfois tu as une drôle de façon de poser tes virgules. Je ne suis pas aussi pointilleux que Myrien sur ce sujet, mais je voulais en parler pour quelques phrases. J'ai zappé lors du commentaire. ^^

Mais par exemple, dans le passage :
"Ces types là, ne buvaient pas pour le plaisir. Ils ne buvaient pas non plus pour se découvrir des super pouvoirs d’invincibilité dans des stupides bagarres à deux balles à la sortie du bistrot. Ils ne boivent pas, comme le font certain jeunes ados décérébrés, pour se deviner une capacité nouvelle d’invulnérabilité au froid quand, vers les quatre grammes et demi du matin, courir à poil devant le plus de monde possible, devient une mission de l’importance et de la solennité d’une affaire d'État."

Prenons la première phrase : "Ces types là, ne buvaient pas pour le plaisir."
Ta virgule est très mal placée selon moi (ou même Myrien). Pourquoi devrions-nous faire une pause ici ? C'est un peu comme si la seconde partie de la phrase n'avait pas de sujet. A la limite "Ces types, là, ne buvaient pas pour le plaisir." passerait mieux, mais pour être parfait on devrait mettre "Ces types-là ne buvaient pas pour le plaisir."

Après, dans la phrase : "Ils ne boivent pas, comme le font certain jeunes ados décérébrés, pour se deviner une capacité nouvelle d’invulnérabilité au froid quand, vers les quatre grammes et demi du matin, courir à poil devant le plus de monde possible, devient une mission de l’importance et de la solennité d’une affaire d'État."
Déjà, ta phrase est très longue, mais ça, à la limite, on s'en fiche, c'est un style. Mais pour la dernière virgule, c'est la même histoire qu'au dessus. Je l'aurais écrite comme ça : "Ils ne boivent pas, comme le font certains jeunes ados décérébrés pour se deviner une capacité nouvelle d'invulnérabilité au froid quand, vers les quatre grammes et demi du matin, courir à poil devant le plus de monde possible devient une mission de l'importance et de la solennité d'une affaire d'Etat."
Je laisse la première virgule car ta phrase est très longue, et sans respiration, il faudrait avoir l'entraînement d'un chanteur pour la lire sans stress.

A mon avis, enfin, quand je lis la phrase avec ta disposition de virgules, tu utilises les virgules pour appuyer le mot d'après. Comment pourrais-je l'expliquer plus clairement ? Hum...
Admettons que quelqu'un fasse un discours :
"Et je refuse que cela se passe ainsi !
Et je veux telle ou telle chose !"
L'orateur pourrait appuyer sur les "Et" pour donner plus d'impact, et avec ta disposition de virgules je le lirais comme ça, si je m'y fiais. Cependant, ton texte n'est pas ce genre de textes. ^^ Je ne le vois pas prononcé à la manière d'un être révolté et impulsif. C'est un journal où quelqu'un vide ses émotions. De plus, si c'était ça la manière de lire que tu voulais "imposer", je ne pense pas que les virgules soient la ponctuation appropriée.

Voilà mon avis ! Smile

Pour ce qui est du reste de ta demande dans ton dernier post, je te laisse régler ça avec Myrien.
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Myrien
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MessageSujet: Re: Superman   Jeu 12 Jan - 16:05

Alors, déjà je suis très content de voir que tu as bien pris les choses et que tu en redemandes afin de bien comprendre mes propos et de les accepter ou de les réfuter avec raison.

Tes phrases sont très bien ordonnées, je suis pleinement d'accord. Tu souhaites faire passer l'idée exacte que tu as en tête, et c'est pourquoi tu uses beaucoup des images en répété. Son utilisation est trop répétée justement.

Pour les virgules, maintenant.
En fait, tu mets une cadence avec cette sur-utilisation. parfois ça rend bien, parfois ça berce. Et du coup le récit se retrouve trop calme, peut-être. Je ne sais pas. Mais quelques exemples :

Spoiler:
 
Voila deux passages attrapées dans le vif du texte. Je ne les ai pas spécialement recherchées. Elle sont bien, grammaticalement parfaites et tout, cadencées à intervalles réguliers, linéaires.
Je ne sais pas si ça t'aide à voir mieux mon point de vue.

Ne t'inquiète pas, tu n'écris pas "comme les autres". Et d'ailleurs, à mon sens, dès qu'on se mets à écrire un peu et avec application, on constate rapidement que notre façon d'écrire diverge de celles des autres et des écrivains. Notre façon de penser, de voir le monde et les gens, notre façon de nous parler à nous-même, tout cela fait qu'on est différent.
Ça me fait penser, peut-être est-ce là la raison. Quand je te lis, avec les virgule, j'ai l'impression que "tu" racontes. Ou comme au théâtre, quand on sépare bien chaque phrase, voire morceaux de phrase, pour les porter avec plus de force aux oreilles du spectateur. Arf, je n'arrive pas à trouver le pourquoi. Et crois-moi, c'est pas souvent que ça m'arrive. Peut-être qu'avec ton prochain texte, si je ne retrouve pas ce truc, et bien je saurai te le faire comprendre, par comparaison. On verra. En tout cas ça me fait faire de sacrés commentaires (au niveau taille).

Alors, je n'ai pas découvert la toute fin dès le début, rassure-toi.
Le début, ton introduction, nous informe d'ores et déjà qu'il y aura une fin terrible. Un drame.
"Ce récit conte les bonheurs et les tourments d'un lien père-fille pas si banal que cela, jusqu'à la vérité brute et parfois insoutenable de cette relation."
Ou du moins, c'est ce que j'en ai compris. Je m'attendais plus précisément à une fin violente et familiale. C'est par la suite que j'ai commencé à me douter. La mère, on dit qu'elle va mourir, donc famille + mère morte = le père ou la fille est le tueur. Ensuite on voit qu'elle se met en travers des deux autres. Là, on sait qu'elle va prendre cher.
Au début, elle est une maman cool, qui fait de bons petits plats toujours excellents. Et la fois d'après (donc entendons-nous : le texte est un assemblage décousu des souvenirs d'une femme de 44 ans, donc elle les écrit à la suite, et non pas à des années d'intervalle), cette mère devient beaucoup plus mauvaise. Le saut est trop rapide. C'était une puce à l'oreille.
Mon conseil pour éviter qu'on devine ? Retire ton introduction immédiatement ! flower Le suspens est là, alors pourquo le casser avant même de commencer la lecture ?
(Note : je rédige ce commentaire de tête, donc si je me trompe à un moment dans l'histoire, désolé, mea culpa, tout ça ^^)
(Note 2 : les indices qui prennent sens, comme l'enfant qui se fait éclater la gueule, c'était good, on ne s'en doutait pas du tout sur le moment. Nickel. Mais il y en avait d'autres ?)

Enfin, voir l'auteur derrière Geene.
Ce que je voulais dire par là, c'est que je n'arrivais pas à me mettre vraiment dans sa tête. Ce côté trop joliment construit fait que je sens la personne qui aime faire bien, derrière le texte.

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MessageSujet: Re: Superman   Jeu 12 Jan - 16:08

Effectivement, les virgules donnent cette impression de "trop bien cadré", qui casse avec l'idée d'une femme qui écrit, qui raconte. Il y a un écart.

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Alfred

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MessageSujet: Re: Superman   Jeu 12 Jan - 17:51

Bonjour Monsieur Charli,

Voila un texte tout à fait attrayant. Certes, je note moi aussi l'utilisation abusive des virgules, car on y sent cette volonté de l'auteur à bien raconter, à bien se faire comprendre. Peut-être légèrement au détriment de l'entrée dans l'histoire par le lecteur.

Malgré ce couac, qui ne se retrouvera peut-être pas dans votre prochaine nouvelle, je dois dire que j'ai beaucoup apprécier cette lecture. Je suis néanmoins d'accord avec Monsieur Myrien concernant l'usage de l'introduction. Ceci est à bannir, si je puis me permettre. Malgré tout, j'ai éprouvé un réel plaisir à lire cette histoire d'un quotidien qui tourne peu à peu dans le malsain. Et j'ai noté l'emploie de la majuscule pour désigner le père, vers la fin. Je vous félicite car ce simple détail est déjà une preuve qui accable cette enfant. Le lecteur averti aura remarqué cela et ressentira peut-être un trouble en même temps qu'une intuition émergente : celle de la culpabilité d'une fille qui a déifié son père à l’extrême.

Je suis un peu embrouillé dans ma tête, j'espère que je suis compréhensible. Sinon, veuillez m'en informer et je saurai reformuler mes propos.

Au final, c'est un très bon texte, peut-être un peu trop bien construit, ce qui le dessert étrangement (comme l'a souligné monsieur Myrien). Somme toute, il est de très bonne facture et j'attends, avec une réelle envie et une réelle curiosité, de lire un nouveau signé Charli.

J'ai bien peur que mes modestes écrits n'approchent pas la même réalité psychologique que vous. Loin de là même. Mais peut-être saurais-vous y trouver quelque distraction.

Cordialement,

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MessageSujet: Re: Superman   Jeu 12 Jan - 18:43

Merci à tous pour vos commentaires très éclairés et éclairant pour moi. Et, en effet, je commence à remarquer la surabondance des virgules dans les petits extraits que vous m'avez ciblés. Ca me fait bizarre parce que j'avoue que je n'avais jamais remarqué cela. A vrai dire, oui j'accorde probablement plus d'attention aux mots qu'à la ponctuation, je tâcherai de garder vos avertissements en tête à la relecture.

Quant à l'introduction, je l'ai écrite spécialement pour la poster sur le forum, en pensant que ça stimulerai la curiosité des quelques lecteurs que j'allais attirer. Je m'en vais de ce pas la retirer, puisqu'il est vrai que maintenant que j'y repense elle vous donne les premières clés pour décrypter le texte et l'assemblage est facile à faire au fur et à mesure que l'on avance dans la lecture.

Pour les souvenirs racontés par cette femme de 44 ans, ils sont relatés en vrac donc je pense qu'il est normal qu'ils soient brouillés. Les sauts temporels s'en trouvent justifié. Mais il ne faut pas oublier non plus que cette femme est folle, il fut un temps où j'avais une conclusion du style :

Toc toc toc
-Oui. Entrez.
Mademoiselle Walsh, c'est l'infirmière c'était juste pour savoir si...

Et ça se finissait comme ça sur les points de suspension. Mais après reflexion je me suis dit que ça alourdissait le texte d'insister là dessus. Cependant dans ma tête, elle est en hopital psychatrique ou en asile et ce sont des docteurs qui lui ont donné son petit carnet (la nouvelle s'appelait au début Le petit carnet bleu pâle, avant de s'intituler Pour lui plaire et ensuite Superman) et je ne sais pas si ce point apparaît vraiment aux lecteurs désormais.

Et merci Alfred, c'est avec joie que je me tournerai vers vos écrits dès que je le pourrais =)
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MessageSujet: Re: Superman   Jeu 12 Jan - 19:00

En effet, je n'ai pas fait le rapprochement entre "Proposition d'écrire dans un carnet" et "44 ans". L'asile colle, mais je n'ai rien calculé ! Car des gens dans son genre doivent être en pleine liberté.
J'aime bien le titre "Le petit carnet bleu pâle". Smile
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MessageSujet: Re: Superman   Ven 13 Jan - 11:29

Effectivement monsieur,
Si votre dame est dans un asile, alors tout se tient. Il faudrait donc renforcer légèrement cette idée afin que le lecteur y pense. L'idée de changer de titre peut être un premier pas en ce sens.
Bonne journée à vous deux.

Cordialement,

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MessageSujet: Re: Superman   Lun 23 Juil - 4:39

Quel texte... J'en suis restée bouche bée.

Sans vouloir répéter les autres, donc rapidement, mis à part les quelques faites d'orthographes, le texte fut très bien écrit. On sen vraiment tout ce qu'a ressenti le personnage principal. Impressionnant de réalisme et de tristesse. Profond dans les émotions. Une idée intéressante.

C'est vrai que pendant tout le texte, je me demandais qui étaient ces "ils".... puis....ça se tient. Je conçois que ça aurait alourdi le texte en concluant de la manière que tu disais dans un post....mais peut-être qu'un petit indice ou deux pour le lecteur aurait été sympa. Histoire qu'il comprenne.

Bref.

Mais sinon j'ai aimé.

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Superman
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