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 V 3589

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Maître Kong

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Localisation : Edgecombe

MessageSujet: V 3589   Lun 9 Avr - 19:56

V 3589
I.

Personne.

Je porte mon regard vers l’horizon. Dans mon champ de vision se trouvent tellement d’absurdités que je me dis que je dois être en train de rêver. J’embrasse du regard ce décor terrifiant et pourtant je ne me suis jamais senti aussi bien. En paix. Je ne ressens ni peur, ni angoisse, ni stress. J’ai l’impression d’être un boddhisattva perdu tel un Will Smith dans un monde post-apocalyptique.

Quelques minutes plus tôt, j’ai ouvert les yeux et j’étais là, debout au milieu de cet immense boulevard dont je n’arrive pas à distinguer le bout. D’immenses buildings à l’allure lugubre l’encadrent. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je ne dois pas rentrer à l’intérieur. Il s’en dégage une atmosphère malsaine. Je lève la tête et je me sens écrasé par l’immensité de ces immeubles qui semblent aussi infinis que le boulevard.

Je constate alors que des choses virevoltent dans le ciel. C’est gris et ça flotte, comme de la neige. Sauf que ce n’est pas de la neige. Je porte instinctivement ma main à mon visage et passe mes doigts sur mon front. Je les ramène vers moi, recouverts d’une épaisse couche grisâtre : des cendres. Je remarque alors que tout mon corps en est recouvert d’une mince pellicule, me faisant ressembler à ces corps ensevelis de Pompéi, figés à jamais dans ces cendres venues du ventre de la Terre. Cette idée ne m’effraie pas, comme si je trouvais tout cela normal.

Je décide d’avancer, pour voir ce qu’il y a plus loin. Ce paysage m’intrigue et je veux savoir où je suis. Je commence à marcher et j’ai la sensation que c’est la première fois que je le fais. Je ressens le sol sous mes pieds nus. Ni chaud, ni froid, il me procure une sensation de bien- être inexpliquée. Je continue en observant les façades des buildings défiler autour de moi. Leurs fenêtres béantes, balayées par les quatre vents, n’offrent à voir qu’un noir sans fond. Des abysses impénétrables.
A cette vision, la peur m’envahit. Mon malaise grandit lorsque je constate le silence qui m’entoure. Un de ces silences lourd, impénétrable, aussi insondable que ces abysses où semblent être tapie le mal, attendant le moment propice pour sortir de son antre.

- Comme si l’on avait coupé le son d’une vidéo, murmuré-je, d’une voix asséchée.

Je décide de presser le pas, continuant alors mon chemin sur le boulevard en tâchant d’éviter de poser mon regard sur ces bâtiments qui ne m’inspirent que terreur. Observer l’horizon m’apaise, sans que j’en comprenne réellement la raison. J’ai l’intime conviction que c’est là- bas qu’il faut que j’aille.

Je découvre sur mon chemin des voitures brisées, enchevêtrées les unes dans les autres sans que je ne trouve la moindre trace de vie ou de mort, comme s’il y avait eu un immense carambolage instantané et qu’on aurait laissé là que les carcasses des véhicules. Je me dis qu’il y a forcément encore quelqu’un ici. L’absence de cadavre m’effraie plus que l’idée d’en découvrir. Forcément, quelqu’un a dû en réchapper et si je trouve ces gens, ils pourront m’expliquer ce qui se passe et où je suis. Je regarde dans les voitures mais ne trouve rien à part cette épaisse couche de cendres. Pris d’une frénésie, j’essaie d’ouvrir chaque carcasse que je croise, en vain. Toutes verrouillées. Je guette le moindre son, à l’affût du plus infime souffle rauque mais je n’entends que ce silence assourdissant.

Je continue mon chemin et le même paysage vide d’effile autour de moi. Ce vide m’oppresse. Ces multiples voitures ressemblant à des carcasses d’animaux dans le désert, ces immeubles imitant la silhouette d’un charognard au dessus d’une proie qu’il s’apprête à dévorer, instillent chez moi un malaise toujours plus grandissant. Il n’y a rien de pire que le vide. Comme ces amputés qui ont encore l’impression de sentir leur membre perdu, je me tiens là, sur ce boulevard où je ressens encore la présence d’une vie intense sans déceler le moindre indice de celle-ci.

Je me focalise sur cet horizon qui, sans que je me l’explique, semble apaiser comme jamais mes tourments. J’ai l’impression de marcher depuis des heures et je commence à avoir mal à la hanche gauche. Ma vue est brouillée par les cendres qui me font piquer les yeux. Je les sens gonflés et rouges. Je m’arrête un instant, non pour reprendre mon souffle qui est curieusement normal, moi qui d’habitude suffoque dès que je monte un étage à pied, mais pour regarder en arrière, pour essayer d’estimer la distance que j’ai parcourue. Il m’est impossible de le dire, je ne vois que ce vaste boulevard parsemé de carcasses de véhicules. Alors que je me retourne pour reprendre ma marche, j’aperçois une lumière à l’horizon. A vrai dire, il s’agit plutôt d’un halo lumineux qui transparaît très faiblement à travers le rideau de cendres.

Instantanément, je ressens le besoin de rejoindre cette lumière. Je reprends ma marche, cette fois presqu’en courant tellement l’envie me brûle d’être déjà là-bas. Mais la lumière ne se rapproche pas. Je constate alors ma démarche mécanique que je ne semble plus contrôler. C’est bien moi qui décide de marcher et pourtant j’ai l’impression que ce sont mes pieds qui me guident.

Cette quiétude intérieure commence à me rendre fou. Je sais que c’est cette lumière qui comporte les réponses. Je sais que là bas, il y aura les gens. Eux, ils pourront me dire, m’expliquer.

- Cette lumière, c’est probablement celle d’un bâtiment public ou celle d’un magasin, pensé-je tout haut.

Je me rends compte que, jusque là, je n’ai vu aucun magasin, aucun bâtiment à l’allure « officielle », aucune spécificité dans ce paysage monotone. Cette constatation me fait l’effet d’une pierre dans l’estomac et transforme mes pieds en enclumes. Je ne peux plus avancer et le malaise me reprend. Pris d’un vertige, je m’assois à même le sol sur ce béton toujours ni chaud ni froid.

- Et puis après tout, c’est peut-être qu’un lampadaire allumé... Non mais c’est du délire quoi. Foutu rêve...

J’ai prononcé ce mot d’une voix blanche comme si seulement à cet instant j’avais compris toute la vérité. Ce n’était qu’un rêve. Forcément.

A peine ai-je terminé ce monologue que mon estomac se comprime de nouveau. La douleur et la peur m’envahissent. Je me replis sur moi-même, en position fœtale, dans une tentative vaine d’atténuer cette douleur lancinante. Une fatigue immense comme jamais je n’ai connue m’assaille soudainement. Mes paupières deviennent aussi lourdes que mes pieds et se ferment en un instant. J’ai l’impression de tomber dans le vide.


*


II.


Je me réveille en sursaut, recouvert de sueur et le cœur battant à tout rompre. La peur me tenaille encore aussi intensément que dans ce cauchemar.

- Faut arrêter le café mon vieux, ça te réussis pas, dis-je tout haut.

Ma gorge est aussi sèche que dans ce rêve, ce qui fait se resserrer encore plus mon cœur déjà rudement mis à l’épreuve. Pour m’apaiser, j’essaie de me focaliser sur le décor qui m’entoure. La tapisserie d’un vert criard recouvrant les murs de ma chambre. L’ordinateur portable, laissé en veille sur mon bureau, brillant d’une lumière blafarde. La grande baie vitrée laissant apercevoir une lune pleine. La bibliothèque dégueulant de livres en tous genres au sommet duquel trône le réveil qui affiche 3 :33.

Cela ne marche pas. Mes muscles sont tendus par la douleur, contrastant avec cet apaisement sans limite que j’ai ressenti au début de mon rêve. Je respire amplement mais ne ressens aucun relâchement, juste ce froid glacial qui semble transpercer chacun de mes muscles et gonfler mes poumons d’une glace invisible. Mes oreilles sifflent et laissent transparaître ce même silence sourd que dans mon cauchemar.

- Ressaisis-toi à la fin ! Tu vas pas te laisser abattre par ça, c’en est qu’un de plus !

Je reprends alors le rituel que j’ai instauré pour les situations angoissantes. Je me lève, malgré mes muscles endoloris qui protestent, et me dirige vers mon bureau. J’ouvre l’ordinateur où une page vierge de traitement de texte m’attend déjà. C’est mon habitude. J’en laisse toujours une ouverte avant de me coucher, au cas il me vient une idée pendant mon sommeil. Il n’y a pas plus riche terreau pour l’imagination que les rêves.
J’écris le plus rapidement possible, sentant que mes souvenirs commencent déjà à s’évaporer, telle l’eau au-dessus d’une casserole qui boue. Je tape frénétiquement sur mon clavier dans une volonté désespérée d’emprisonner toutes ces vapeurs qui s’en vont dans l’atmosphère. Si quelqu’un se trouvait à l’instant à côté moi, il verrait probablement un dément tapant sans raison sur toutes les touches du clavier sans ordre apparent. L’évaporation de mes souvenirs oniriques dépasse toutefois rapidement ma vitesse de frappe. Une image me vient à l’esprit, celle d’un escargot faisant la course avec un de ces ions présents dans les vents solaires avançant à 800 km par secondes. Impuissance. Et bientôt je ne ressens plus que ce vide, celui qui vient une fois que j’ai écrit complètement une idée et que plus rien ne me vient. Je déteste cette sensation de n’avoir reporté qu’un tiers de ce qui s’est passé dans mes rêves ou dans ma tête. Je ressens l’immensité des souvenirs évaporés mais je n’arrive plus à me les remémorer. Ils sont définitivement tombés dans l’oubli. Bientôt, il ne me reste plus que le vague souvenir d’un vaste boulevard et d’immeubles flous.

Pris de rage, je referme l’ordinateur en soupirant. Je me recouche dans le lit encore humide de sueur et reste pendant un temps indéterminé avec les yeux grands ouverts braqués sur le plafond d’un blanc immaculé avant de tomber dans un sommeil profond, sans rêve aucun.


*

III.


Lorsque je me réveille le lendemain, il me faut plusieurs minutes avant de me rappeler ce qui s’est passé pendant la nuit. Ce souvenir reste toutefois vague mais qu’importe, j’ai noté tout ce que je pouvais sur l’ordinateur.

Allongé sur le lit, je réfléchis à ce que j’ai prévu de faire aujourd’hui. Je rassemble les choses et conclu que ce jour sera consacré à la fin de l’écriture de mon dixième roman. Mon éditeur me réclame sans cesse le manuscrit et soupire d’exaspération chaque fois que je lui dis qu’il n’est pas encore terminé. Il est loin le temps où c’était moi qui courrait après les éditeurs.

- Mais qu’est-ce que tu fais de tes journées enfin ? Faut appuyer sur le champignon là, faut le sortir pour le mois d’avril je te rappelle ! cancanait-il tout le temps, ce qui me faisait culpabiliser quoiqu’en dise mon visage impassible.

Nous sommes le 31 mars et l’écriture n’est pas terminée. La publication ne serait définitivement pas pour demain. Je prends comme résolution de terminer l’écriture des trois derniers chapitres avant ce soir, faute de quoi je m’infligerai je ne sais quelle punition. Plus de café pendant un mois serait un bon début. Horrible en fait.
L’appât du café me fait sortir de mon lit. Je me rends dans la cuisine, histoire de m’en concocter une bonne tasse avant de me mettre au travail. Je ne remarque pas la présence de grands rideaux blancs masquant la grande baie vitrée.

Je reviens avec une grande tasse de café fumant à la main et un bout de pain dans la bouche. Alors que je mâche et savoure le goût du beurre salé qui se répand sur mes papilles, je remarque les rideaux. J’arrête de mâcher instantanément et les observe. Jamais je n’ai eu de rideaux. Je déteste ça. Jamais je ne dors avec des volets non plus. Trop noir. J’approche fébrilement de la grande baie vitrée, la tasse encore dans la main et j’avale le morceau de pain sans même finir de le broyer.

D’un coup sec, j’ouvre le rideau et du même coup renverse du café brûlant sur ma main m’arrachant un cri de douleur. Instinctivement ma main lâche la tasse. Le liquide brunâtre se répand partout, ce qui me met hors de moi.

- Putain, du café sur la moquette ! Nan, mais c’est pas vrai ça !

Déjà que le propriétaire ne veut pas que je change sa tapisserie horrible, il n’est pas prêt d’accepter que je change sa vieille moquette élimée et tâchée de partout! J’éponge du mieux que je peux le café avec le bas des rideaux qui traine par terre. J’abandonne cette idée très vite, voyant que je ne fais qu’étaler encore plus la tâche. Acceptant ma défaite, je relève la tête pour regarder par la fenêtre et ce que je vois alors me glace le sang.

Devant moi se déroule un immense boulevard de six voies remplies de voitures identiques klaxonnant à tout rompre. Le même que celui de mon cauchemar de là nuit dernière. Je reste figé devant cette vision, n’osant pas y croire. Un flot d’images provenant de mon cauchemar ressurgit, de même que les douleurs dans mes muscles et la peur. Je me revois marcher mécaniquement vers cette lumière blafarde, je revois ces immeubles sans vitres, je revois toutes ces carcasses de voitures, je revois les cendres et je me revois, moi, au milieu de tout cela. Je me sens tel un animal dans une forêt qui sait instinctivement qu’il doit fuir au plus vite avant même de voir le danger. En face de mon immeuble, se trouve une immense horloge que je n’ai jamais vue. Le cadran est tellement grand qu’il occupe pratiquement toute la largeur de mon appartement. J’observe les aiguilles, il n’y en a en réalité qu’une, pointée sur un chiffre qui pour moi n’a aucun sens : 3589. Le reste de la vue est occupé par d’immenses gratte-ciels.

Je suis complètement désemparé. Je ne sais plus quoi en penser. Je me suis bien réveillé. Je suis dans mon appartement. Ce ne peut pas être un autre rêve. Serait-ce une farce d’Andrew et Frank ? Je me rappelle encore de la dernière fête où ils m’avaient drogué à mon insu pour me rendre inconscient. Je m’étais réveillé au milieu du désert un serpent sur le ventre. Un vulgaire serpent en plastique. Je ne leur ai jamais pardonné.

Je n’aime pas sentir les choses m’échapper. Je décide de fermer et de rouvrir les rideaux, me disant que ce sont peut-être mes yeux qui me font défaut. Après tout, il m’arrive parfois de vraiment délirer lorsque j’écris des scènes de bataille. Je vois devant moi cette immense prairie où s’affrontent les fratries ennemies. Mais la même vision s’offre à moi lorsque j’ouvre à nouveau les rideaux, à un détail près. Une pluie drue tombe à présent.

- Je veux sortir de ce cauchemar.

Je me retourne vers mon appartement. Lui, au moins, il est normal. Je repère mon téléphone portable sur la table de nuit et je m’en empare. Je parcours le répertoire mais aucun nom ne me dit quelque chose. Aucun Andrew. Aucun Frank.

- Qu’est-ce que c’est que ce bordel putain ?

Le téléphone se met alors à vibrer frénétiquement, me causant un sursaut de quelques bons centimètres. D’une main tremblante, j’appuie sur le bouton pour décrocher et porte le combiné à mon oreille.

- Hervé, qu’est-ce que tu fous bordel ? On t’attend au bureau depuis deux heures. Je commence à en avoir ras le citron de tes retards. C’est tous les jours. Tous les jours, t’entends ! Je peux plus accepter ça, c’est plus possible, comment on va faire maintenant, hein ? Je te rappelle qu’on doit envoyer le papier à l’impression avant 17 heures. Tu m’écoutes quand j’te parle ?

L’homme au bout du combiné avait terminé sa phrase en hurlant. Avant que je ne réponde, il reprend, en parlant toujours aussi fort et rapidement sans même prendre le temps de respirer.

- Alors t’as plutôt intérêt de ramener ton petit cul ici dans dix minutes, sinon, tu peux me croire que t’es viré et je me gênerai pas pour te faire de la publicité auprès de tous les journaux et les magazines qui seraient susceptibles d’être intéressé par ta prose de merde. Je leur préparerai des réponses aux petits oignons mon vieux et crois-moi, plus aucun d’entre eux n’effleurera l’idée de te proposer n’importe lequel de leurs sujets, même celui du reportage sur les pluies de cendres.

Sur ce, il raccrocha. A l’évocation des cendres, mon cœur s’accélère. Je n’aime vraiment pas sentir les choses m’échapper. Ce type ne m’en a même pas laissé placer une et sa voix condescendante, les menaces dans ses propos me mettent en colère, même si je ne sais pas de quoi il parlait. Ce pauvre Hervé va avoir de sérieux problèmes quand il reviendra chez lui.

J’ai l’impression d’être au bord de la crise d’angoisse. Mon cœur se serre, j’ai les mains moites et mille questions tournent dans ma tête. Je ne sais pas où je dois aller. Ce type a parlé d’une sorte de journal, ou un magasine peut-être. Mais comment je pourrai être là-bas dans dix minutes alors que je n’ai déjà pas la moindre idée de la ville où je suis ?

- Ok, c’est un cauchemar. C’est un cauchemar. C’est au cauchemar. Tu vas te réveiller.

Je répète cela comme une litanie, assis sur mon lit, les genoux repliés devant mon torse, je me balance d’avant en arrière comme si tout cela pouvait changer quelque chose. Les poils de ma nuque s’hérissent et une sueur froide coule le long de mon dos.

- Je dois sortir d’ici.

Je me lève d’un bond en ignorant les points noirs qui s’affichent devant mes yeux, je prends mon manteau et ouvre la porte d’entrée sans me douter que ce qui se trouve derrière elle est bien pire que ce que j’ai vu à travers la baie vitrée.


*

IV.


Devant moi se déroule un corridor à l’infini, noyé dans une pénombre totale. Aucune porte. Aucune fenêtre. Aucun courant d’air. L’odeur de moisi m’assaille et me prends à la gorge. Je retiens la bile qui remonte dans mon œsophage. Ça brûle.

Je referme aussitôt la porte. Le claquement résonne longtemps et ressemble à un rire démoniaque. Je frissonne.

Je me retourne et m’appuie contre la porte, appuyant ma main sur mon front et fermant les yeux, comme si ce geste pouvait changer quelque chose.

- Réveille-toi, putain, réveille-toi ! J’ouvre les yeux. Devant moi, il n’y a plus rien.

Rien.

La pièce est vide. Le papier peint vert a disparu. Il en reste quelques traces, comme si on l’avait arraché à la hâte. Sur l’instant, je me dis que ce n’est pas une mauvaise chose avant de constater le reste de la pièce. La vitre a disparu, laissant entrer un vent glacial et de la pluie cinglante. Plus de moquette. Plus de meuble. Plus de lit. Plus de cuisine. Juste une pièce. Vide. Dehors, cette même ville qui me fait maintenant penser à ces villes intergalactiques que décrit Asimov.
Moins les véhicules volants.

- Il manquerait plus que ça, dis-je, en riant amèrement.

La peur me quitte d’un coup et je me dis que ce rêve fera un sacré terreau. Je me dis que cette fois, je dois tout retenir. Tout.

J’observe les lambeaux de la tapisserie verte, les traces de colle sur le sol. De la rouille glisse sur les murs. L’odeur m’assaille, celle du corridor. Je me retourne, il n’y a plus de porte, plus de mur, juste ce long couloir qui me fait penser à une bouche de monstre. La vue de ce gouffre insondable fait revenir au galop la peur. A nouveau mes pieds sont des enclumes. A nouveau, je ne peux plus bouger. De mes jambes flageolantes, j’essaie de marcher. Mais vers où ? Je n’y arrive pas. Je m’écroule.

De la colle s’étale sur ma joue pendant que je rampe vers la fenêtre. Je dois partir d’ici au plus vite. Un sourire de fou s’affiche sur mon visage sans que je sache vraiment pourquoi. Je n’ai qu’une envie, sauter. Je veux m’enfuir et pouvoir écrire ce rêve démentiel. Je ne veux pas mourir là, du haut d’un gratte-ciel abandonné par les rats eux-mêmes.


*

V.


Mon esprit a abandonné tout esprit de rébellion. Je m’envole et je m’élève dans le ciel. J’entends des voix qui se superposent. Je ne les comprends pas, elles sont lointaines et je n’arrive pas à distinguer les mots, comme s’il s’agissait d’une langue étrangère. Certaines se font douces, tandis que d’autres se font plus sévères.

Je me laisse guider par le vent, savourant ce rêve pleinement. Jamais je ne me suis vu voler. C’est une sensation que j’aurai bien du mal à décrire. Le vent et la pluie fouettent mon visage mais je m’en fiche, je suis là et je vole. Je me surprends à mettre le bras tendu devant moi, comme un Superman parcourant les cieux. Moins la cape. Je m’élève vers les nuages et embrasse du regard la surface de ce monde recouvert d’un quadrillage de boulevards gigantesques et des buildings dont je ne vois toujours pas les sommets.

L’euphorie s’empare de moi. La douleur, la peur, l’angoisse que je ressentais quelques minutes plus tôt ne sont plus que des mauvais souvenirs. Les ai-je vraiment ressentis un jour ? Je ne sens plus mon corps. J’ai la sensation d’être sorti de cette enveloppe corporelle qui se voulait jusque là si douloureuse.


*

VI.


- Hervé, réveillez-vous!

Cette voix me transperce le tympan. J’ai l’impression que quelqu’un vient de me hurler à l’oreille avec un haut-parleur.

Pauvres cons.

J’ouvre les yeux. Une lumière crue m’aveugle. Des néons. Partout. Des couvertures d’un blanc immaculé. Des hommes, penchés au-dessus de moi, tout de blanc vêtus. Je sens du mou dans mon dos. Je souris. Ça y est, ce doit être ça, le paradis, non ? Tout est trop clair.

- Bonjour Hervé, je suis le docteur Philippe Gired et vous, comment vous appelez vous?

Un visage se penche au-dessus de moi, arborant un grand sourire d’un blanc aussi transperçant que le reste de la pièce. Son visage de beau gosse barré d’une large mèche blonde me rappelle les acteurs de Grey’s Anatomy qui jouent au docteur sans même savoir ce qu’est une varicelle. Ce type, je ne l’aime pas d’avance.

- Hervé Morvon, je crois. Ma voix est clair et résonne dans ma tête. Je n’ai pourtant que murmuré.

- Vous croyez ou vous en êtes sûr? me rétorque Mèche-Blonde.

- J'en sais rien... Y a un instant j'étais en train de voler et je me retrouve sur un lit d'hôpital avec un type qui a une tête de star hollywoodienne qui me demande comment je m'appelle alors qu'il a sûrement mon nom et mon prénom inscrits sur sa fiche, dis-je aigrement d’une traite. Ma facilité à parler et la clarté de ma voix m’étonnent.

- Ne vous inquiétez pas, c'est le choc de l'accident, répond Mèche-Blonde, comme si je venais simplement de demander l’heure. Vous avez fait une chute de trente étages, poursuit-il. Une chance qu’au pied de votre immeuble il y avait un ballon dirigeable prêt à décoller. On va vous passer quelques examens ce matin pour s'assurer que le système nerveux n'a pas été touché, déclare-t-il avec ce même sourire sans se rendre compte de l’absurdité de son récit.

- Un ballon dirigeable ? Vous vous foutez de ma gueule, un ballon dirigeable, dans la ville ? J’en ai même jamais vu de ma vie, ça existe même plus ! m’emporté-je.

J’essaie de me relever du lit mais je me rends compte que mes mains et mon torse sont solidement attachés au lit.

- Calmez-vous Hervé, dit Mèche-Blonde tout en relevant les couvertures sur moi comme le ferait une mère pour border ses enfants avant la nuit. Nous vous avons attachés parce que vous étiez très agité quand vous êtes arrivé aux urgences, explique-t-il d’une voix douce en agitant les mains. Nous allons maintenant vous détacher à condition que vous vous calmiez.

Son regard de star sonne faux. Son sourire qu’il affiche depuis le début sonne faux. Tout est trop droit, trop bien aligné, trop parfait. Ses dents, c’est pas naturel.

- On va vous apporter à manger, reprend-il. Ensuite, vous verrez le docteur Franz à qui vous pourrez poser toutes les questions que vous souhaitez, ne serait-ce que pour tester sa culture générale.

Il termine sa phrase avec un rire. Faux aussi.

Il note quelque chose sur mon dossier accroché au pied de mon lit. Pendant une fraction de seconde, il me semble voir son visage se durcir et ses yeux se remplir d’une lueur méchante, celle d’un tueur. Mais en un clignement de paupière, Mèche-Blonde reprend son même air d’acteur, me jette un dernier regard et quitte la pièce avec ses collègues qui n’ont pas décroché un mot pendant tout cet échange.

Ils ne m’ont pas détachés du lit.

- Bande de connards, marmonné-je. Je commence à en avoir marre de ces rêves en abîme.

- Inception mon pote ! Christopher ne fait pas que dans la fiction apparemment, dis-je tout haut.

Je ris d’un rire amer. Je suis fatigué de tout ça mais je me décide à observer la pièce à la recherche de quelconque indice sur le lieu où je me trouve. Rien. Même pas une blouse portant l’enseigne de l’hôpital. Même pas une boîte de gants en latex, ni même un flacon de désinfectant.


*

VII.


Je décide donc d’attendre. Je fixe ces néons aveuglants.

Un flash remplie soudainement la pièce d’une lumière si éblouissante que mes yeux me brûlent.

Je les ouvre à nouveau mais je suis tellement aveuglé que je ne vois rien d’autre que du blanc. Au bout de quelques instants, je me rends compte que ce que je vois est vrai. Il n’y a réellement que du blanc partout autour de moi sans que j’arrive à distinguer les murs d’une pièce.

- Putain de merde, c’est pas bientôt fini maintenant ? dis-je mollement. J’ai l’impression d’être saoul.

Je me relève du lit où je ne suis plus attaché. Plus rien ne m’étonne.

- Un peu de cohérence serait maintenant la bienvenue, non, vous ne croyez pas ?
Je ne sais pas à qui je m’adressais. Au créateur des rêves, s’il y en avait un. Après tout, l’origine des rêves reste un mystère. Je reprends mon discours, pointant un doigt vers le « ciel » :

- Ok, alors écoute. J’sais pas ce qu’ils m’ont donné les Blouses-Blanches, mais là, ça marche du tonnerre, hein, dis-je en riant et en marchant d’un pas misérable, les jambes molles et flageolantes. Alors, j’t’explique un truc Nolan... J’peux t’appeler Nolan, pas vrai?

J’attends un instant, comme si j’espérais réellement que quelqu’un me réponde avant de poursuivre :

- Bah... quand on veut s’éclater à écrire des histoires... on essaie de faire un truc cohérent, tu vois ?

Je souris avant de poursuivre d’un air sérieux :

- Bah... prenons un exemple : si tu racontes la vie d’un pauvre type comme moi, tu vas pas un coup le faire poissonnier en Alaska et puis dans le chapitre suivant en faire un avocat à Chicago. T’vois c’que je veux dire ?

Je m’entends débiter ces paroles délirantes à la manière d’un type bourré comme un coing mais je ne peux pas m’empêcher de continuer :

- Alors écoute, Nolan. Tu vas arrêter tes conneries maintenant et me remonter tout ça, ok ? On passe un marché mec. T’arrêtes tes conneries et j’utilise plus tes idées pour les fourrer dans mes propres romans, ok ?

Je délire complètement, et j’en suis conscient.

- Bon... et puis... si tu veux, en échange, tu peux m’en prendre des idées, mais à ce que je vois, t’en a encore pas mal en ...

Je laisse ma phrase en suspens, mon regard posé vers l’horizon où une silhouette se profile.

- Ok, t’assure mec ! m’exclamé-je en faisant claquer mes doigts. Ça à intérêt à être la bonne cette fois !

Je me dirige tant bien que mal vers la silhouette qui prend progressivement la forme d’un vieillard marchant le dos courbé et trainant avec difficulté ses grands pieds nus.

- Hey l’ami ! l’interpellé-je. Je commence à retrouver toute ma vergogne, les vapeurs de l’alcool semblent se dissiper au fur et à mesure que je m’approche du vieillard.

Le type relève légèrement la tête tout en continuant sa marche. Je vois alors son visage, aussi parcheminé que celui d’une momie où deux yeux luisants ne font que regarder vers moi sans réellement me fixer. Et surtout, je vois ses lèvres.

- Cousues ? murmuré-je.

Je m’approche encore et constate que je ne me suis pas trompé. Un fil brunâtre scelle sa bouche. Arrivé à sa hauteur, je l’observe plus en détail et remarque qu’il ne porte qu’un vêtement de toile brun foncé, se confondant avec la couleur de sa peau. Le vieillard ne semble pas être dérangé par ma présence et me dépasse sans même m’adresser un regard. Je vois alors qu’il porte sur son dos une pancarte où se trouve un gribouillis.

En une enjambée, je rattrape le vieillard qui poursuit son chemin de sa démarche mécanique.

- Hey... euh... hésité-je, ne sachant pas trop par quoi commencer. Excusez-moi de vous déranger... Monsieur... ajouté-je, bien que mes paroles me paraissent encore plus absurdes que ce que je vis depuis quelques heures.

- On est où ? demandé-je avec aplomb.

Quoi ? C’est ça ma question ? Ah bah bravo Nolan...
Le vieillard ne montre aucune réaction. A le regarder, il me fait penser à un robot qui marche sans raison. Ou non, plutôt une statue. Mais une statue qui marche.

- Nul part, me répond une voix caverneuse. Mais elle ne provient pas du vieillard-statue à côté de moi. Je me retourne et voit alors qu’un deuxième vieillard en tout point identique au premier arrive, suivant le même chemin que le premier.

Je m’approche de lui tout en lui répondant :

- Comment ça nul part ? On doit bien être quelque part quand même ?

- Parce que vous avez déjà eu l’impression d’être quelque part vous ?

Sa réponse me surprend autant que le fait de voir sa bouche s’ouvrir aussi facilement alors qu’elle est cousue. Serait-ce un tatouage ? Non, on voit bien les fils. Il a coupé les fils alors, non ? Je secoue la tête et essaie de ne pas m’attarder sur l’apparence étrange de cet homme- statue.

- Euh... J’ai pas très envie de philosopher là... est la seule réponse que j’arrive à formuler. Une lumière de colère semble s’allumer dans son regard.

- Avec tout le respect que je vous dois ! Ajouté-je, hésitant. C’est que... je veux juste savoir où je suis, c’est tout.

A ces mots, ma question me paraît encore plus stupide que la première fois que je l’ai posée. A nouveau, je vois sa bouche s’ouvrir aussi facilement que la mienne.

- Au lieu de vous borner à vous poser toujours la même question, posez-vous la question de savoir si c’est la bonne question que vous vous posez, dit-il d’un ton monotone.

Une statue qui parle. Empruntant le même chemin que son double, le vieillard me dépasse. Je remarque alors la pancarte posée sur son dos, portant un gribouillis toutefois différent.

- Hey... c’est écrit quoi sur votre dos ? lui demandé-je en le rattrapant. Sur votre pancarte, ajouté-je en pointant mon propre dos.

Cette fois, ses lèvres restent closes et il continue de suivre le premier vieillard. Ils semblaient tous deux se diriger vers un endroit identique où ils se devaient d’aller, mais sans enthousiasme.

- Rien, finit-il par dire.

Je sens la colère monter en moi. C’est tout ce qu’il trouvait à me répondre ? Des maximes bouddhiques ? Je contiens les insultes qui me viennent à l’esprit, ayant la sensation que je ne dois pas les brusquer. Ils paraissent si fragiles. Je me mets devant lui, pour l’empêcher de continuer d’avancer. Le vieillard s’arrête mais ne cherche pas un moyen de me contourner et ne montre aucun signe d’agacement.

Croyant avoir capté toute son attention, je lui pose la première question qui me vient à l’esprit :

- Où allez vous, qui êtes-vous et pourquoi je suis là ?

- Nul part. Personne. Je ne sais pas, me répond le vieillard. Malgré sa voix monotone, j’ai l’impression d’y entendre une note sarcastique, comme s’il se moquait de moi. Maintenant que vous avez eu vos réponses, reprend-il de cette même voix, êtes-vous satisfait ou allez- vous encore poser des questions inutiles ? Maintenant, si vous le voulez bien, j’aimerais poursuivre mon Chemin.

- Mais pour qui vous prenez-vous ? m’emporté-je. J’ai quand même bien le droit de savoir c’est quoi ce bordel, non ? Depuis des heures il m’arrive des trucs absurdes et je devrais rester là à attendre que les choses se passent ?

Le vieillard ne bouge toujours pas, il reste planté là, en face de moi, ses yeux fixant vaguement ma poitrine. La vision de ce vieillard statique me fait sortir de mes gonds.

- Hey réagit le Vieux ! Je suis là au milieu d’une boîte blanche, je croise deux jumeaux laids comme des poux avec des gribouillis de mioches dans leur dos, eh quoi-hein-alors-il...

Je n’arrive plus à ordonner mes idées et de ma bouche sortent des phrases incohérentes. Je prends une grande inspiration en fermant les yeux pour essayer de retrouver un peu de calme avant de reprendre :

- Bon. Alors, on va reprendre depuis le début, ok ? demandé-je en regardant le vieillard qui me fait définitivement penser à une statue. Il reste figé là sans ciller un seul instant, et son torse ne bougeant pas laisse deviner qu’il ne respire même pas. A cette idée, je perds mon sang froid.

- Réveillez-moi bordel ! m’égosillé-je en levant la tête vers ce qui aurait dû être un ciel ou un plafond.

La colère monte en moi. Je ne sais pas si c’est contre ce vieillard qui fait la statue ou si c’est contre moi qui ne me réveille pas. Je me retourne et parcours l’horizon du regard. Soudain, je me vois courir comme un dératé essayant d’atteindre les limites de la pièce où je me trouve. En vain.

- Et ça, cette putain de pièce vide, qu’est-ce que ça veut dire, hein ? m’écrié-je en direction du vieillard, toujours immobile. Derrière lui, plusieurs silhouettes, copies conformes des deux premiers vieillards, se profilent les unes derrière les autres, jusqu’à l’horizon. Je ne m’en étonne pas. Je cours vers le premier, lui aussi arrêté.

- Et ça, lui, hein ? C’est une statue ou un être humain ou les deux à la fois ? Pourquoi il est là ? Pourquoi il ne parle pas ? C’est quoi ce foutu légume à la fin ! Qu’est-ce qu’il fout là, hein ? Ça, c’est pas des bonnes questions non plus, Vieux ? Qu’est-ce que t’en dit, hein ?

Je marque une pause, regardant le second vieillard-statue, attendant une réponse de sa part. Mais il ne dit toujours rien. Son immobilisme m’énerve encore plus que les réponses bouddhiques qu’il débitait tout à l’heure.

- Mais répondez quelque chose, merde à la fin !

Mon corps s’affaisse, je me retrouve agenouillé sur le sol. Un désespoir profond m’envahit, comme si mon esprit acceptait l’idée que jamais personne ne me répondra alors que ces réponses auraient pu sauver mon esprit de la folie. Des larmes coulent le long de mes joues, me brûlant le visage.

- Pourquoi je ne me réveille pas de ce putain de cauchemar ? me lamenté-je en regardant le sol. Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour mériter ça, hein ? Ça n’a aucun sens...

- Qu’est-ce qui a du sens, selon vous, ce que vous pensez, ce vous dites ou ce que les autres ne disent pas ?

C’était la voix caverneuse du deuxième vieillard. Je lève mon regard vers lui et voit qu’il n’a pas tourné la tête pour poser sa question. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Je me lève d’un coup, ignorant à nouveau les points noirs s’affichant devant mes yeux et m’élance contre lui avec fureur.
Le choc est terrible, j’aurai aussi bien pu m’élancer contre un mur de briques, cela aurait eu exactement le même effet. Je m’étale par terre de tout mon long, ignorant la douleur qui s’empare de mes muscles. Je me relève aussitôt en hurlant :

- Ok, j’ai affaire à une statue vivante aussi dure que la pierre... Nan, mais GENIAL, PRODIGIEUX même ! je m’exclame en levant la tête. Ah, bravo Nola, bien joué, tu m’as bien eu sur ce coup, mon pote. Mais alors, il me vient une question là, hein. Pourquoi moi tu m’as fait en pauvre mauviette dans l’histoire, hein, tu peux me le dire ça ? Pourquoi tu m’as pas donné des super-pouvoirs aussi, j’sais pas moi, hein, t’aurais pu...

J’essaie de trouver une idée en balayant du regard cette ligne infinie de statues de vieux. Je m’élance vers le premier, pour vérifier que je n’ai vraiment pas d’atout caché. Je cours le plus vite possible, ignorant mes muscles endoloris. Je les sens se tendre et se détendre au fur et à mesure que je m’approche de cette statue. Alors que je l’atteins, mon corps traverse celui du vieillard. Un froid glacial s’empare de chaque parcelle de ma peau, puis je tombe tête la première sur le sol. Je sens un liquide au goût métallique se répandre dans ma bouche et glisser le long de mon menton. Je me relève, la bouche en sang.

- Ok, t’es un comique toi, dis-je en pointant mon doigt vers le ciel. Hey, Nolan, t’as eu que ça comme une idée ? Une statue de pierre et un homme invisible ? Tu t’prends pour qui hein ? Même Alan Moore, il fait mieux que toi ! Tu fais pas dans l’original, mec, tu me déçois beaucoup. Vraiment, hein... c’est... affligeant...

Du sang éclaboussait le sol à chacun de mes mots mais je m’en fichais. Je suis devenu fou, grossissant le rang des tarés présents sur cette Terre.

- Hey, toi le vieux invisible, pourquoi tu causes pas comme ton petit copain, hein ? Mais vous êtes qui à la fin ?! hurlé-je en attrapant le premier vieillard et en le secouant comme un prunier.

- Avant de comprendre qui nous sommes, essaies de comprendre qui tu es, déclare le second vieillard.

Ces paroles allaient réussir à me faire mourir de rage. Je vois mon bras droit se lever comme au ralenti et ma main se tendre pour atterrir avec force au milieu du visage de celui qui avait causé. Un terrible craquement s’ensuit, provenant de ma main. La douleur se diffuse jusque dans mon épaule et ma tête résonne étrangement. Je m’effondre à nouveau tandis que le vieillard, lui, reste debout, solide comme un roc.

- Alors... qui suis-je ? murmuré-je pour moi-même. J’ai toujours voulu le savoir, mais je l’ai jamais su, Vieux, dis-je dans un souffle en relevant ma tête vers lui.

- Parce que vous avez pas cherché au bon endroit, répond-il. Si vous cherchez ce que sont des poireaux, vous n’allez pas examiner des betteraves.

Mon corps est engourdi par la douleur. La rage et la colère retombent tel un soufflé, me laissant dans un sentiment de honte et de désespoir.

- Si vous pourriez parler un peu moins métaphoriquement, ça m’arrangerait, dis-je.

- Ce n’est pas métaphorique, monsieur. Vous êtes un poireau, je suis une betterave. Pour comprendre qui il est, Monsieur Poireau doit pas étudier Monsieur Betterave. Voilà tout.

S’il n’avait pas été aussi statique, on aurait pu croire que c’était de l’humour.

- Très marrant, je réponds, mais j’ai jamais eu l’âme d’un poireau, je vous assure.

- Et bien alors, qui êtes-vous ? répète-t-il encore une fois avec cette même pointe d’humour.

- Hervé, je réponds, incertain. Enfin... je crois...

- Hervé est un prénom. Je vous parle de vous, qui êtes-vous ?

- Vous êtes marrant vous, rétorqué-je, vous étiez un humoriste dans votre jeunesse ?

- Je ne suis pas aussi vieux que vous semblez le croire, me répond-il.

- Excusez de vous contredire, mais... regardez-vous un peu, vous êtes le prototype du vieillard de 80 ans ! dis-je en faisant un grand geste de la main de haut en bas pour désigner sa silhouette courbée.

- C’est ce que vous avez l’impression de voir, mais vos sens ne sont que des illusions, rétorque-t-il. Vous croyez en des choses auxquelles il est plus facile de croire que de remettre en cause. Vous, les humains, êtes des êtres bien étranges et vous me faites peur.

- J’en ai assez de vos sornettes bouddhistes. Tout ce que je demande, c’est que vous me disiez comment on sort d’ici.

- Alors, vous ne voulez pas savoir qui vous êtes ? demande-t-il avec étonnement en relevant cette fois la tête.

Il avance vers moi en plongeant son regard dans le mien. J’y vois tant de tristesse que les larmes me montent instantanément aux yeux. Il me prend la main et me la serre tendrement. La douceur de sa main contraste avec l’aspect rugueux de sa peau.

- Je suis toi, déclare-t-il d’une voix cassée.

Il esquisse alors ce qui devait être un sourire. Sa bouche cousue l’empêche d’étendre ses lèvres. Sa peau se craquelle autour de sa bouche jusqu’à ses joues. Le passage au tutoiement me trouble mais mon esprit reste hypnotisé par sa main douce dans la mienne et ses yeux remplis de tristesse.
Je ne sais pas qu’elle est l’origine de celle-ci, mais j’ai l’impression que sa douleur s’imprime dans chacune de mes cellules. Cela s’estompe au bout de quelques secondes, me laissant hébété et tout à fait calme.

- Vous... dis-je sans arriver à formuler une pensée.

- Je vois que tu es déconcerté. Cela est normal. Tous les humains réagissent de la même manière chaque fois que je leur dis ça. Mais je dois avouer que le visage de poisson mort que tu as là me plaît bien. J’aime beaucoup même.

Il tente à nouveau de sourire causant l’apparition de nombreuses autres craquelures sur son visage. Des bouts de peau s’en décollent même. J’ai l’impression que mon cerveau ne veut plus fonctionner. Je n’arrive plus à formuler la moindre pensée et je ne sais pas quoi répondre aux paroles du vieillard.

- Fascinant, n’est-ce pas ? demande-t-il.

- De quoi ? sursauté-je...

Mon regard se pose sur sa main qui me procure une sensation d’apaisement toujours plus grandissante. Bientôt, je retrouve la même quiétude infinie que dans le premier de mes rêves.

- Je... hésité-je.

- Ta vie, reprend-il. Est-elle aussi fascinante que ma main ?

- Je ne sais pas... avoué-je.

- Attends, on va résumer un peu si tu veux. Le matin, tu te lèves vingt et une minutes après que le réveil sonne, soit à 8h21, parce que tu détestes les horaires fixes. Et aussi parce que tu détestes te lever tôt et devoir prendre ton temps pour ton petit-déjeuner. Tu préfères devoir de dépêcher pour ne pas t’endormir la tête dans ta tasse de café. Tu aimes le sentiment d’être sur le point de rater ton bus. Ça te donne une occasion de râler contre la compagnie de transport qui fait passer les bus plus tôt que l’horaire prévu. Tu aimes arriver en retard aux rendez-vous, parce que sinon ce serait trop ordonné, trop normal. Car, enfin, tu détestes la normalité.

Il avait débité cela d’un trait en insistant sur le dernier mot. J’entendais parfaitement ce qu’il disait mais mon esprit est resté fasciné par cette main et cette sensation de quiétude. Je trouve ce qu’il dit absurde.

- Tu fuis la normalité, autant que tu te fuis toi-même. Il fait claquer ses doigts mais il n’en sort qu’un son mat et sourd avant de poursuivre :

- Le soir, tu t’avachis dans ton canapé bleu miteux que tes grands parents t’on donné quand tu as emménagé dans ton appartement il y a exactement trois ans, deux centre quatre vingt jours et neuf heures. Tu allumes la télé et regarde toutes les chaînes à la suite jusqu’à ce que ton cerveau devienne cotonneux par l’abrutissement de ce que tes yeux voient. Bien, mon ami. Tu ne manges que des pizzas surgelées quand ton estomac crie famine. Tu n’as aucune vie sociale et passes tes journées en ermite chez toi à écrire des histoires sur ton ordinateur. Alors, avoue, fascinant, n’est-ce pas ?

Voyant que je ne réponds pas, il reprend :

- Non.

Toujours fasciné par la main, je prête à peine attention à ce qu’il débite. Je suis toutefois désorienté de voir toutes les choses que ce type sait sur moi. Je me pose vaguement la question de savoir comment il a eu toutes ces informations. Avait-il mis des caméras chez moi ? Non, ce serait tellement absurde, pourquoi aurait-il fait ça ? Je n’ai jamais vu ce vieillard, sinon, je m’en souviendrais, c’est pas un visage qu’on oublie. Je ressens le même désarroi que Néo lorsqu’il apprend que son monde n’est qu’un programme informatique et qu’il doit choisir entre deux pilules.

- Non, répète-t-il. C’est bien pire que ce que tu imagines-là, dit-il, comme pour répondre à mes pensées.

Il sourit à nouveau, les lambeaux de peau tombent en poussières à ses pieds sans que cela ne le soucie plus que cela.

- Je suis toi, répète-t-il avec aplomb. Et, avoue-le, tu ne te vois pas sous ton meilleur angle.

- Je ne suis pas un vieillard ! Je... m’emporté-je à nouveau. Cette idée était tellement absurde.

- Selon ton état civil, non. Pourtant, ce que tu as en face de toi n’est que le reflet de ce tu as à l’intérieur. Tu te laisse pourrir mon vieux, respecte-toi un peu. Même le pire des clochards que j’ai rencontré, il n’était pas en aussi mauvais état que toi, et pourtant, ce pauvre avait tellement de poux qu’il en avait jusque dans l’estomac et ça fait frustrement mal si tu veux savoir...

Il lève les yeux au ciel comme pour se remémorer ce souvenir douloureux.

Ses paroles me paraissent lointaines mais je sais au fond de moi sans savoir pourquoi que rien ne peut être plus vrai que ce qu’il vient de dire. Manifestement, je suis devenu fou et schizophrène.


*

VIII.


- Bon, qu’est-ce que t’en pense, vieux ? demande une voix enjouée bien différente de la voix caverneuse du vieillard.

Stupéfait, j’observe ses lèvres qui n’ont pas bougé. Pourtant, j’ai l’impression qu’elle vient de lui, mais en même temps... d’en haut. Le vieillard lâche ma main d’un coup me donnant l’impression qu’il vient de m’arracher un organe. Je hurle et m’effondre par terre, un voile noir tombe devant mes yeux. Pourtant, je reste conscient. Je sens du mouvement autour de moi et des voix aussi, comme quand je volais. Puis, de nouveau la voix enjouée retentit à mes oreilles :

- alors ?

On y devinait de l’impatience et une pointe de fierté, comme les enfants qui tendent à leur parent leur dessin fraichement terminé.

- Plutôt pas mal... répond une deuxième voix, sévère. Et tu crois que ça marchera ? demande- t-elle. Je trouve qu’il y a encore beaucoup de trucs à revoir.

On sentait que la personne était dubitative.

- Comment ça ? reprend la première voix, déçue. Attends, là dedans y a tout ce qu’un déprimé cherche mon pote ! Des questions existentielles, des réponses farfelues, de l’angoisse, de l’imprévu, de l’incertitude, une pointe d’aventure et un peu d’humour, qu’est-ce que tu veux de plus, mec ?

Le type semblait fier de lui et agacé qu’on remette en question ce qu’il disait. S’ensuit un instant de silence pendant lequel je me demande de quoi ils peuvent bien parler et si je suis en train d’imaginer tout ça dans mon coma.

- John, reprend la seconde voix, incertaine, je suis pas convaincu que ce soit au point...

- Pas au point? coupe la première voix, haussant le ton. Tu te fous de ma gueule ? Tu veux p’têtre y faire un tour, ça te remettrait les idées en place aussi à toi !

- T’emballes pas ! se défend la seconde voix. C’est juste qu’il y a plein de choses qui ne marchent pas dans ton truc... comme le vieillard...

A l’évocation du vieillard, mon cœur s’accélère.

- Bah quoi, répond la première voix. C’est la psychologie tu vois ? Ils ont dit qu’il faut que les gens ils aient l’impression d’avoir des réponses aux questions qui les tourmentent... Comme ça, ils se les poseront plus et donc ils n’auront plus envie de contredire ce qu’on leur impose, c’est...

- Ouais, c’est bon je sais ça, mais alors pourquoi tu mets un vieux, là, ça rime un rien ! s’impatiente la seconde voix.

- Tu rigoles ou quoi ? ça rime à tout, quoi ! Le vieillard, c’est une projection de la personne comme elle est vraiment, ou plutôt comme on veut qu’elle se voit, dit-il en ricanant. Mais on manipule les réponses selon ce qu’on veut leur fourrer dans le crâne, capiche ? T’imagines, mec ? C’est une bombe ce truc. Une fois que ce sera mis en place, les rébellions, bah elles termineront vite fait bien fait.

- Si tu le dis... Moi, j’y crois pas trop, comment ce simple truc va pouvoir changer ça... mais bon... je fais ce qu’on me dit de faire. Sinon...

- C’est comme ça, mon pote, on n’a pas le choix.

- Et le 3589, c’est quoi ? reprend la seconde voix, comme pour éviter de s’étaler sur l’autre sujet.

- Le quoi ?

- Bah c’est bien jolie tes explications, mais si tu mets des trucs qui n’ont aucun sens, ça sert à rien ! Là, l’horloge avec 3589, ça n’a pas de sens! s’emporte la seconde voix.

- Ah ! Ça ! s’exclame la première voix, soulagée. Bah... en fait... c’est juste le numéro de la version de ce putain de programme. Je voulais juste mettre une petite signature quoi, tu vois ?

- Ah... répond l’autre, indécis. Un instant de silence encore. Mais t’aurai pas dû, ça va t’attirer des problèmes ça. T’as intérêt de trouver une autre explication. Et je pense aussi qu’il faut revoir tout le programme, parce que le type, il a pensé à plusieurs reprises qu’il s’agissait d’un rêve ou d’une histoire...

- Bon, ok, on va revoir ça, concède la première voix. D’ailleurs, comment se porte notre cobaye ? demande-t-il.

- Bah, je crois qu’il faut qu’on limite la dose aussi, regarde les mesures... Il est encore très instable, il doit encore se croire dans un cauchemar ou alors douter que c’est la réalité. Je suis sûr qu’il se souvient même pas s’être porté volontaire pour ce test.

La seconde voix avait tord. J’étais allongé sur le dos, le regard fixé sur un plafond gris ressemblant à de l’inox et je me souvenais parfaitement de ce jour où j’avais vu cette annonce au titre accrocheur : « venez vivre la première expérience de réalité augmentée » sans me douter que cela cachait un coup fourré pour mettre un terme à tous les soulèvements de population qu’on connaissait à travers le monde.

- Bah j’espère qu’il va se reprendre très vite, sinon on va être obligé de l’éliminer comme les autres d’avant, dit la première voix d’un air penaud.

 
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Alfred

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MessageSujet: Re: V 3589   Jeu 12 Avr - 14:43

"abysses impénétrables.
A cette vision, la peur m’envahit. Mon malaise grandit lorsque je constate le silence qui m’entoure. Un de ces silences lourd, impénétrable, aussi insondable que ces abysses"
Petite répétition

"Je continue mon chemin et le même paysage vide d’effile autour de moi."
Merci pour ce rire que vous m'avez provoqué et qui s'est traduit naturellement par un haussement du sourcil droit et un léger début de rictus.

"Instantanément, je ressens le besoin de rejoindre cette lumière. Je reprends ma marche, cette fois presqu’en courant tellement l’envie me brûle d’être déjà là-bas."
Badam, je ne crois pas que cela se fasse, ma chère.

Maître K, votre premier chapitre était fort agréable. Vous prenez tout le temps d'installer votre personnage, le décor qui s'offre à lui, ses sensations, ses réflexions, ses sentiments, etc. Tout cela est bien amené, bien que le titre, accompagné de certains passages, me donnent de gros indices sur ce qu'est le héros. Néanmoins, j'attends d'en savoir davantage pour en dire plus. Comme toujours, j'espère être surpris.
C qui n'est pas encore le cas. Il y a de la découverte, il y a une situation de base ainsi qu'une progression, mais pas encore de "wow que se passe-t-il ?". Peut-être cela est-ce du à la manière de raconter, mais je n'en ai pas l'impression, ou bien au fait que je pense savoir ce qu'est le héros, ce qui fait que je ne m'étonne pas de la scène de fin de chapitre. Bien sûr, si je me suis trompé, je deviendrait surexcité et lâcherait on balai à poussière pour finir votre nouvelle d'une seule traite. Mais là, le ménage m'appelle et le manoir est grand !

Retenez donc l'essentiel : la forme est bonne, le fond est complet et bien développé sur la durée, pas trop d'informations d'un seul coup, nous avons le temps de nous plonger dans l'histoire et sommes heureux d'y être accueilli sans précipitation. A très bientôt pour la suite, maître.

Cordialement,



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Maître Kong

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MessageSujet: Re: V 3589   Jeu 12 Avr - 18:50

"abysses impénétrables.
A cette vision, la peur m’envahit. Mon malaise grandit lorsque je constate le silence qui m’entoure. Un de ces silences lourd, impénétrable, aussi insondable que ces abysses"
Petite répétition

= ah oui, fort bien vu °_° j'ai dû modifier le chôse et ne plus me rendre compte après...

"Je continue mon chemin et le même paysage vide d’effile autour de moi."
Merci pour ce rire que vous m'avez provoqué et qui s'est traduit naturellement par un haussement du sourcil droit et un léger début de rictus.

= Mk comprend pas pourquoi vous avez rit... c'est parce que c'est bizarre?

"Instantanément, je ressens le besoin de rejoindre cette lumière. Je reprends ma marche, cette fois presqu’en courant tellement l’envie me brûle d’être déjà là-bas."
Badam, je ne crois pas que cela se fasse, ma chère.

= Mk, il a pas compris non plus ce qui se faisait pas... Ah-aha..... *autiste*



Merci pour votre commentaire cher Alfred. L'avis d'un moustachu de votre envergure n'est pas à prendre à la légère. Mk avoue que vous imaginer en tablier en train de passer le plumeau et l'aspirateur, ça le fait rire....

Mk est content d'avoir tant de remarques positives !

Il concède tout à fait que le début n'a rien d'original. Mk il pense que ça traine trop en longueur, mais il a laissé ça comme ça pour justement bien plonger dans l'atmosphère comme vous dites. Et Mk avoue, il s'est fortement inspiré d'un rêve qu'il a fait (et dont il s'est souviendu, chose rare). Il a voulu retranscrire des sentiments et chercher à faire monter la pression et trouver une fin originale, qui ne le sera ptetre pas autant que Mk l'aurai souhaité.

Après, de savoir "ce qu'est" l'individu. Mk ne voit absolument pas de quoi vous voulez dire :p
Mk espère que vous serez surpris quand même un petit peu à la fin.

Mk a posté tout en même temps parce que justement il s'est dit que tout le truc est un peu du déjà-vu et que c'est la fin qui fait la différence et qui pourrait surprendre.

Mk n'est pas sûr que le titre soit tout à fait spoilique, quoique, vous me le direz au final! Mk ne veut point vous gâcher tout le suspens. Mk pourra au loisir le changer par la suite, non?

ça fait plein de Mk partout ça, les gens, ils vont finir par croire qu'il est égocentrique.
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Myrien
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MessageSujet: Re: V 3589   Jeu 12 Avr - 18:56

d'effile, ce serait pas défile ?

Presqu'en, je crois qu'il faut le mettre en deux mots : presque en

Et à mon avis, beaucoup vous croient égocentrique, mais je sais qu'il n'en est rien ^^

Je viens de terminer le premier chapitre aussi, et au vu de ton commentaire Mk, je pense que je vais me faire tous les autres chapitres d'un seul coup ! Mais pas tout de suite, j'ai des choses à faire.

En tout cas, ça ressemble à du Will Smith I am a legend, mais comme tu en fais mention dans ton chapitre, ça passe tout à fait et on s'attend justement à "autre chose".

Je n'en dirai pas plus (si ce n'est que la forme et le fond ont la classe et que je partage l'avis de Alfred concernant le développement, les sentiments, pensées etc du personnage et les descriptions bien menées) et commenterai le tout quand j'aurai fini.

A plus !

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MessageSujet: Re: V 3589   Jeu 12 Avr - 19:25

Very Happy Merci cher Myrien
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Azraël

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MessageSujet: Re: V 3589   Jeu 12 Avr - 19:49

Tout d'abord, veuillez m'excuser pour ce commentaire tardif. Mais l'erreur est réparée !

Ce texte est très long, et on peut craindre qu'il soit un peu rébarbatif. Pourtant, il n'en est rien. J'ai été emporté de suite par l'étrange aventure de votre personnage. Les tableaux s'enchaînent, mais je n'ai jamais été perdu tant les descriptions sont disséminées avec intelligence, sans jamais paraître lourdes. Point qui mérite d'être souligné étant donné qu'avec l'éventail de paysages et de lieux que vous nous offrez, vous auriez pu tomber dans un texte composé essentiellement de descriptions. Beaucoup d'auteurs font l'erreur de décrire de manière trop détaillée de peur de perdre leur lecteur. Ce n'est pas votre cas, bien au contraire.

L'histoire en elle même est fort bien pensée, ne tombe pas dans un suspens lourd qui multiplierait les allusions au mystère qui entoure la situation. Cela évite au lecteur, sur un texte de cette longueur, de sentir peu à peu l'agacement prendre le pas sur l'envie de connaître la suite. Les détails sont éparpillés, et les pièces du puzzle se mettent doucement en place jusqu'au dénouement.
A ce propos, je vais enchaîner sur une remarque qui ne concerne que moi. Malheureusement, j'avais deviné la fin. Pas dans son exactitude, évidemment, mais j'avais compris qu'il s'agissait d'un simulateur de réalité. Cela n'a en rien gâché ma lecture, ce qui s'avère être un exploit puisque j'ai la fâcheuse tendance à me détacher du texte lorsque je sais où je vais. J'ai au contraire beaucoup apprécié d'observer les nombreux éléments qui composent cette simulation telle que vous la voyez, et le contexte dans lequel vous l'avez placé.

Sur la forme, petite remarque concernant les répliques de votre personnage, surtout au début du texte. Lorsqu'il est seul et se met à parler dans le vide, ses paroles ne me semblent pas naturelles. Demandez vous, en les lisant à haute voix, si vous parleriez de cette manière si vous étiez seul. Je dirais même qu'à cette étape de l'histoire, ces répliques ne me semblaient pas réellement indispensables.
Un détail également dont je voulais vous parler : une petite incohérence lors du prétendu réveil. Vous dites que le protagoniste passe devant les rideaux blancs sans les remarquer. Vous avez fait le choix de raconter ce texte du point de vue du personnage. En toute logique, donc, nous n'aurions du les découvrir qu'en même temps que lui.

Pour résumer, donc, je vous remercie pour ce texte de qualité, reflet d'une très grande imagination. J'apprécie beaucoup cet univers, votre inventivité, et votre manière de la mettre en forme. Une très belle lecture.

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MessageSujet: Re: V 3589   Jeu 12 Avr - 20:51

Cher Azrael,

Merci d'avoir lu et d'avoir si longuement commenté! Ce n'est rien pour le retard, Mk comprend que voir un pavé pareil, ça fasse peur. Vous savez, y a plein de gens ils choisissent un livre selon son épaisseur, niarkniark. Mk, lui, il est bizarre, il a toujours été vers les gros pavés feuillus.

Bref.

Mk est très curieux et étonné d'entendre tant de positif Very Happy

Mk est d'accord avec les points que vous soulevez.

Citation :
Malheureusement, j'avais deviné la fin.

Ach, vous êtes fortiche tout de même. Malheureusement, je pense qu'au fils de la lecture on réfléchit aux possibilités et que au final, y en a pas quarante-douze ^^' C'est pour cela que Mk a essayé de mettre la chose dans un contexte pour faire genre "niahahaha, vous croyiez avoir devinationné mais en fait, pas totalement" hihi.

Citation :
les répliques de votre personnage, surtout au début du texte. Lorsqu'il est seul et se met à parler dans le vide, ses paroles ne me semblent pas naturelles.

Eh bien, en fait, Mk il trouve ça très bizarre aussi. Il ne savait pas comment faire pour faire causer l'individu sans vraiment qu'il parle... Et je ne voulais pas que ce soit que descriptif, le dialogue ou la pensée-dialogue, ça coupe un peu et ça allège... Du coup, il a oscillé entre plusieurs solutions et au final il a hésité à mettre des pensées en italique, 'voyez, mais ça faisait bizarre aussi...

Citation :
Vous dites que le protagoniste passe devant les rideaux blancs sans les remarquer.

Justement c'est aussi lié au point précédent... Pisque Mk décrit selon l'individu, on aurait pas dû le savoir... Du coup, cette idée me paraissait bizarre mise comme ça, mais Mk n'a pas réussi à le formuler autrement. Mk, il voulait surtout donner un effet Muhahaha... C'est comme quand l'individu s'apprête à sortir de son appartement, la petite phrase "sans douter que ce serait pire derrière", on peut aussi dire que ça fait bizarre.

Mk est content que vous disiez que c'est pas trop descriptif, trop lourdingue et sans fin, parce qu'il avait justement cette impression là... Il a aussi souvent l'impression d'utiliser les mêmes mots ou les mêmes constructions de phrases.


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Azraël

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MessageSujet: Re: V 3589   Jeu 12 Avr - 20:58

La longueur de votre texte ne m'a pas rebuté, mais n'ayant pas le temps de me consacrer à un écrit de cette ampleur lorsque vous l'avez posté, je l'ai mis de côté avant de l'oublier. Je vais donc me flageller pour faire pénitence.

Concernant la manière d'alléger votre texte avec des répliques, je le comprends. Mais les pensées en italique m'auraient beaucoup moins choqué. C'est un moyen qui a déjà employé sur certains textes que j'ai eu l'occasion de lire, et cela fonctionne plutôt bien.

En tout cas pas d'inquiétude, MK n'a pas donné dans le lourdingue, tout cela est fort bien écrit et je n'ai rien à redire à vos constructions et formulations de phrases !

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Maître Kong

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MessageSujet: Re: V 3589   Jeu 12 Avr - 21:03

Embarassed huhuhuhu, vous n'allez pas vous flageller voyons. Mk ne peut que compatir, lui-même étant gravement amnésique !

Bah vous voyez, j'aurais du laisser en italique... Mais ça me paraissait bizarre d'utiliser les italiques, pis après le dialogue tout en décrivant quand même les sentiments de l'individu en prose normale.

Mk, il se prend trop la tête, c'est pour ça qu'il écrit pas. Ceci est son premier récit.
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Maître Kong

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MessageSujet: Re: V 3589   Jeu 12 Avr - 21:07

'Fin, après celui du concours. Je l'avais oublié celui-là...... Shocked
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Françoise_Moisie

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MessageSujet: Re: V 3589   Jeu 12 Avr - 21:44

J’ai bien aimé. J’ai trouvé ça plutôt sympa.
J’l’ai lu d’une traite ! Et d’habitude je ne prends pas cette peine. Quand c’est trop long, je copie et colle dans un fichier word et si je peux, j’imprime. Lire longtemps sur l’écran me fait mal aux yeux. Ils deviennent rouges, puis je ressemble à un lapin qui a la myxomatose. Alors le lendemain on me dit « hé bien Françoise, on s’est encore prit une cuite cette nuit ?! » et c’est même pas vrai !!

Donc voilà, j’ai tout lu ! ^^

Ce que j’ai moins aimé c’est toute la première partie dans la ville abandonnée. Tu as évoqué « Je suis une légende » et justement, comme je l’ai vu, j’avais les images du film. Du coup, j’ai trouvé ça un peu chiant parce que j’avais l’impression de lire l’adaptation en bouquin. En plus d’un film déjà vu. Ce qui est nul ! Mais nul nul nul ! Parce que déjà, bien souvent, les livres adaptés en film, c’est nul … Mais les films en livre, c’est pire ! Enfin bref … Ce que je dis, ça ne concerne pas l’adaptation prochaine de mon livre « Mont Blanc, la sérénité » en téléfilm !
En lisant, je pensais que tu allais partir sur quelque chose de plus spirituel. Pour ne pas dire ésotérique, sinon Tord va faire une attaque. Alors je me disais « ho j’ai hâte de voir ce que ça va donner ! Quelle interprétation de l’inconnu ? » … Et puis finalement, c’est pas ça. Donc j’étais un peu déçue à la fin. Genre : « Quoi, tout ça pour ça ? ». Mais c’est pas grave.

J’ai rigolé aussi à ce moment-là :
« John, reprend la seconde voix, incertaine, je suis pas convaincu que ce soit au point... »

L’action se passe en France il me semble. Enfin le gars s’appelle Hervé. Le docteur s’appelle Philippe … Et là du coup, on a un scientifique qui s’appelle John. Alors ça m’a amusé parce que ça m’a fait pensé à ces textes qu’on écrivait quand on avait 11 ans … Où les héros s’appellent Michael, John, Bob … A cause de l’influence des films américains.
Un peu comme si c’était pas crédible un scientifique qui s’appelle Jean, Pierre ou Alain … ^^

Mais sinon dans l’ensemble, j’ai aimé !
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Maître Kong

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MessageSujet: Re: V 3589   Jeu 12 Avr - 22:01

Chère Mme Moisie,

Merci pour votre commentaire Very Happy

Citation :
Lire longtemps sur l’écran me fait mal aux yeux. Ils deviennent rouges, puis je ressemble à un lapin qui a la myxomatose.

Mk, il est pareil. Mais il n'arrivait pas à trouver la bonne comparaison, vous venez de le faire NIARKNIARKNIARK. Heureusement, grâce à Steve Jobs (paix à son âme), Mk peut agrandir l'écran à sa volonté avec simplement une glissade sur le carré gris dont je ne connais point le nom. Non, Mk ne fait pas de pub.

Mk il a aussi vu le film (issu d'un livre, je crois) mais il n'a pas énormément accroché, y a pas de musique et il s'y passe pas grand chose, c'est molasson quoi Muhahaha. Alors du coup, il a juste évoqué ce Will pour l'image. Mais c'est vrai que ça peu gêner ceux qui préfèrent tout imaginer par eux-mêmes..

Citation :
En lisant, je pensais que tu allais partir sur quelque chose de plus spirituel. Pour ne pas dire ésotérique, sinon Tord va faire une attaque.

Hihi, c'est rigolo de voir comment vous êtes tombé dans un panneau que Mk n'a même pas tendu XD
Désolé que la fin vous ai un peu déçu, Mk n'aime justement pas trop les trucs ésotériques. Il n'arrive pas à les comprendre alors il est loin d'en écrire muhahahaha.

Citation :
L’action se passe en France il me semble.

Hihi, Mk, il en sait fichtre rien en réalité. Maintenant qu'il y pense, bah il sait pas où ça se passe réellement.
Cela dit, ce qu'il sait c'est que vous partez du postulat que John est un scientifique. Mais, en êtes-vous si sûre?
Nihahahaha, Mk ne sait pas exactement non plus, mais il a plutôt l'impression que non.

Citation :
Alors ça m’a amusé parce que ça m’a fait pensé à ces textes qu’on écrivait quand on avait 11 ans … Où les héros s’appellent Michael, John, Bob …

Bah, c'est toujours un problème de trouver des noms de bonhomme, Mk a souvenir de toutes ces "rédactions" de quand il était mioche... il trouvait jamais de nom, alors il donnait le nom des voisins, Roger et Martine, ce qui est tout à fait original, avouons-le.
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Iniourfeïss

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MessageSujet: Re: V 3589   Ven 13 Avr - 20:32

J'ai tout lu d'une traite aussi !

Citation :
La longueur de votre texte ne m'a pas rebuté, mais n'ayant pas le temps de me consacrer à un écrit de cette ampleur lorsque vous l'avez posté, je l'ai mis de côté avant de l'oublier. Je vais donc me flageller pour faire pénitence.
La longueur de votre texte m'a un peu rebuté, et n'ayant pas le temps de me consacrer à un écrit de cette ampleur lorsque vous l'avez posté, je l'ai mis de côté et ai attendu aujourd'hui, lorsque j'aurais plus de temps. Je me suis déjà flagellé, ne vous inquiétez point. Smile

Je tiens à féliciter la qualité de l'écriture, orthographique (même si j'ai relevé des fautes que j'afficherai plus bas) et syntaxique. J'ajoute aux félicitations la qualité des descriptions, ainsi que la précision des ressentis du protagoniste, comme les points noirs du vertige lors d'un levé trop rapide, la lourdeur des jambes, etc... ainsi que les métaphores utilisées pour détailler les choses.

J'ai été happé par le texte, happé par le suspens. Que se passait-il ? Je ne comprenais rien au début, et d'apprendre qu'il s'agissait d'un rêve m'a rassuré.
J'ai trouvé le passage avec le vieux un peu long, ça traînait un peu selon moi.
Sinon le texte me perturbait tellement que je n'ai pas pris le temps d'imaginer une fin, ainsi j'ai été un peu surpris, car je n'avais pas pensé à un simulateur de réalité pour éviter les soulèvements. J'ai trouvé l'idée fort ingénieuse.
Les rêves sont parfaitement incohérents, et donc le respect des rêves est bien instauré.

Je vous cache la liste de fautes, car même si vous êtes le (ou l'un des) membre le plus calé dans le domaine de l'orthographe, il y en a pas mal dans ce texte, mais sa longueur vous excuse amplement !
Spoiler:
 

Voilà !

Bon texte, voilà ma conclusion ! =)

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Maître Kong

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MessageSujet: Re: V 3589   Ven 13 Avr - 21:50

Citation :
La seconde voix avait tord (tort).

HAHAHAHAHAHAHAHA l'ami Tord me perturbe !!!

Mk a honte de constater qu'il y a autant de fautes Shocked

Citation :
Je continue mon chemin et le même paysage vide d’effile (défile, voilà la cause du rire d'Alfred, selon moi ^^) autour de moi.

ho ? d'effile ? scratch Mk il a toujours pas compris °_° le neurone de Mk bloque sur ce mot, ça s'écrit vraiment comme ça? ça sonne très bizarre là, c'est comme "effiler" quelque chose... Ach, pauvre Mk, la preuve qu'il est loin d'être expert de l'orthographe !

Par contre, pour les mises à la ligne, normalement Mk les avait faites... mais quand il a voulu poster son texte, ça a enlevé tous les sauts de lignes et mêmes des retours à la ligne... j'avais carrément des dialogues mis côte à côte Sad

Merci pour votre commentaire, Mk est content de voir que vous avez apprécié et que vous avez réussi à lire tout d'un coup et même que vous avez réussi à être surpris par la fin :p

Bah avec le vieux, ça paraît ptetre plus long parce que y a moins d'action par rapport à avant niarkniark.

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Iniourfeïss

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MessageSujet: Re: V 3589   Sam 14 Avr - 1:15

J'ai pensé la même chose vis-à-vis de Tord. ^^

Défile, du verbe Défiler. ^^ Je vous invite à visiter ce lien.

Justifiez-vous comme vous le souhaitez et autant que vous le souhaitez, j'ai trouvé ce passage long, niarkniark !

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Aleyna

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MessageSujet: Re: V 3589   Sam 14 Avr - 2:56

Au niveau de la forme, c'est un texte de qualité. C'est bien écrit, avec un vocabulaire varié sans être pompeux. C'est fluide à la lecture et agréable. J'ai quand même repéré quelques fautes. Je suppose que les autres commentateurs en ont repérées quelques unes, mais j'ai eu la flemme de vérifier. Oui, ce n'est pas bien. Enfin, ça ne peut pas faire de mal, non ?

"Un de ces silences lourd, impénétrable, aussi insondable que ces abysses où semblent être tapie le mal, attendant le moment propice pour sortir de son antre." > "tapi"
"Je continue mon chemin et le même paysage vide d’effile autour de moi." > "défile"
"J’écris le plus rapidement possible, sentant que mes souvenirs commencent déjà à s’évaporer, telle l’eau au-dessus d’une casserole qui boue." > "bout"
"Je rassemble les choses et conclu que ce jour sera consacré à la fin de l’écriture de mon dixième roman." > "conclut"
"Il est loin le temps où c’était moi qui courrait après les éditeurs." > Il me semble que c'est "courait" ici, mais j'ai un doute. Je n'ai pas réussi à trouver de source fiable pour ça... :/ A mon avis, le double "r" signifierait un subjonctif.
"- Nul part, me répond une voix caverneuse." > Ce ne serait pas plutôt "nulle part" ? (Source)
"Homme invisible" > ? Pourtant le personnage le voit. Tu peux dire "immatériel" à la place.
"Je ne sais pas qu’elle est l’origine de celle-ci, mais j’ai l’impression que sa douleur s’imprime dans chacune de mes cellules."> "quelle"
"La seconde voix avait tord." > "tort"

Sur le fond, que dire... La chute m'avait effleurée auparavant dans le texte étant donné que j'ai déjà imaginé quelque chose dans le genre, pour un défi. Ce n'est quand même pas du tout le même texte, donc je n'y ai pas pensé immédiatement. J'ai eu un peu de mal à accrocher au début, cela dit, mais cela doit être dû à la fatigue. Après, j'ai été plus vite et l'histoire s'est révélée intéressante. Un peu longue quand même, mais je ne vois pas trop ce qu'il y aurait à raccourcir. Donc on laisse comme ça. Les deux personnages à la fin m'ont fait rire (jaune), surtout le gars qui croyait qu'une horloge avec 3589, ça allait passer tout seul. La dernière phrase est glauque quand même. Enfin, on retrouve bien une inspiration d'Inception, ça me plaît.

Au fait, à titre d'anecdote, c'est marrant parce que quand le personnage - et l'auteur à travers lui je suppose - décrit le rêve comme un terreau de l'imagination, cela m'a rappelé la réflexion que je me suis faite pas plus tard que ce matin après un rêve particulièrement étrange. J'avais pas encore lu cette nouvelle à ce moment. Bref, c'est marrant quoi.

Voilà pour mon commentaire, j'espère avoir été assez claire... Je ne devrais pas commenter des textes à cette heure-ci.
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Maître Kong

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MessageSujet: Re: V 3589   Sam 14 Avr - 9:32

NIARKNIARKNIARK Very Happy
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Myrien
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MessageSujet: Re: V 3589   Dim 15 Avr - 1:44

III
J'apprécie beaucoup ses comportements et réactions, avec le rideau, le café, les rideau fermés puis rouverts, le 'OK c'est un cauchemar".

"Ce type ne m’en a même pas laissé placer une et sa voix condescendante, les menaces dans ses propos me mettent en colère, même si je ne sais pas de quoi il parlait"
Plutôt : Ce type ne m'a même pas laisser en placer une... Non ?

IV
"L’odeur de moisi m’assaille et me prends à la gorge."
me prend

Je ne sais pas si la répétition est volontaire :
Fin du III "comme si tout cela pouvait changer quelque chose"
Début du IV "Je me retourne et m’appuie contre la porte, appuyant ma main sur mon front et fermant les yeux, comme si ce geste pouvait changer quelque chose."

V
"Mon esprit a abandonné tout esprit de rébellion"
Répétition

VI
"- Hervé Morvon, je crois. Ma voix est clair et résonne dans ma tête. Je n’ai pourtant que murmuré"
claire

"- Bande de connards, marmonné-je. Je commence à en avoir marre de ces rêves en abîme.

- Inception mon pote ! Christopher ne fait pas que dans la fiction apparemment, dis-je tout haut."
Les tirets, deux fois de suite, alors que c'est la même personne qui parle, c'est étrange.

VII
J'aime beaucoup le dialogue avec Dieu Nolan, et je ne sais pas bien ou tu vas en venir pour le moment.

"- On est où ? demandé-je avec aplomb.

Quoi ? C’est ça ma question ? Ah bah bravo Nolan..."
J'aime bien parce que les réactions du mec (mais comment s'appelle-t-il au final ??) sont toujours très crédibles. Il s'espère toujours dans un rêve et reproche sa question toute pourrie à Nolan XD

"- Avec tout le respect que je vous dois ! Ajouté-je, hésitant. C’est que... je veux juste savoir où je suis, c’est tout."
pas de majuscule à "ajouté-je"

Les réponses-questions du vieux sont chouettes.

"- Hey réagit le Vieux !"
Hey, réagis, le Vieux !

Remarque : Tu utilises beaucoup les "demandé-je", "pensé-je" et autres"...é-je". Et le terme "vieillard" aussi.

"Ça, c’est pas des bonnes questions non plus, Vieux ? Qu’est-ce que t’en dit, hein ?"
Qu'est-ce que t'en dis (c'est le "tu")

" Ok, j’ai affaire à une statue vivante aussi dure que la pierre... Nan, mais GENIAL, PRODIGIEUX même ! je m’exclame en levant la tête. Ah, bravo Nola"
Nolan

"- Ok, t’es un comique toi, dis-je en pointant mon doigt vers le ciel. Hey, Nolan, t’as eu que ça comme une idée ? Une statue de pierre et un homme invisible ? Tu t’prends pour qui hein ? Même Alan Moore, il fait mieux que toi ! Tu fais pas dans l’original, mec, tu me déçois beaucoup. Vraiment, hein... c’est... affligeant..."
Je me suis rendu compte à c moment-là que j'imaginais ton personnage joué par Jim Carey !

"- Avant de comprendre qui nous sommes, essaies de comprendre qui tu es, déclare le second vieillard."
Rafikiiiii =D

"- Parce que vous avez pas cherché au bon endroit, répond-il. Si vous cherchez ce que sont des poireaux, vous n’allez pas examiner des betteraves."
n'avez. Ou "navet". Poireaux, betteraves... Navets. Non ? Laughing
Le ton du vieux depuis avant est "courtois", bien écrit, avec les "ne". Il faut garder la même logique

"- Si vous pourriez parler un peu moins métaphoriquement, ça m’arrangerait, dis-je."
Le "dis-je" était vraiment pas obligatoire.
Pouviez

"- Ce n’est pas métaphorique, monsieur. Vous êtes un poireau, je suis une betterave. Pour comprendre qui il est, Monsieur Poireau doit pas étudier Monsieur Betterave. Voilà tout"
ne doit pas étudier monsieur Betterave

"Il avait débité cela d’un trait en insistant sur le dernier mot."
d'une traite ?

"- Tu fuis la normalité, autant que tu te fuis toi-même. Il fait claquer ses doigts mais il n’en sort qu’un son mat et sourd avant de poursuivre :"
Ici, il y a un truc qui était déjà arrivé plus haut (je ne sais plus où), c'est que la mise en forme fait qu'on ne sait pas s'il parle la deuxième phrase ou si c'est de la narration. Il aurait peut-être fallu aller à la ligne ici (ou mettre un "dit-il en faisant claquer..." ?)

"Tu allumes la télé et regarde toutes les chaînes à la suite"
regardes

"- Selon ton état civil, non. Pourtant, ce que tu as en face de toi n’est que le reflet de ce tu as à l’intérieur. Tu te laisse "
laisses

VIII
"- Bon, qu’est-ce que t’en pense, vieux ? "
penses

"Stupéfait, j’observe ses lèvres qui n’ont pas bougé"
bougées (je crois)

"- alors ?"
Majuscule

J'aime l'idée que quelqu'un peut se croire hors de la normalité et en fait se comporter comme un vieux, donc un mec dans la "normalité".

"- Tu rigoles ou quoi ? ça rime à tout, quoi ! Le vieillard, c’est une projection de la personne comme elle est vraiment, ou plutôt comme on veut qu’elle se voit, dit-il en ricanant. Mais on manipule les réponses selon ce qu’on veut leur fourrer dans le crâne, capiche ? T’imagines, mec ? C’est une bombe ce truc. Une fois que ce sera mis en place, les rébellions, bah elles termineront vite fait bien fait."
J'adore !!

"- Ah... répond l’autre, indécis. Un instant de silence encore. Mais t’aurai pas dû, ça va t’attirer des problèmes ça."
le "un instant de silence encore", il le dit ou c'est de la narration alors ?

FINIIIIIII !!! =D

Alors alors.
Moi, je ne m'attendais pas du tout à l'explication finale. Je suis peut-être naïf, je ne sais pas. En tout cas, c'était bien fou, tarabiscoté, bien écrit, long et pourtant j'arrivais pas à décrocher mes yeux du pc, bien écrit, juste dans les dialogues et les réflexions (comme dit dans mon premier commentaire sur le chapitre UN), tout ça tout ça.

Je te dis bravo pour ce texte, que j'ai mis trop de temps avant de lire. Mais il fallait que ce soit le bon moment, là, c'était le cas. En fait, au tout début, à la simple lecture du chapitre UN, je m'attendais à un robot qui s'éveille après une apocalypse, genre. Donc quand j'ai commencé le chapitre deux, j'ai pu tout remettre en cause et ça, ça m'a fait très plaisir. Je ne savais pas bien où j'allais, rêve ou réalité, jusqu'à la fin.

La toute dernière phrase de dialogue en revanche, je la trouvais inutile. Mais ça n'engage que moi.
GG Mk, c'est un joli boulot et un très bon texte, surtout pour ton premier affiché signé !
cheers

Tu viens faire un tour dans la partie récréation ? =D

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MessageSujet: Re: V 3589   Dim 15 Avr - 15:35

Citation :
Je ne sais pas si la répétition est volontaire :
Fin du III "comme si tout cela pouvait changer quelque chose"
Début du IV "Je me retourne et m’appuie contre la porte, appuyant ma main sur mon front et fermant les yeux, comme si ce geste pouvait changer quelque chose."

Eh bien, non. XD

Citation :
les réactions du mec (mais comment s'appelle-t-il au final ??)
Mk ne sait point trop non plus...

Citation :
Remarque : Tu utilises beaucoup les "demandé-je", "pensé-je" et autres"...é-je". Et le terme "vieillard" aussi.
C'est pas faux. D'ailleurs, Mk au début, il était bien emmerdé parce qu'il s'avait pas comment écrire au présent les temps dans les dialogues.... ça donne des choses très bizarres... Mk il a peur qu'à chaque fois, les gens comprennent pas qui cause... du coup, il en met à toutes les lignes, honte à lui...

Citation :
Je me suis rendu compte à c moment-là que j'imaginais ton personnage joué par Jim Carey !
Mk avoue, il est fort ce Jim.

Citation :
Rafikiiiii =D
Mk a appris aujourd'hui ce que ça voulait dire (ou plutôt il s'en est souviendu) XD et effectivement, Mk a écrit la même chose que le babouin y dit... Comme quoi, le neurone a pas tout oublié °_°

Mk a pris en note toutes vos remarques, c'est horrible le nombre de fautes qu'il y a au final dedans Shocked Shocked Mk a honte...

Mais bon, les gens ont globalement apprécié et ça fait plaisir !

Mk n'a pas trop compris le fonctionnement de la récréation... Il arrive déjà pas à s'y rendre dans le forum... Mk y a été deux fois, en y arrivant par hasard... Et une fois, il a atterri dans un coin récréation "parallèle" où y avait plus les textes mais les sujets & conversations diverses Suspect
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MessageSujet: Re: V 3589   Dim 15 Avr - 16:13

Pour demander un sujet imposé en récréation, il faut se rendre dans la partie Récréation située dans le flood et créer un sujet pour se proposer.
Les membres te feront des propositions et tu choisiras celui ou ceux qui te conviennent.
Une fois ton texte finalisé, tu le postes dans la partie Récréation où il y a tous les textes, en précisant le sujet imposé et celui qui en est l'auteur.
Tout est expliqué dans le Flood Récréation. Il y a un Post-it "comment ça marche" ou quelque chose du genre.

Bonne récréation ? =D

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MessageSujet: Re: V 3589   Dim 15 Avr - 22:42

NIHAHAHAHA vous êtes optimiste, vous XD

Mk, il a oublié de préciser. Pour l'histoire des dialogues suivis d'une phrase... Bah c'pas de la faute de Mk... C'est quand il a copié-collé le texte pour le publier... ça a enlevé toute la mise en forme... les sauts de lignes... et les dialogues, ça les avaient même mis "côte à côte". Un certain nombre de choses ont échappé aux yeux explosés de Mk. Evil or Very Mad
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Alfred

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MessageSujet: Re: V 3589   Ven 20 Avr - 13:52

Bonjour maître K,

Voici un texte que j'avais déjà lu durant mon absence du forum et que je me permets à présent de commenter.

Votre premier texte officiellement "signé" est intéressant et prenant. Quelques maladresses soulignées déjà par monsieur Myrien au niveau des dialogues (peut-être cela a-t-il été modifié depuis le temps, mais je n'ai copié que l'ancienne version). Ces maladresses sont donc pardonnées puisque vous les avez justifié.

J'ai parcouru ce texte d'une traite, comme vous me l'avez demandé, et cela n'a absolument pas constitué une tâche pesante. En effet, c'était prenant et je me suis retrouvé à la fin sans même constater le passage du temps. Seuls mes yeux rougis ont constitué un repérage.

Cependant, je regrette un petit point sur la fin :la dernière phrase. Ce petit rien n'était pas du tout nécessaire, selon moi, et a eu un impact sur ma vision du texte, de l'histoire. L'idée de menacer la vie de l'homme était un surplus inutile. Mais faisons fi de cela et passons.

Dans l'ensemble, je pourrais vous rediriger vers mon premier commentaire. Les émotions et pensées sont très bien amenées, justes, et bien décrites. De plus, je ne m'attendais pas à un tournant aussi radical entre les premier et deuxième chapitres, et cela a constitué une grande joie pour moi.

La suite du "programme" dont est victime le héros était intéressante et folle, ce qui appuyait grandement le dialogue final : l'expérience est encore au stade du développement et est bourré d'incohérences entre un scientifique un peu trop relax et un assistant plus sérieux mais qui ne sait pas s'imposer. Fort intéressant et plaisant à constater. Cela donne du crédit au texte.

Merci donc pour cette lecture qui, pour sa grande majorité, donc, était vraiment très juste, agréable, et bien tourné et pensé.

Cordialement,

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MessageSujet: Re: V 3589   Ven 20 Avr - 16:56

Merci cher Alfred, vos remarques font plaisir au Mk Very Happy
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MessageSujet: Re: V 3589   

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V 3589
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