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 Brume

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Myrien
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MessageSujet: Brume    Ven 11 Mai - 12:00

***
Crevant de respect pour celles et ceux qui parviennent à écrire de l'horreur, je me jette à l'eau avec petite nouvelle fantastique en deux parties. Elle constitue un premier essai pour me rapprocher de ce genre, auquel je m'attaquerai par la suite. En attendant, bonne lecture à tous =)

EDIT : ça y est, le texte est terminé. Pour faciliter la lecture aux prochains membres qui passeraient par ici, j'ai rassembler les trois parties dans ce post.
Bonne lecture à tous !

___


BRUME - partie un




***
***Perdu dans le brouillard, je ne vois plus rien autour de moi.
***Les cris étranges se poursuivent et je ne sais plus où je suis.
***Que s’est-il passé ?


***Ce matin tout était encore ordinaire. Comme la veille et l’avant-veille. Mon réveil avait sonné et une musique ringarde avait empli l’espace avec des voix masculines à peine pubères. Le nouveau tube de l’été certainement.
Il faisait chaud dans la pièce et j’avais sué toute la nuit. Je me sentais déjà fatigué car la canicule ne nous laissait pas une seconde de répit. Je m’étais levé pour prendre une douche tiède, puis un verre d’eau tiède et, suffoquant déjà sous mon costard cravate, j’étais parti pour une journée à faire mon métier : vendeur à domicile. J’avais quatre rendez-vous espacés de deux heures et donc du temps entre chacun d’eux pour bosser au porte à porte ou me rafraîchir avec un coca.

***Crevé donc, j’avais écoulé ma monnaie dans les bistrots de Paris et m’étais dirigé vers mon dernier client aux alentours de seize heures. Jusque là, la journée s’était plutôt bien déroulée, avec deux contrats signés sur trois visites. Il ne me manquait plus qu’une bonne pluie et j’aurai pu pleurer de contentement.

***Le dernier acheteur de réfrigérateur intelligent habitait une grande bâtisse située dans la périphérie. C’était volontaire car j’aimais finir mes journées avec les clients éloignés, histoire de prendre l’air, de quitter le centre quelques heures.
***Au fur et à mesure que je m’éloignais des limites de la capitale, une brume s’était levée, d’abord légère et éloignée, elle était devenue de plus en plus épaisse et proche à chaque nouveau kilomètre avalé. Et c’est là que tout est allé de travers. D‘après mon GPS de fonction je ne devais plus être très loin de l’adresse indiquée. « Vingt minutes » affichait le compteur. Seulement, il m’avait fait bifurquer dans une forêt. Une forêt, avec des sentiers, pas des routes. Une forêt, alors qu’on était dans un brouillard aussi épais qu’une purée de pois.

***Je n'aurais jamais du y entrer.

***Quand je ne vis plus rien du tout devant moi, je continuai à avancer. Quand je quittai le chemin pour percuter un arbre à trente kilomètres à l’heure, défonçant littéralement ma voiture, j’arrêtai d’avancer. La musique hard rock des nineties devint soudain très difficile à supporter et je coupai la radio. C’est à ce moment là que le concert de voix s’était élevé.

***J’étais sorti, m’étais éloigné de quelques mètres seulement – parce que les bruits d'animaux autour de moi n'avaient rien de rassurant - pour me dégourdir les jambes, appeler un garagiste, un dépanneur, mais il n’y avait pas de réseau. Puis le moteur avait ronronné et quelqu’un avait démarré avec ma voiture. Revenant sur mes pas à travers le brouillard, je constatai avec horreur que mon moyen de locomotion avait effectivement disparu. Je ne m’étais pas perdu car je voyais mes pieds et étais simplement revenu sur mes pas. Plus rien à part les traces de pneus, celles que j’avais tracé à l’allée. Donc le voleur était parti en marche arrière. Super !

***Perdu dans le brouillard, je ne vois plus rien autour de moi.
***Les cris étranges se poursuivent et je ne sais plus où je suis.
***Que s’est-il passé ?


***J’examine un peu la situation. Il est 16h30 et on se croirait en pleine nuit, dans un mauvais film de zombis, et en plus je suis à pied J’aime la forêt mais pas comme ça. Pas avec des bruits d’animaux bizarres. J’ai vraiment l’impression d’être arrivé dans un autre monde. Mon portable ne me sert à rien sinon à me donner l’heure et à éclairer vingt centimètres devant mes pieds (je remercie mentalement la fonction « lampe torche » des téléphones dernière génération). La seule bonne nouvelle dans ma situation, c’est que je ne suis qu’à une petite distance de mon client. Monsieur Delacroix si je ne fais pas d’erreur. De là je pourrai appeler un taxi, rentrer chez moi, porter plainte contre X, faire valoir mon assurance et revenir avec une voiture de remplacement pour vendre mon frigo. Okay, tout va bien.

***Mettant les mauvais points de côté, je tente d’ignorer les bruits – que je m’efforce de ne pas considérer comme des « cris » - et avance sur le sentier dans la direction opposée aux traces de pneus. Jusque là, je suis plutôt malin.
***Je profite de la marche pour regarder autour de moi. Je me sens la cible de regards mauvais. J’ai l’impression d’être observé par des tas de bestioles étranges. Des loups, des sorcières, des créatures malfaisantes, mais je ne vois que les branches de bordure de sentier, pas plus loin. Je me rappelle à la raison en me faisant la réflexion que l’homme était bien fragile. A peine qu’on en mette un dans le noir ou qu’on le dépayse un moment, il se met à imaginer l’impossible.

***- Allez Domian, dis-je pour me donner du courage. Fais pas ton froussard, arrête de penser aux peurs des gosses et avance.
***Et pourtant, le chemin me semble vraiment long. Au bout d’une heure à avancer je me demande si je n’ai pas raté un embranchement quelque part. Et là, je commence à avoir franchement la trouille.
***Alors je me dirige vers là d’où je viens, en suivant mes propres traces de p…
***- Mais c’est quoi ça ?

***Des pas, il y en a, mais ce ne sont pas les miens. J’ose me pencher et éclaire les empreintes avec mon téléphone. Ce que je vois me laisse des frissons dans le dos et si c’est un canular, il faut reconnaître que c'est très bien organisé.
***Les traces sont nombreuses et à l’évidence toutes fraîches puisqu’elles recouvrent les miennes quasiment partout. Il y en a des petites, des moins petites et des carrément grosses. Ce n’est pas possible d’avoir des pattes comme ça – avec trois grandes griffes devant pour une plus petite derrière – et de n'avoir fait aucun bruit. Je n’ai pas chantonné, j’étais même concentré sur les bruits qui m’entourent.
***Mais il n’y a plus de bruit. Plus un seul. C’est un silence de mort qui règne à présent sur la forêt, comme si celle-ci me regardait et se jouait de moi.
Comment ai-je pu rater ça ? je pense. Et pourtant c’est vrai, je ne les imagine pas. Elles sont bien là devant moi.
***- J'aime pas ça du tout.

***Je regarde l’horloge, il est presque dix-sept heures trente. Mon rendez-vous est fichu mais je peux toujours retrouver mon client et expliquer ma situation.
***- Et quelle idée d’habiter dans un coin aussi perdu ! fulminé-je.

***Ignorant la peur qui naît inexorablement et commence à tirailler mes intestins, je reviens sur mes pas en évitant de regarder trop bien au sol. D'une part parce que je pourrais rater un tournant ou bien la grille de la propriété, d'autre part parce que les traces d’animaux sauvages ne s’arrêtent pas et que je les retrouve partout sur mon chemin.
***Il n’y a pas un bruit autour de moi et je me demande si ce n’est pas à cause des traces, justement. Quand il y a un danger dans la forêt, dans les films, les oiseaux arrêtent toujours de chanter. Je me fais la réflexion que les chasseurs, de nos jours, ne font pas si bien leur travail qu'on voudrait bien le croire.

***Et il fait froid. Je sers mon bras inutile contre moi et continue à avancer. Grâce à ma lumière, je vois mon souffle chaud se mêler à la brume et mes mains sont luisantes à cause de l’humidité des lieux. Ce matin je me battais contre le soleil et maintenant je tente de me réchauffer comme si j'avais atterri au pole Nord.

***- C’est pas bientôt fini toutes ça ? je m’écrie comme si quelqu’un allait m’entendre et me répondre en riant qu’il est désolé de la mauvaise blague.
***Mais non, personne ne répond.

***Soudain, un nouveau cri jaillit à travers les épaisseurs cotonneuses et je me fige. On dirait un hurlement de loup, sauf que c’est un son plus humain. On dirait plutôt un homme qui imite un loup. Si c’est le Delacroix qui me joue un tour, il peut oublier son réfrigérateur.
***Puis j’entends un second appel, ailleurs. Et plus rien à nouveau.
***Je reprends immédiatement ma marche, j’accélère le pas. Je ne sais pas ce qu’il y a ici, mais ce n’est pas net du tout et je ne veux pas savoir ce que c’est ! Sans m’en rendre compte, je me retrouve à courir en essayant de faire le moins de bruit possible et ne m’arrête que lorsque je comprends que c’est ridicule autant qu’inutile.
***Je m’adosse à un arbre. Là, je remarque que les cris ont repris et sortent de partout. Il y en a de toutes les sortes. Des hululements qui résonnent comme des menaces dans les arbres, des « ahouuuu » à des distances que je ne saurais évaluer, des fouissements de feuilles autour de moi, des hurlements comme si on égorgeait un cochon, et un bruit de… mastication.

***Mes yeux s’agrandissent d’un seul coup. Qu'est-ce que c'est ça encore ? Je n’ose pas aller voir, mais j’entends le bruit sanguinolent juste derrière moi. Des lambeaux de chair qu’on arrache et qu’on mastique bruyamment. Ça me provoque une angoisse et je préfère rester immobile pendant plusieurs minutes,sans oser bouger un seul membre et ignorant un début de crampe. Le temps est long et j’ai l’impression de m’être transformé en statue de pierre quand enfin j’entends un bruit d’ailes qui s’élève lourdement et disparait je ne sais où. Là, une curiosité morbide me prend. Je dois voir ce qu’il y a derrière moi. Je me relève alors et contourne l’arbre avec mille précautions pour ne pas faire de bruit. Malgré tous mes efforts, je m’entends respirer comme un forcené. Je suis clairement à deux doigts de paniquer.

***Sachant qu'au niveau de la discrétion c'est fichu, j’enclenche la fonction lampe et laisse mon regard remonter, lentement, vers ce qui à l’évidence n’est pas un animal.

***Une chaussure noire déchiquetée, des lambeaux de pantalon trempés de sang, et une jambe…
***L’envie de vomir me prend et je colle mon avant-bras devant la bouche pour accepter ce que je vois. C’est un homme ! Eclairant l’homme allongé par terre, j’embrasse la carcasse du regard. Son visage toujours dans l’ombre.
***Il y a des marques de crocs partout, et du sang. C’est une véritable boucherie qui a eu lieu. Le pauvre homme baigne dans son sang et il y en a partout. C’est un miracle que je n’en aie pas reçu à travers l’arbre ! L’une des jambes est à moitié dévorée, on voit clairement la chair à vif, avec des muscles arrachés, du sang presque noir qui coule encore des plaies ouvertes. Les nerfs ont été sectionnés et sont remontés comme des élastiques qui auraient claqué. Des morceaux de graisse jaune poisseux sont éparpillés ça et là et l’odeur est proprement immonde. L’autre jambe n’est pas belle à voir non plus car il lui manque son pied. Je constate que l’os au niveau du tibia a été rongé, je vois la viande autour, déchirée elle aussi. Les veines et les artères sectionnées pendouillent et dégoulinent encore. Là ça devient trop dur, je ne peux pas en voir plus et me détourne pour vomir mes cocas à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’il ne reste que à la bile. C’est brûlant dans la gorge et je m’affale sur les genoux. Quand j’en ai enfin fini je décide de regarder son visage, comme si j'avais une chance de le reconnaître, comme si ça pouvait lui rendre hommage. Je me prépare au pire, me couvre la bouche à nouveau, me retourne…

***Ce visage à l’air torturé, il lui manque un œil. Celui restant a le regard rivé vers les arbres, comme un dernier message à son meurtrier. L’œil est vitreux, bleu pâle comme la mort, sans aucune lumière dans ce regard. Du pue sort de l’autre orbite et je comprends que je vois l’intérieur du crâne d’un homme. La mâchoire est à moitié manquante aussi et on voit la dentition à travers le trou béant. Je me penche pour je ne sais quelle raison et constate qu’il n’a plus de langue, ou du moins devrais-je dire que ce qu’il en reste ne peut plus être considéré comme telle. Son crâne est fendu et de là partent trois marques de griffes, espacées comme sur les empreintes. Il a une carte de visite dans sa poche, au niveau du cœur. Je me penche pour la prendre car elle a la même couleur que la mienne. Un collègue peut-être.

***Quand je suis sur le point d’y arriver, je me recule aussitôt avec un cri d’effroi. Le corps bouge ! Ou plutôt il est trainé par quelque chose dans l’ombre. Je n’ose pas éclairer davantage la scène et je vois ce cadavre remonter vers le brouillard avec des bruits de bête juste derrière. Puis il disparaît tout à fait.

***Les bras m’en tombent, littéralement. Dans ma tête, un petit quelque chose se craquelle et je repars en courant, pris de folie. Ma voiture, mon portable sans réseau, la brume, les cris, la peur, les traces, le cadavre, la bête, tout ça est trop pour moi et je hurle en fonçant droit devant sans réfléchir aux obstacles ni à ma direction jusqu’à ce que je rencontre quelque chose avec mon pied. Je dégringole à vitesse grand V et m’enfonce le visage contre une souche d’arbre. Je m’essuie frénétiquement et reprends ma course avant de chuter à nouveau, dans un arbre cette fois, puis dans un autre. Chaque nouveau choc me ramène à ma folie et m’entraine plus loin encore dans la forêt et mon délire. Lorsque le terrain tombe d'un coup en pente raide, je perds l'équilibre et roule sur plusieurs mètres. Ma tête, mes bras, mes jambes, mon coccyx, tout y passe et je ne suis plus que l’ombre de moi-même lorsque je termine en travers d’un tronc plus ou moins salvateur, le souffle coupé par la collision.

***Et j’ai soudain très mal. Mon poignet reste tordu dans une position impossible. C’est exactement ce qu'il me fallait pour reprendre conscience, mais la douleur me fait aussitôt regretter cette pensée.
***Je hurle, j’oublie tout de suite le reste de mes commotions, j’ai très mal. Je n’ose me tenir là où ça me lance et attrape mon avant-bras comme si cet acte pouvait apaiser la douleur. La vision du cadavre défile à nouveau dans ma tête, je lève les yeux vers le ciel pour crier ma douleur et ma peur, et puis je me rends compte que je ne vois toujours rien. Le brouillard est partout, encore.
***Mais à deux pas de moi, j’aperçois le haut d’une grille de fer. Je suis arrivé !
***Je me précipite, trouve une sonnette, appuie dessus en panique avec ma main valide et appelle en même temps.
***- Monsieur Delacroix ! C’est moi, Domian ! Domian Richter, le vendeur de réfrigérateur ! Ouvrez-moi s'il-vous-plait !

***Derrière moi j’entends à nouveau le cri des hommes-loup et de créatures volantes innommables. J’ai peur ! Je me retourne car il y a un bruit de course derrière moi. La brume s’est espacée sur ma chute et je vois distinctement, en haut de la pente, une forme massive ramassée sur elle-même, qui me fixe avec des yeux rouges brillant. Le bruit de course vient de là, pourtant elle ne bouge pas. La bête inspire la malveillance, et la certitude qu'elle veut ma peau court dans mes veines.

***La créature s’élance soudain et avance rapidement. On dirait un taureau, mais un taureau qui a le pouvoir de se relever sur deux pattes. Chacun de ses pas fait trembler le sol jusqu’à moi. Elle arrive au galop et je dois devenir fou car je crois la voir sourire toutes babines dehors. Je me remets face à la grille, tambourine, sonne sans discontinuer, attrape les barreaux, appelle à l’aide… quand enfin le verrou se débloque. J’entrebâille la grille, me glisse à l’intérieur, referme et cours droit devant moi en suivant le sol dallé jusqu’à une grande porte ouverte où m‘attend un vieil homme à l’air avenant.

***Je suis arrivé.

***Je me retourne, la créature n’est plus là, le brouillard est épais mais tout à fait normal.

_____


*

BRUME - partie deux



***Je pénètre dans le hall d’entrée et le vieil homme ferme la porte derrière moi. Je le détaille rapidement du regard. C’est un octogénaire au sourire avenant qui me regarde avec bienveillance et une sorte de malice dans les yeux, comme si la situation l’amusait. Mais quelle situation ? Celle de recevoir un invité ? Vu l’état poussiéreux, je veux bien le croire.
***Etrangement, j’ai retrouvé un semblant de calme dès que je suis entré. Tant mieux, j’aurai moins l’air d’un cinglé.

***- Bonjour monsieur Delacroix, lui dis-je avec un sourire commercial. Excusez-moi pour le retard…
***Le vieillard fait un « Oh ! » de vieillard.
***- Ne vous en faites pas, j’ai tout mon temps ici. Je suis chez moi après tout. Comment aviez-vous dit que vous vous appeliez, déjà ?
***Je ne comprends pas le lien entre ses phrases mais je me dis qu’il est vieux et probablement gâteux. Inutile donc de chercher midi à quatorze heures.
***- Richter. Domian Richter. Je ne pourrai pas vous présenter les produits car j’ai eu un accident sur la route, avec le brouillard, et on a volé ma voiture. Donc si je pouvais…
***- Tient donc ? Voilà qui est très étonnant, me coupe-t-il.
***- Je ne vous le fait pas dire ! réponds-je avec un petit rire de circonstance.

***En réalité, ce petit vieux m’énerve. J’ai l’impression qu’il se paie ma tête sans savoir à quel point. Je peux tout entendre dans son « étonnant » sauf de l’étonnement.
***Il passe devant moi et traverse lentement le hall. Je lui emboîte le pas.
***Nous traversons l’énorme salle, passons une porte et nous dirigeons vers un petit salon. Au passage, je regarde les murs et les tableaux qui y sont accrochés. De la pierre brute, des peintures anciennes représentant certainement les ancêtres de la famille Delacroix. Il doit remonter longtemps dans son arbre généalogique car je repère à son style un portait qui doit dater du seizième siècle environ. Lugubre.

***Quand nous arrivons au salon, éclairé par quelques lampes de chevet et un feu de cheminée (on n’est pas en été chez lui ?), il s’installe sur un ample fauteuil rouge et m’intime à faire de même.
***L’ennui c’est qu’il n’y a pas d’autre fauteuil alors, de mauvaise grâce, je me rabats sur une chaise miteuse qui craque sous mon poids et n’offre qu’une planche de bois à mon derrière.

***Silence.

***Le vieux ne dit rien. Il continue de sourire béatement comme s’il était tout simplement très content de me revoir. Mais on ne s’est jamais vu, je ne suis pas son ami, alors quoi ? Je suppose que c’est à moi d’entamer la conversation.

***Je prends le temps d’observer la décoration. Des tentures rouges et mauves accrochées aux murs, aucune vue sur le dehors, quelques bibelots épars, un bureau bourré de feuilles et un encrier ancien, avec une bougie, deux petites tables sur lesquelles brillent des lampes, et c’est tout. Bizarrement et malgré le mobilier, j’ai l’impression que cet homme n’habite pas vraiment ici car malgré les preuves de son activité, ça sonne faux et je ne sais pas pourquoi.
***J’ai pris mon temps et n’ai pas hésité à tourner la tête de tous les côtés. Pourtant il n’a toujours rien dit, immobile, les yeux invariablement fixés sur ma personne. Je n’ai jamais aimé les silences alors ça commence à m’angoisser un peu. Je m’avoue vaincu.

***- En fait, j’aurai besoin de passer un coup de téléphone mais il n’y a pas de réseau par ici. Je peux emprunter le vôtre ?
***- Je n’en ai pas, monsieur Richter. Croyez bien que j’en suis navré pour vous.
***Ce petit bonhomme se fiche certainement de moi, ou alors il est encore plus gâteux qu’il n’en a l’air. Comment j’ai fait pour prendre rendez-vous avec lui, par téléphone, s’il n’en dispose pas ?
***Il devance ma question et ajoute alors :
***- Mon téléphone a cessé de fonctionner il y a quelques jours. Nous sommes… coupés du monde, ici.
***- Oh, très bien.

***A ce moment, je me dis que je pourrais partir de suite et marcher jusqu’à ce que je tombe sur une route où faire du stop, mais le souvenir de la brume étrange me revient en tête. D’un coup mes yeux s’écarquillent (et son sourire à lui s’élargit). Je me rappelle des sons, des cris, de la bête et du mort.
***Une douleur vive me lance soudain au niveau du poignet. Je le regarde et constate qu’il est tordu de manière effrayante. Le souvenir de la chute me revient alors. Je me plie en deux, écrasé par la souffrance.
***- Ah ! j’ai mal ! Je me le suis brisé en tombant dans la forêt !

***Je sens qu’il me fixe intensément et ma douleur s’accentue. Mais comment j’ai pu oublier ça ?
***L’autre ne réagit toujours pas et son regard passe maintenant de mon visage à mon poignet comme s’il assistait à un spectacle comique. Je relève la tête et il doit s’apercevoir que je le dévisage car il réagit enfin, avec un « ***Oh ! » de vieillard.
***- Désolé, monsieur Richter, je n’avais pas remarqué votre état. Vous êtes souillé de partout on dirait. Et vous avez besoin de soins !
***Il se lève et me demande de le suivre vers sa « petite pharmacie personnelle ». En me relevant je constate que mon costume ne ressemble plus à rien. Il est sale, mouillé, boueux, j’ai des écorchures sur les bras et je vois mes jambes à travers mon pantalon lacéré. Ai-je vraiment fait une simple chute ?

***- J’ai le poignet cassé aussi, je crois, ajouté-je à celui qui me tournait à présent le dos.
***- Je sais, je sais. Ca m’étonne que vous ne l’ayez pas déjà remis en place d’ailleurs.
***Et dans son ton j’entends comme une pointe de déception. Quoi ? Il m’a pris pour Martin Riggs ?
***Je le suis et prie en même temps pour que la brume se dissipe rapidement. Je ne veux pas retourner de nuit dans cette forêt, même si on aurait du être en plein jour.

***- Au fait, je demande, vous avez remarqué le brouillard dehors ?
***- Oh, vous savez… c’est monnaie courante par ici. J’ai même pour habitude de dire que c’est mon brouillard, vous comprenez ? Qu’il fait un peu partie de moi, vous voyez bien ce que je veux dire ? ...Mais mes volets sont presque constamment fermés donc je ne l’ai remarqué qu’à votre arrivée.

***Il insiste sur ces certains mots et je sens un frisson irrépressible à travers ma colonne vertébrale.
***- Comment avez-vous su que j’arrivais si vos volets étaient fermés ?
***Je me surprends moi-même en reconnaissant de la méfiance dans ma voix.
***Delacroix arrête sa marche et se retourne partiellement pour m’observer avec une attention particulière qui me met mal à l’aise. La timide lumière du couloir éclaire mal ses traits et j’ai l’impression de voir un autre homme, plus sombre.
***- Parce que je vous attendais, monsieur Richter. Depuis longtemps. Depuis très longtemps même, Domian.
***Et il repart.

***Je le suis en silence, essayant de donner un véritable sens à ce qu’il me dit.
***L’impression que ses mots recèlent plus de signification que ce que je comprends me perturbe. Comme s’il s’adressait à un moi qui n’est pas celui qu’il croit. Comme s’il me connaissait, encore une fois.

***Nous retournons dans le hall et empruntons l’escalier central qui nous mènera à l’étage. De lourdes tentures masquent les baies vitrées. Par beau temps cet endroit devrait être très lumineux, mais avec cette brume… Quelle heure est-il ?
***Je sors mon portable de ma poche, consulte l’horloge, dix-neuf heures. C’est passé bien vite. En passant près des tentures je jette un œil à l’extérieur. Il fait nuit noire et la brume a totalement disparu. Je n’y comprends rien.
***- Vous êtes toujours là, monsieur Richter ? demande le vieux.
***- Oui, oui. Je vous suis.
***- C’est cela, suivez-moi.

***Effectivement, lorsque nous sommes à l’étage nous bifurquons à un nombre impressionnant de carrefours. J’ai l’impression d’entrer dans un labyrinthe et si Delacroix disparaissait maintenant, je ne suis pas sûr de pouvoir revenir sur mes pas aussi vite que je suis venu. Je ralentis un instant car mon attention est détournée sans que je ne me l’explique par une nouvelle peinture. Elle représente un homme âgé grand et puissant qui embrasse une jeune fille. Au troisième plan, un homme seul qui court pour rejoindre les amoureux. Pourquoi je regarde ça ? Je n’en sais rien.
***Quand je me retourne, je m’arrête. Mon hôte a disparu, comme je le craignais.

***- Monsieur Delacroix ? j’appelle.
***Mais il ne répond pas. Je réitère et toujours pas de réponse. J’ai alors le sentiment que les murs sont plus proches de moi. Je me sens à l’étroit dans cet espace confiné.
***Rapidement, j’ai des sueurs froides et c’est comme si je prenais enfin conscience de ma situation. Je suis blessé, j’ai mal (comment ai-je fait pour oublier ma douleur encore ?), je suis en loques, fatigué, on a volé ma voiture, j’ai vu une bête et un mort.
***J’ai vu un mort !
***- Monsieur Delacroix, où êtes-vous ?
***Je suis soudain pris de panique. Comment j’ai pu oublier ça ? Un homme s’est fait à moitié dévorer presque devant mes yeux par une créature qui s’est envolée et son cadavre a disparu, trainé par je ne sais quel monstre !
***Je cours, je tourne, je cherche, j’ai mal quand j’entends une voix lointaine m’appeler.

***- Je suis au bout de ce couloir, à gauche.
***Je ne me demande pas comment il connait ma position exacte. La voix résonne entre les murs et c’est à peine si je reconnais celle de Delacroix. Les torches électriques sont de piètre qualité et c’est comme si on vivait ici dans une pénombre constante. Entendre la voix du résident m’a fait un peu reprendre mes esprits – ou bien est-ce plutôt que je les perde à nouveau ? – et je suis instantanément ramené sur terre, rassuré. Quelque part, ça crie en moi de déguerpir au plus vite, mais je n'arrive pas à l'écouter
.
***- Monsieur Richter ?
***- Oui j’arrive !
***Cette fois je reconnais Delacroix. Docilement, je traverse le couloir et tourne à gauche, comme il l’a demandé. Quand il m’accueille dans la petite salle emplie de bocaux et de tiroirs blancs, il m’invite à m’asseoir. J’obéis.

***Assis sur la chaise, je ne me sens pas moi-même. Cette fois, la brume est dans ma tête.
***Le vieil homme m’essuie les plaies avec du désinfectant et je ne réagis pas. Mon corps ne bouge pas. Ensuite il me tapote les écorchures avec un coton imbibé de je-ne-sais-quoi. Dans ma torpeur incompréhensible, je parviens à abaisser ma tête afin de voir la sienne. Ses yeux brillent d’une façon peu rassurante, comme un enfant sadique qui s’amuserait à écraser des fourmis avec un bout de bois.
***Quand il attrape mon poignet brisé, je sens le contact de ses mains froides, et je ne bouge pas, hébété.
***Quand il me palpe la chair, je me fais la remarque qu’elles sont bien trop froides et que ce n’est pas naturel.
***Quand il m’ausculte du regard – trop longtemps – puis me hume comme on sentirait la peau d’une maîtresse ou la viande d’un animal, je suis mal à l’aise.
***Quand son souffle frôle ma peau, je le sens glacé comme la mort (A peine sorti de ses poumons, ne devait-il pas être chaud ?).
***Quand enfin ses yeux rencontrent les miens, il sourit et met un temps bien trop long avant de reprendre son visage avenant, et n’y parvient pas tout à fait. Sans prévenir, me remboîte le poignet avec une force insoupçonnée.

***Quelqu’un hurle avec ma voix. J’entends bien que le bruit est déchirant, mais moi je suis ailleurs et lui semble le goûter avec délice.

***- Alors, monsieur Richter… Votre famille a changé de nom il y a longtemps ?
***Je reprends conscience comme si j’étais libéré d’une quelconque emprise.
***Comment sait-il ça, celui-là ?
***- Oui, je réponds honnêtement, car je ne parviens pas à lui mentir. Ce sont mes grands-parents qui l’ont demandé. Avant ça mes ancêtres s’appelaient…
***- Belmont, oui. Je sais…
***Un détail attire mon attention et je tourne la tête vers le couloir. Il y a de la brume qui sort du sol, et d’une voix lointaine, les yeux à nouveau dans le vague je dis, comme le rapport était évident :

***- J’ai vu un cadavre dehors.
***Où est-ce que j'ai atterri ?

_____


BRUME - partie trois


***Delacroix me regarde avec une insistance particulière alors que je tente désespérément de reprendre mes esprits. C’est comme s’il y avait un verrou dans ma tête, placé là pour je ne sais quelle raison.

***A force d’efforts, je parviens à secouer la tête et me sens à nouveau moi-même. Je dois être fatigué par toute cette journée. Trop d’émotions peut-être.
***- Vous avez vu un cadavre, monsieur Belmont ? dit-il avec un intérêt qui sonne faux.
***- Oui, je… Je ne sais plus vraiment. Je crois en avoir vu un. ***Dans la brume.
***Je retourne la tête vers le couloir car je n’aime pas son regard. La vapeur qui s’y trouvait juste avant a disparu.
***- Suivez-moi Belmont, j’ai quelque chose de très intéressant à vous montrer.
***Mais je ne m’appelle pas « Belmont » ! Pourtant je réponds :
***- Oui.
***Et une fois de plus, nous arpentons les couloirs.
***- Saviez-vous que nos deux familles se côtoyaient par le passé ? me demande-t-il depuis la tête de notre expédition.
***- Non. Vous étiez un ami de mon grand père ?
***Son « Oh ! » de vieillard semble plus jeune, moins « vieillard » cette fois.
***Est-ce mon imagination ou bien cet homme a grandi ?

***- Le terme ami n’est pas exact, mais si l’on considère que nous nous voyions souvent, alors oui, c’était un ami. Vous a-t-il au moins expliqué comment il a été assassiné ?
***Aïe, ça sent les révélations familiales. Un jour, un client m’avait traité de collabo’ à cause de mon grand-père. Une autre fois de résistant. Mais je n’ai pas le temps de répliquer car nous sommes arrivés devant une peinture, encore.
***- Reconnaissez-vous votre parent ici, mon jeune… ami ?
***A la tête que je fais, je suppose qu’il a sa réponse.

***Je ne connais mon grand-père que par photos, mais je le reconnais immédiatement. Une forte musculature, un air dur, une grande croix chrétienne autour du cou qu’il porte comme un talisman. Celle-là même qui trône aujourd’hui chez mes parents, au mur de la cuisine.
Et à côté…
***- C’est vous ?
***- Oui.
***- Vous n’avez pas beaucoup changé en…
***Je cherche à calculer combien de temps est passé depuis que ce cliché a été pris. Il me devance.
***- Depuis cinquante ans ? Non, pas vraiment. (Je suis bouche bée, il continue.) Les Belmont et les Delacroix se connaissent depuis longtemps. Depuis plusieurs siècles pour être plus exact. Nous avons eu nos moments de guerre et nos instants de tolérance mutuelle.
***- Pourquoi ça ?

***Delacroix sembla goûter la question.

***- Vous êtes un Belmont, Domian. A vous de me le dire.
***Sa voix est plus jeune. Je l’observe du coin de l’œil alors qu’il regarde le tableau.
***Peut-être est-ce la lumière, mais j’ai l’impression de voir un cadavre vivant, avec des yeux morts et pourtant brillants d’une flamme intérieure, rouge sang.
***Je me rends compte aussi qu’il me dépasse maintenant de quelques centimètres. Ce n’était pas le cas avant. Ou bien ai-je rêvé ?
***- Les bois sont à vous ? dis-je pour changer de sujet.
***- Oh ! répond-il avec un sourire étrange. Oui, ils sont à moi, comme tout ce qui s’y trouve.

***Je n’apprécie qu’à demi la plaisanterie et le message qui s’y trouve. A chaque minute qui passe je me sens davantage méfiant et davantage en cage. Mais la curiosité et la peur du dehors me poussent à rester ici, même si je sens qu’à chaque seconde, un étau que je ne vois pas se resserre un peu plus.
***- Et (je déglutis péniblement) saviez-vous que vous aviez des loups ?
***A cette remarque, le vieil homme, qui ne paraissait plus aussi vieux qu’avant, rit comme à une bonne blague. Il a l’air plus vigoureux et beaucoup moins gâteux tout à coup.
***- Jeune imbécile. Il n’y a qu’un loup par ici, et heureusement pour vous !
***Là, le menaço-mètre explose. Je n’ose même pas jouer l’invité outré. Je me sens comme une proie. Petit à petit, grâce à la peur peut-être, des éléments s’imbriquent et de minuscules portes dans mon cerveau s’entrebâillent.
***- C’était votre loup.
***- On peut bien dire ça, Domian. Venez, retournons à mon bureau.
***Son ton est plus amical, plus familier. Quel sale tour me joue-t-il ?

***Glissant un bras autour de mes épaules, il m’emmène vers le grand escalier. Sur le chemin, je revois la peinture avec un homme et une femme au premier plan. C’est Delacroix. Au fond du paysage, je ne peux le distinguer mais en suis certain, c’est mon grand-père. Un bijou brille sur son torse.
***Quand nous nous réinstallons, un costume neuf m’attend et il me laisse me changer. A peine revêtu, il entre.
***- Vous êtes impeccable, mon brave ! Impeccable ! Dites-moi Domian, votre père ne vous a-t-il jamais parlé de moi ?
***- Pas à ma connaissance, dis-je sur la défensive.
***Pourtant, je sens que si, et ce léger doute en moi le fait ciller. Son œil brille d’un regard nouveau, à l’affût, celui d’un chasseur. Cet homme fait quinze ans de moins qu’à mon arrivée !
***Son visage est dur lorsqu’il reprend.
***- Je crois que c’était la question de trop.
***Sans pouvoir me l’expliquer, je sens que ma vie se joue sur un fil. Cet homme me terrifie, cet endroit me terrifie, je ne sais pas quoi répondre.
***Il me regarde et je n’ose pas détourner mes yeux de lui, comme un lapin qui attend le verdict d’un loup. Je colle mes mains de long de mon corps, pour cacher leur tremblement.
***Le silence s’installe. Un silence pendant lequel mon hôte semble hésiter sur la démarche à adopter avec moi.
***Je suis en sueurs. Je crois que son nom commence par un V. Mon père a finalement du m’en parler un jour. Certainement.

***Puis vient le verdict, d’une voix sombre dans laquelle suintent la menace et la retenue.
***- Il est temps pour vous de partir, monsieur Belmont. Ce petit jeu n’est plus amusant.
***Mais quel « petit jeu » ?! Qu’est-ce que je lui ai fait ? Mais qu’est-ce qu’il cherche donc chez moi ?
***- Une voiture vous attend. Partez avant que je ne change d’avis !
***Je veux partir, c’est mon seul désir depuis le début, mais il dégage une aura qui me cloue sur place. Je veux décamper, mais je n’y arrive pas.
***- Partez !
***Sa voix résonne et semble amplifiée par je ne sais quel phénomène. Mon corps réagit un peu.
***- PARTEZ !!
***Je pars en courant. J’emprunte le couloir mal éclairé, débouche sur le grand hall. Panique est le mot qui résume tout mon être en cet instant. J’arrive à la grande porte que j’ouvre et ne referme même pas dans ma course. De l’extérieur je l’entends encore hurler comme un forcené.
***« PARTEEEZ !!! »

***Je cours, passe la grille, une voiture m’attends. Un taxi ! J’ouvre la portière arrière, m’engouffre à l’intérieur et sans un mot d’échangé avec le chauffeur, elle démarre. Jetant un dernier regard vers le manoir étrange, j’aperçois encore la porte, ouverte, et une forme sombre la traverser. Puis elle se referme.
***Il n’est que vingt heures mais il fait nuit noire ici, dans cette forêt maudite.
***Sur le dos du siège passager je vois la carte du taxi. Quand Delacroix l’a-t-il appelé ?
***- Où dois-je vous déposer, monsieur ? me demande le conducteur d’une voix calme et mélodieuse.
***- Paris centre. Où vous voulez.
***Autour de nous, la brume s’élève à nouveau mais le jeune homme au volant ne semble pas gêné par cela.
***Je le regarde dans le rétroviseur et distingue ses traits fins et harmonieux. Un bel homme qui doit faire tomber toutes les filles sans même avoir à ouvrir la bouche.
***Il rit. Pourquoi ? Ai-je pensé à voix haute ?

***Petit à petit, je retrouve mon calme et ma lucidité.
***Je suis tombé sur un vieux fou et tout ce que j’ai vécu avant n’a servi qu’à me rendre complètement parano. Voilà toute l’histoire.
***Enfin, je souffle et expire toute la tension accumulée ces dernières heures. Je suis propre, je suis en vie, mon poignet a retrouvé sa place… Si ce n’était le vol de ma voiture, c’est comme si rien de tout cela n’était arrivé.
***J’entends un « bip » qui me tire un sourire. J’ai un message vocal ! Il y a du réseau ! « Bip ». Encore un. « Bip », encore un ? Je lance le répondeur.

***Premier message, reçu aujourd’hui, à 16h17 : Salut Domian, c’est papa. Ta mère m’a dit que tu avais un client du nom de Delacroix ce soir. Oublie ton dernier client et passe à la maison, s’il-te-plait. On a quelque chose à t’annoncer. C’est important. A toute à l’heure.
***Mon père parle très calmement, pourtant je reconnais de la nervosité dans sa voix.

***Deuxième message, reçu aujourd’hui, à 18h03 : Domian, si tu n’es pas encore arrivé, rebrousse chemin et viens à la maison tout de suite !
***Son ton a nettement changé et cette fois j’entendais ma mère qui sanglotait à l’arrière, affolée.

***Troisième message, reçu aujourd’hui, à 18h31 : (cette fois le ton de mon père est plus que pressant. Il crie presque dans le téléphone et ma mère pleure à côté du téléphone) Domian on ne t’a expliqué certaines choses sur notre famille. Si tu reçois ce message à temps, je t’en prie, rentre !
***Je n’ose écouter le quatrième mais il s’enclenche automatiquement. Je suis cloué à mon siège, tétanisé par la peur que j’entends chez mes parents.

***Quatrième message, reçu aujourd’hui, à 18h52 : Domian, fait mon père d’une voix grave et soucieuse, si c’est encore toi qui écoute ce message, n’écoute pas le prochain.
***Mais c’est plus fort que moi.

***Cinquième message, reçu aujourd’hui, à 18h53 : Vlad, il n’est au courant de rien. Tu m’entends ? Il ne sait pas ! Nous l’avons préservé ! Nous n’avons pas brisé la trêve, tu comprends ? Il n’a pas à payer pour nos querelles passées ! Ne lui fais rien, si tu touches à lui il n’y aura plus de cessez-le-feu, crois-moi ! Et le clan Belmont te chassera jusqu’à la fin cette fois ! Tu m’entends ? Crois-moi, on te donnera la chasse !
***Fin des messages.


***J’ouvre de grands yeux ronds en l’entendant parler des Belmont. Le ton de mon propre père me fait peur. Plein d’une haine que je n’avais même jamais soupçonné chez lui et d’une menace qui, à l’évidence, n’était pas des paroles en l’air.
***Soudain, je me prends à considérer mon propre père comme un inconnu. Qui est-il donc pour dire des choses comme ça ?
***Il a dit qu’il s’appelait Vlad.

***Je prends mon portable et vais sur internet. Je tape les mots qui me passent par la tête : Vlad comte Delacroix loup brume jeunesse clan Belmont.
***Résultat de la recherche : plusieurs pages s’inscrivent sur mon écran et en vrac je lis :
***…Comte Vlad Țepeș II (1397-14…
***…Créature du diable.
***…peut se transformer en loup, en chauve-souris, en chien, en brouillard…
***…capable d'hypnotiser ses proies et de se dédoubler, maître des illusions…
***…témoignages décrivent comme un homme séduisant…
***…le clan Belmont est l’ennemi juré de…


***Mais qu’est-ce que c’est que ce délire ?
***Je relève les yeux et constate que le conducteur me regarde d’un air avide. Je regarde au dehors. Toujours cette brume épaisse. Comment mon conducteur fait-il pour voir dans cette purée de poix alors que moi-même je ne voix pas le bout de la voiture ? Sommes-nous seulement toujours dans la forêt ?

***Je jette un œil derrière moi. Le brouillard s’est écarté sur notre passage et je vois, au loin, une créature puissante nous suivre et nous rattraper.

***- Vlad… laissé-je échappé malgré moi.
***- Oui ? fit la voix agréable du conducteur.

***Elle nous rattrape…
***A moins que ce ne soit nous qui ralentissions.


***




A l’attention de Gabriel Belmont,

La trêve a été rompue suite au meurtre de Domian Richter,
membre du clan.
Les Belmont et les Van Helsing sont appelés à reprendre les armes.

Grand Maître de l'Ordre
Docteur Abraham Van Helsing.


FIN

***

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Azraël

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MessageSujet: Re: Brume    Ven 11 Mai - 22:13

Premier texte dans la section "Horreur", j'étais impatient de découvrir ça. En effet, tu respectes bien les codes du genre, contrairement à ta nouvelle sur le Titanic qui tendait plutôt vers le fantastique.
Après, j'ai trouvé le rythme plutôt lent. J'ai conscience que tu as fait un effort pour installer l'ambiance, mais la marche de Domian traîne un peu trop en longueur.
Après, c'est peut être une question de sensibilité, parce que la peur est avant tout un sentiment, et nous ne sommes pas tous réceptifs aux mêmes choses. J'attends de voir les prochains avis voir comment les autres membres ont appréhendé ton récit.

Concernant la forme, les soucis de temps et les petites fautes régulières que tu trouveras ci-dessous ont eu tendance à freiner ma lecture. Mais tout cela sera très vite corrigé, il s'agit plus d'erreurs d'inattention qu'autre chose.

J'ai également été freiné par le langage du personnage. L'exercice était intéressant, le point de vue du personnage et le langage familier permettent généralement de rentrer dans le texte avec plus d'intensité mais à certains moment, le langage est plus maladroit qu'autre chose et à l'écrit, ça ne passe pas. Pour ma part en tout cas. A nouveau, cela sera peut être mieux reçu par d'autres.

Citation :
Ce matin tout était encore ordinaire. Comme la veille et l’avant-veille. Mon réveil avait sonné et une musique ringarde emplit l’espace avec des voix masculines à peine pubères.

"avait empli"
Problème de temps ici.

Citation :
J’aurai pas du y entrer.

"J'aurais"

Citation :
Quand je ne vis plus du tout ce qu’il y avait devant moi, je continuai à avancer. Quand je quittai le chemin pour percuter un arbre à trente kilomètres à l’heure, défonçant littéralement ma caisse, j’arrêtai d’avancer. La musique hard rock des nineties était soudain devenue très difficile à supporter et j’ai coupé la radio. C’est à ce moment là que le concert de voix s’était élevé.

Tu changes brutalement de temps alors que tu écrivais jusqu'ici au passé simple. Le changement vers le présent plus tard a du sens mais ici ça choque.

Citation :
Revenant sur mes pas à travers le brouillard, je constatais avec horreur que ma caisse avait effectivement disparue.

"Je constatai" (Passé simple)

Citation :
Plus rien à part une trace de pneu, celle que j’avais tracée à l’allée.

"celle que j'avais tracé". Pas d'accord avec "avoir".

Citation :
J’ai pas chantonné, j’étais même concentré sur les bruits qui m’entoure.

"les bruits qui m'entourent"

Citation :
Ignorant la peur qui née inexorablement et commence à me bouffer les intestins

"Ignorant la peur qui nait"

Citation :
...ensuite parce que les traces d’animaux sauvage ne s’arrêtent pas et que je les retrouve partout sur mon chemin.

"les traces d'animaux sauvages"

Citation :
Bouffé par je sais pas quelle bestiole bizarre.

Formulation un peu bancale. J'aurais plutôt vu "Bouffé par je ne sais quelle bestiole bizarre"

Citation :
La lumière me fait voir mon propre souffle à travers la brume et ma peau luisante d’humidité.

La formulation peut prêter à confusion. On pourrait croire ici que la lumière permet au personnage de voir son souffle à travers sa peau luisante d'humidité.

Citation :
Ce matin je me battais contre le soleil et maintenant je me les cailles comme au pole Nord.

"je me les caille"

Citation :
- C’est pas bientôt fini toutes ces conneries ? je m’écris comme si quelqu’un allait m’entendre et me répondre en riant qu’il est désolé de la mauvaise blague.

"je m'écrie"

Citation :
Puis j’entends un second appelle, ailleurs.

"j'entends un second appel"

Citation :
Sans m’en rendre compte, je me retrouve à tenter de courir tout en faisant le moins de bruit possible et que je me dis que c’est ridicule, je m’arrête et m’adosse à un arbre.

Il y a un souci avec cette phrase. Remplacement du "que" par "quand". La phrase aurait déjà un sens, mais la formulation resterait bizarre. Peut être "et lorsque je réalise que c'est ridicule" ?
Le "et que" est un peu maladroit également. Peut être pourrais-tu le remplacer par quelque chose de plus joli.

Citation :
Il y en a de toutes les sortent.

"Il y a en a de toutes les sortes"

Citation :
Des hululements qui résonnent comme des menaces dans les arbres, des « ahouuuu » à des distances que je ne saurai évaluer...

"que je ne saurais"

Citation :
J’ose pas aller voir, mais j’entend ça juste derrière moi.

"j'entends"

Citation :
Des lambeaux de chairs qu’on arrache et qu’on mastique bruyamment.

"des lambeaux de chair"

Citation :
Malgré tout mes efforts, je m’entends respirer comme un forcené

"Malgré tous mes efforts"

Citation :
Les plaies sont partout et c’est sacrément gore à voir.

Le "sont partout" me semble maladroit.

Citation :
C’est un miracle que je n’en ai pas reçu à travers l’arbre !

"que je n'en aie"

Citation :
Les nerfs ont été sectionnés et sont remontés comme des élastiques qui auraient claqués.

"qui auraient claqué". Pas d'accord avec "avoir"

Citation :
Je me penche pour je ne sais quelle raison et constate qu’il n’a plus de langue, ou du moins devrais-je dire que ce qu’il en reste ne peut plus être considérer comme telle.

"ne peut plus être considéré"

Citation :
Son crâne est fendu et de là part trois marques de griffes, espacées comme sur les empreintes

"et de là partent trois marques"

Citation :
Ca sent la malveillance, et la certitude que cette bête veut ma peau coure dans mes veines.

"et la certitude que cette bête veut ma peau court dans mes veines"

Citation :
Mais qu’est-ce que je lui ai fais ?

"Mais qu'est-ce que je lui ai fait ?"

Citation :
On dirait un taureau tellement que c’est grand,

Le "tellement que" me semble maladroit.










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MessageSujet: Re: Brume    Ven 11 Mai - 22:21

Wouaou, comment j'ai pu passer à côté de TOUT ça ?
C'est là qu'on se rend compte qu'écrire de nuit, c'est pas mal, mais qu'il faut relire non pas au petit matin mais à tête bien reposée, après un "vrai" sommeil.

Bon, merci de ton commentaire complet Azraël, je m'en vais corriger tout ça.
Pour les temps, je n'ai aucune excuse. Le passage au présent est voulu, le reste non.

Pour le passage lent, oui j'ai un peu traîné en longueur. J'ai eu un doute à un moment donné et finalement je l'ai gardé tel quel pour renforcer l'ambiance. Du coup, l'avancée de l'action ralentit un grand coup, j'en suis conscient. On verra avec les autres commentaires si ça valait le coup d'être tenté ou non.

Merci pour tout et... ben, j'ai plus qu'à me mettre à la correction !

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MessageSujet: Re: Brume    Sam 12 Mai - 15:16

Je serais de rejoindre l'avis d'Azraël, parfois, c'est un peu long...MAIS, pour placer une ambiance comme tu l'as fait, un endroit effrayant et tout et tout, il faut de la longueur.

J'aime bien, en général. Ca m'a tiré quelques petits frissons (bah quoi, j'suis un gamin peureux et alors ?!) ...J'ai jamais vraiment aimé la brume, chaque fois qu'il y en a, je me fais des films...j'vais encore m'en méfier plus maintenant ! ...Enfin bref.

C'était cool à lire, tu es doué.

Et encore une fois : désolé, j'ai grandement du mal à m'exprimer pour commenter un texte...Mais je vais essayer de m'exercer !!
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MessageSujet: Re: Brume    Sam 12 Mai - 15:26

Salut Nathan.
Un avis court n'est pas plus mal qu'un long et si à tes yeux tu as dis l'essentiel alors c'est bon =)

Je suis content que ta peur de la brume n'est pas brisée après ce texte Twisted Evil C'est un peu ma bonne nouvelle du jour !
Et si en plus c'était cool à lire... ben que demander de plus ?

Je ferai gaffe aux longueurs dans la suite. C'est un de mes grands défauts d'écriture : je m'étale. Voilà ce que les commentaires me révèlent avec le temps et qui me donne une piste d'amélioration.

Merci pour ce comm' Nathan Wink

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MessageSujet: Re: Brume    Sam 12 Mai - 15:34

Oh my...rien que le titre m'a envoyé les souvenirs d'un livre que j'ai lut, il y a quelques années, un livre de Stephen King : The Mist (Brume)...Et au fur et à mesure, ta petite nouvelle m'a beaucoup fait penser à ce livre, avec les créatures dans la brume et tout et tout...MAIS, car il y a, heureusement, un mais :

Il y a tout de même un paquets de différences. Les créatures, le personnage, la fin (qui est terrible dans le livre...Sad)...Plein de petites choses qui font que cette réminiscence (j'adore ce mot) n'a fait qu'effleurer mon esprit. Disons que la trame était là, une brume étrange peuplée de créatures flippantes...Et ensuite, ça se dissocie. Je tenais néanmoins à dire que ça m'y a fait penser.

Ensuite, tu écris toujours aussi bien (évidemment), et l'histoire m'a beaucoup intéressé (à ton avis, la peur de Nathan pour la brume, elle vient d'où ? Mouhaha...Je suis diabolique), je nourrie une sorte d'intérêt bizarre pour la brume depuis toujours, j'ai donc été assez captivé par cette histoire...MAIS, le langage utilisé par Domian m'a un peu rebuté parfois. Pas toujours, mais de temps en temps...

Pour moi, il n'y avait pas tant de longueur que ça, mais ce n'est que mon avis. Au contraire, je trouvais justement que ces longueurs amenait les choses, nous tenait un peu en haleine.

Je trouve que tu t'en ai plutôt bien sortie dans le domaine de l'horreur (que j'ai toujours adoré...une sorte de mes passions un peu bizarre ^^'...D'ailleurs, peut-être que je devrais poster une de mes nouvelles "horrifiques" un jour...peut-être), pour une première fois. J'ai apprécié.

Cependant la fin m'a peut-être un peu cassé dans mon élan...Je suis adepte des fins un peu en queue de poisson, qui laisse grande part à l'imagination, et en ce qui concerne l'horreur, j'aime beaucoup quand cette imagination est dirigée vers une "mauvaise fin", ou bien qu'il y ai un petit truc qui nous fasse trembler dans les derniers mots...Et là, j'ai été un peu...pas déçut (le mot est trop fort), mais un peu dans le genre. Je suis mitigée sur cette fin, je ne sais qu'en penser !

G.G, et la brume, c'est super cool...Même peuplée de bestioles ! Et cette histoire m'a bien plu. G.G quoi.

Pfiou...J'sais pas si tu te rends compte, mais je viens de faire un effort de commentaire énorme là u_u' :p.

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MessageSujet: Re: Brume    Sam 12 Mai - 15:44

Mnémosyne a écrit:
Pfiou...J'sais pas si tu te rends compte, mais je viens de faire un effort de commentaire énorme là u_u' :p.
Je m'en suis rendu compte Mnémo' et même que je t'en remercie et te dis bravo ! :]

Pour la référence à maître S.K., je n'étais pas au courant. héhé

Je suis content que tu n'aies pas été rebutée par les longueurs. Et pour la fin, c'est tout à fait normal de finir comme ça, c'est un espoir pour Domian. Mais comme je l'ai précisé dans le titre : il y aura une seconde partie ! J'ai coupé ma nouvelle en deux parties bien distinctes et notre petit héros peureux va retomber de haut par la suite. Pour ça, je tiens à te rassurer.

Concernant le langage de Domian, vous avez été plusieurs à m'en faire la remarque, je vais donc faire quelques modifications d'ici peu pour rendre le tout plus fluide, moins direct, disons.

Voilà, j'espère que ces précisions vont te permettre de revoir la fin du texte et transformer la "déception" en attente :p

Merci de ton comm' Mnémo !

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MessageSujet: Re: Brume    Sam 12 Mai - 15:54

De rien et merci, je voulais faire un effort, mais c'est bien parce que c'est toi hein...héhéhé.

Je te conseil The Mist, il est un peu chiant à trouver en français...Mais ils l'ont fait en film, une adaptation fidèle ! Si tu as le temps de le voir un jour, je te le conseil vivement, c'est un film (et un livre) grandement sous-estimé au milieu de tout ces Misery et autre Ca et Shining...Je t'enverrais même un lien pour le trouver sur internet si ça t'intéresse Wink.

OH ! J'ai lut le titre et pourtant, le fait qu'il y allait avoir une suite m'a totalement échappé ! o_O...Autant pour moi alors, oublie ce que j'ai dit sur la fin, puisqu'il semble que ce ne soit pas tout à fait la fin Smile. Et en effet, tu viens de transformer ma petite déception en grande attente !

Pour le langage, tu tiens le bon bout, peut-être est-ce cet aspect trop direct chez Dom' (bah oui, on est des potes maintenant) qui fait que parfois, j'ai été un peu éjecté du texte.

Encore une fois : de rien ^^.



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MessageSujet: Re: Brume    Sam 12 Mai - 17:22

C'est une belle coupure que voilà, je suis impatiente de lire la suite !

La brume pose une ambiance qui m'a fait plusieurs fois frissonner, merci pour cela, c'était bien joué. Le passage particulièrement où il lève les yeux et ne voit rien m'a fait grimacer : ne même pas voir le ciel, perdu dans une forêt, ça craint. BrrRr...
Pour les points faibles, ce n'est pas la longueur qui m'a marqué (je ne l'ai pas ressenti) mais en effet le langage du personnage, mais les autres te l'ont déjà dit alors je ne vais pas m'étendre.

Une nouvelle encore une fois bien écrite, prenante, mais tu n'es pas au maximum de tes capacités, fifrelin ! :-p

Je suis impatiente de lire la suite, comme je le disais, alors au boulot ! Hop hop hop !

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MessageSujet: Re: Brume    Sam 12 Mai - 17:28

V... Vouiii ! *_*

Pour l'admin impératrice toute puissante et humble (quoi ? C'est contradictoire ?), je tenterai cela !

Merci de ta lecture Isil. Je vais changer les mots de Dom' aujourd'hui.

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MessageSujet: Re: Brume    Dim 13 Mai - 15:16

*

BRUME - part two



***Je pénètre dans le hall d’entrée et le vieil homme ferme la porte derrière moi. Je le détaille rapidement du regard. C’est un octogénaire au sourire avenant qui me regarde avec bienveillance et une sorte de malice dans les yeux, comme si la situation l’amusait. Mais quelle situation ? Celle de recevoir un invité ? Vu l’état poussiéreux, je veux bien le croire.
***Etrangement, j’ai retrouvé un semblant de calme dès que je suis entré. Tant mieux, j’aurai moins l’air d’un cinglé.

***- Bonjour monsieur Delacroix, lui dis-je avec un sourire commercial. Excusez-moi pour le retard…
***Le vieillard fait un « Oh ! » de vieillard.
***- Ne vous en faites pas, j’ai tout mon temps ici. Je suis chez moi après tout. Comment aviez-vous dit que vous vous appeliez, déjà ?
***Je ne comprends pas le lien entre ses phrases mais je me dis qu’il est vieux et probablement gâteux. Inutile donc de chercher midi à quatorze heures.
***- Richter. Domian Richter. Je ne pourrai pas vous présenter les produits car j’ai eu un accident sur la route, avec le brouillard, et on a volé ma voiture. Donc si je pouvais…
***- Tient donc ? Voilà qui est très étonnant, me coupe-t-il.
***- Je ne vous le fait pas dire ! réponds-je avec un petit rire de circonstance.

***En réalité, ce petit vieux m’énerve. J’ai l’impression qu’il se paie ma tête sans savoir à quel point. Je peux tout entendre dans son « étonnant » sauf de l’étonnement.
***Il passe devant moi et traverse lentement le hall. Je lui emboîte le pas.
***Nous traversons l’énorme salle, passons une porte et nous dirigeons vers un petit salon. Au passage, je regarde les murs et les tableaux qui y sont accrochés. De la pierre brute, des peintures anciennes représentant certainement les ancêtres de la famille Delacroix. Il doit remonter longtemps dans son arbre généalogique car je repère à son style un portait qui doit dater du seizième siècle environ. Lugubre.

***Quand nous arrivons au salon, éclairé par quelques lampes de chevet et un feu de cheminée (on n’est pas en été chez lui ?), il s’installe sur un ample fauteuil rouge et m’intime à faire de même.
***L’ennui c’est qu’il n’y a pas d’autre fauteuil alors, de mauvaise grâce, je me rabats sur une chaise miteuse qui craque sous mon poids et n’offre qu’une planche de bois à mon derrière.

***Silence.

***Le vieux ne dit rien. Il continue de sourire béatement comme s’il était tout simplement très content de me revoir. Mais on ne s’est jamais vu, je ne suis pas son ami, alors quoi ? Je suppose que c’est à moi d’entamer la conversation.

***Je prends le temps d’observer la décoration. Des tentures rouges et mauves accrochées aux murs, aucune vue sur le dehors, quelques bibelots épars, un bureau bourré de feuilles et un encrier ancien, avec une bougie, deux petites tables sur lesquelles brillent des lampes, et c’est tout. Bizarrement et malgré le mobilier, j’ai l’impression que cet homme n’habite pas vraiment ici car malgré les preuves de son activité, ça sonne faux et je ne sais pas pourquoi.
***J’ai pris mon temps et n’ai pas hésité à tourner la tête de tous les côtés. Pourtant il n’a toujours rien dit, immobile, les yeux invariablement fixés sur ma personne. Je n’ai jamais aimé les silences alors ça commence à m’angoisser un peu. Je m’avoue vaincu.

***- En fait, j’aurai besoin de passer un coup de téléphone mais il n’y a pas de réseau par ici. Je peux emprunter le vôtre ?
***- Je n’en ai pas, monsieur Richter. Croyez bien que j’en suis navré pour vous.
***Ce petit bonhomme se fiche certainement de moi, ou alors il est encore plus gâteux qu’il n’en a l’air. Comment j’ai fait pour prendre rendez-vous avec lui, par téléphone, s’il n’en dispose pas ?
***Il devance ma question et ajoute alors :
***- Mon téléphone a cessé de fonctionner il y a quelques jours. Nous sommes… coupés du monde, ici.
***- Oh, très bien.

***A ce moment, je me dis que je pourrais partir de suite et marcher jusqu’à ce que je tombe sur une route où faire du stop, mais le souvenir de la brume étrange me revient en tête. D’un coup mes yeux s’écarquillent (et son sourire à lui s’élargit). Je me rappelle des sons, des cris, de la bête et du mort.
***Une douleur vive me lance soudain au niveau du poignet. Je le regarde et constate qu’il est tordu de manière effrayante. Le souvenir de la chute me revient alors. Je me plie en deux, écrasé par la souffrance.
***- Ah ! j’ai mal ! Je me le suis brisé en tombant dans la forêt !

***Je sens qu’il me fixe intensément et ma douleur s’accentue. Mais comment j’ai pu oublier ça ?
***L’autre ne réagit toujours pas et son regard passe maintenant de mon visage à mon poignet comme s’il assistait à un spectacle comique. Je relève la tête et il doit s’apercevoir que je le dévisage car il réagit enfin, avec un « ***Oh ! » de vieillard.
***- Désolé, monsieur Richter, je n’avais pas remarqué votre état. Vous êtes souillé de partout on dirait. Et vous avez besoin de soins !
***Il se lève et me demande de le suivre vers sa « petite pharmacie personnelle ». En me relevant je constate que mon costume ne ressemble plus à rien. Il est sale, mouillé, boueux, j’ai des écorchures sur les bras et je vois mes jambes à travers mon pantalon lacéré. Ai-je vraiment fait une simple chute ?

***- J’ai le poignet cassé aussi, je crois, ajouté-je à celui qui me tournait à présent le dos.
***- Je sais, je sais. Ca m’étonne que vous ne l’ayez pas déjà remis en place d’ailleurs.
***Et dans son ton j’entends comme une pointe de déception. Quoi ? Il m’a pris pour Martin Riggs ?
***Je le suis et prie en même temps pour que la brume se dissipe rapidement. Je ne veux pas retourner de nuit dans cette forêt, même si on aurait du être en plein jour.

***- Au fait, je demande, vous avez remarqué le brouillard dehors ?
***- Oh, vous savez… c’est monnaie courante par ici. J’ai même pour habitude de dire que c’est mon brouillard, vous comprenez ? Qu’il fait un peu partie de moi, vous voyez bien ce que je veux dire ? ...Mais mes volets sont presque constamment fermés donc je ne l’ai remarqué qu’à votre arrivée.

***Il insiste sur ces certains mots et je sens un frisson irrépressible à travers ma colonne vertébrale.
***- Comment avez-vous su que j’arrivais si vos volets étaient fermés ?
***Je me surprends moi-même en reconnaissant de la méfiance dans ma voix.
***Delacroix arrête sa marche et se retourne partiellement pour m’observer avec une attention particulière qui me met mal à l’aise. La timide lumière du couloir éclaire mal ses traits et j’ai l’impression de voir un autre homme, plus sombre.
***- Parce que je vous attendais, monsieur Richter. Depuis longtemps. Depuis très longtemps même, Domian.
***Et il repart.

***Je le suis en silence, essayant de donner un véritable sens à ce qu’il me dit.
***L’impression que ses mots recèlent plus de signification que ce que je comprends me perturbe. Comme s’il s’adressait à un moi qui n’est pas celui qu’il croit. Comme s’il me connaissait, encore une fois.

***Nous retournons dans le hall et empruntons l’escalier central qui nous mènera à l’étage. De lourdes tentures masquent les baies vitrées. Par beau temps cet endroit devrait être très lumineux, mais avec cette brume… Quelle heure est-il ?
***Je sors mon portable de ma poche, consulte l’horloge, dix-neuf heures. C’est passé bien vite. En passant près des tentures je jette un œil à l’extérieur. Il fait nuit noire et la brume a totalement disparu. Je n’y comprends rien.
***- Vous êtes toujours là, monsieur Richter ? demande le vieux.
***- Oui, oui. Je vous suis.
***- C’est cela, suivez-moi.

***Effectivement, lorsque nous sommes à l’étage nous bifurquons à un nombre impressionnant de carrefours. J’ai l’impression d’entrer dans un labyrinthe et si Delacroix disparaissait maintenant, je ne suis pas sûr de pouvoir revenir sur mes pas aussi vite que je suis venu. Je ralentis un instant car mon attention est détournée sans que je ne me l’explique par une nouvelle peinture. Elle représente un homme âgé grand et puissant qui embrasse une jeune fille. Au troisième plan, un homme seul qui court pour rejoindre les amoureux. Pourquoi je regarde ça ? Je n’en sais rien.
***Quand je me retourne, je m’arrête. Mon hôte a disparu, comme je le craignais.

***- Monsieur Delacroix ? j’appelle.
***Mais il ne répond pas. Je réitère et toujours pas de réponse. J’ai alors le sentiment que les murs sont plus proches de moi. Je me sens à l’étroit dans cet espace confiné.
***Rapidement, j’ai des sueurs froides et c’est comme si je prenais enfin conscience de ma situation. Je suis blessé, j’ai mal (comment ai-je fait pour oublier ma douleur encore ?), je suis en loques, fatigué, on a volé ma voiture, j’ai vu une bête et un mort.
***J’ai vu un mort !
***- Monsieur Delacroix, où êtes-vous ?
***Je suis soudain pris de panique. Comment j’ai pu oublier ça ? Un homme s’est fait à moitié dévorer presque devant mes yeux par une créature qui s’est envolée et son cadavre a disparu, trainé par je ne sais quel monstre !
***Je cours, je tourne, je cherche, j’ai mal quand j’entends une voix lointaine m’appeler.

***- Je suis au bout de ce couloir, à gauche.
***Je ne me demande pas comment il connait ma position exacte. La voix résonne entre les murs et c’est à peine si je reconnais celle de Delacroix. Les torches électriques sont de piètre qualité et c’est comme si on vivait ici dans une pénombre constante. Entendre la voix du résident m’a fait un peu reprendre mes esprits – ou bien est-ce plutôt que je les perde à nouveau ? – et je suis instantanément ramené sur terre, rassuré. Quelque part, ça crie en moi de déguerpir au plus vite, mais je n'arrive pas à l'écouter
.
***- Monsieur Richter ?
***- Oui j’arrive !
***Cette fois je reconnais Delacroix. Docilement, je traverse le couloir et tourne à gauche, comme il l’a demandé. Quand il m’accueille dans la petite salle emplie de bocaux et de tiroirs blancs, il m’invite à m’asseoir. J’obéis.

***Assis sur la chaise, je ne me sens pas moi-même. Cette fois, la brume est dans ma tête.
***Le vieil homme m’essuie les plaies avec du désinfectant et je ne réagis pas. Mon corps ne bouge pas. Ensuite il me tapote les écorchures avec un coton imbibé de je-ne-sais-quoi. Dans ma torpeur incompréhensible, je parviens à abaisser ma tête afin de voir la sienne. Ses yeux brillent d’une façon peu rassurante, comme un enfant sadique qui s’amuserait à écraser des fourmis avec un bout de bois.
***Quand il attrape mon poignet brisé, je sens le contact de ses mains froides, et je ne bouge pas, hébété.
***Quand il me palpe la chair, je me fais la remarque qu’elles sont bien trop froides et que ce n’est pas naturel.
***Quand il m’ausculte du regard – trop longtemps – puis me hume comme on sentirait la peau d’une maîtresse ou la viande d’un animal, je suis mal à l’aise.
***Quand son souffle frôle ma peau, je le sens glacé comme la mort (A peine sorti de ses poumons, ne devait-il pas être chaud ?).
***Quand enfin ses yeux rencontrent les miens, il sourit et met un temps bien trop long avant de reprendre son visage avenant, et n’y parvient pas tout à fait. Sans prévenir, me remboîte le poignet avec une force insoupçonnée.

***Quelqu’un hurle avec ma voix. J’entends bien que le bruit est déchirant, mais moi je suis ailleurs et lui semble le goûter avec délice.

***- Alors, monsieur Richter… Votre famille a changé de nom il y a longtemps ?
***Je reprends conscience comme si j’étais libéré d’une quelconque emprise.
***Comment sait-il ça, celui-là ?
***- Oui, je réponds honnêtement, car je ne parviens pas à lui mentir. Ce sont mes grands-parents qui l’ont demandé. Avant ça mes ancêtres s’appelaient…
***- Belmont, oui. Je sais…
***Un détail attire mon attention et je tourne la tête vers le couloir. Il y a de la brume qui sort du sol, et d’une voix lointaine, les yeux à nouveau dans le vague je dis, comme le rapport était évident :

***- J’ai vu un cadavre dehors.
***Où est-ce que j'ai atterri ?



***


Oui, il y aura encore une partie.
C'est vraiment un exercice pour moi et je tente de le développer comme je le sens. Si vous ne voulez pas vous fatiguer, une simple phrase sur vos impressions me suffit. Juste que je sache si ça a marché pour le lecteur. Et si vous voulez vous fatiguer à un long commentaire, libre à vous ! =D

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Mnémosyne

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MessageSujet: Re: Brume    Dim 13 Mai - 15:36

Bon bah j'vais pas me fatiguer alors...u_u'.

Bon, là par contre, la lenteur, je la ressens quelque peu, en fait, je suis assez frustrée ! Bah oui, je lis, chaque lignes les unes après les autres avec un certain empressement car je veux savoir ce qu'il se passe...Et tu nous envoies des informations au compte-gouttes >.< du coup, la seule chose que je peux dire c'est : Dépêche toi de poster la suite, car j'ai des milliers de questions qui se bousculent dans ma tête ! En fait, on comprend les choses autant que ton personnages...certains voiles se lèvent, d'autres tombent...

J'aime beaucoup, c'est pas souvent que je suis captivé par quelque chose, parce que j'ai vraiment envie de savoir la suite, comment tout ça va se goupiller.

Je vois que tu as un peu changé la façon de parler de Dom', c'est cool.

Bon j'ai pas grand chose d'autre à dire, non pas que je ne veuille pas "me fatiguer", mais parce que pour le moment, rien d'autre ne me vient à l'esprit.

C'est bien écrit, et tu commences à pas mal gérer niveau "j'écris un truc d'horreur, j'vous tient tous en haleine, le mystères et un sentiment de mal aise entoure tout ça..."

Et voila. Vivement la suite !



PS : L'image de la maison que tu as mis juste avant le texte, je l'aime. Je veux une maison comme ça.

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Françoise_Moisie

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MessageSujet: Re: Brume    Dim 13 Mai - 15:41

Moi j'aime bien !! C'est bien écrit !
On y est avec les personnages ! Tu arrives bien à décrire les univers (comment ça se fait que t'ai pas réussi avec le TITANIC ?!).

Par contre, ça ne me fait paaaaaas très peur ...

Sauf, attends ...


La brume, c'est de la vapeur d'eau ?
Non parce que si c'est ça, bouhouuuu !! Shocked Ca oui ça fait peur, j'ai la phobie de l'eau ! J'suis waterplouphobe !!
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Myrien
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MessageSujet: Re: Brume    Dim 13 Mai - 16:25

Merci d'avoir commenté toutes les deux Very Happy
Ici, il y a un développement de l'ambiance, le malaise, la méfiance et le doute. La manipulation aussi.
On pourrait dire que ce post prépare la prochaine partie en installant un climat spécifique. Voilà, l'idée est là.
Attention tata, je risque encore de mettre des vapeurs (et non pas d'alcool) dans le prochain !
Mnémo', je comprends ta frustration. Ici, j'ai coupé le texte pour me limiter à des post de cinq pages, sinon c'est trop lourd à lire.
Je suis content que dans l'ensemble, en tant que récit, ça vous plaise.

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Isil
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MessageSujet: Re: Brume    Dim 13 Mai - 17:02

Il n'y a que deux choses qui m'ont gêné : la répétition de "comment ai-je pu oublier ça ?", qui n'est pas toujours utile.
Et le passage où le vieil homme le met en garde : bien le suivre pour ne pas qu'il se perde. Et, juste après, le personnage regarde un tableau et se perd... Peut-être faudrait-il supprimer le passage du dialogue avec le vieil homme et le laisser se perdre tout seul. Je sais pas si je m'exprime bien.. ^^

Sinon à part cela, toujours aussi emballée par l'histoire, beaucoup de questions se rajoutent aux précédentes, beaucoup plus de suspens, donc, et comme le disait tata F, on est avec les personnages ! J'aime toujours également l'ambiance que tu installes.

La suiite !

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Myrien
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MessageSujet: Re: Brume    Dim 13 Mai - 17:26

Tu as souligné deux points très intéressants Isil et c'est pour cela que j'ai fait la répétition du "oublier" et du "je pourrais me perdre ==> alala je me perds !"
Tout a un sens, qui sera compris, je l'espère, par la suite ^^
Merci d'avoir lu et pris le temps de commenter. Ce que tu as souligné est donc très juste ET n'est pas une erreur ^^

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Azraël

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MessageSujet: Re: Brume    Dim 13 Mai - 19:34

Commençons par l'histoire elle-même. A nouveau je la sens très lente, pas assez dynamique. Cette partie étant très différente de la précédente, tu sembles vouloir à nouveau installer une ambiance. Mais du coup, reprendre cette longue mise en place depuis le début aurait peut être tendance à lasser. Cette partie reprend le même schéma que la première : aucune question à se poser, le personnage va bien, puis quelques détails clochent, pour devenir de plus en plus étranges... Sauf que cette fois, après ça... Rien. Tu installes, mais ne nous offres rien à la fin. On ne sait toujours rien de ce vieil homme, il est aussi étrange qu'au début... En gros, à part la description de la maison et les détails curieux disséminés, je n'ai pas eu grand chose à me mettre sous la dent. Certes, les explications viendront probablement ensuite, mais il faut qu'une partie puisse apporter son lot de rebondissements, d'informations nécessaires pour qu'on puisse lui trouver autant d'intérêt qu'à une nouvelle unique et indépendante, tout en voulant découvrir la suite. Ici, tu m'as laissé dans quelque chose de bien trop flou pour me pousser à lire la troisième partie - que je lirai quand même, bien sûr. D'accord, il connaît l'histoire de son nom... Mais tu aurais dû, je pense, rajouter un petit détail afin de nous lancer sur une piste, ou nous surprendre. Là, tu engages une première révélation que tu n'aboutis pas. Une sorte de "demi-indice" qui n'apporte pas grand chose.

Concernant la forme, je n'ai pas trouvé beaucoup de fautes, mais je te les laisse à la suite de ce commentaire. Je rejoins par ailleurs l'avis d'Isil pour ce qui est des répétitions. Elles ont eu tendance à me gêner et ont alourdi le texte.
Pour le reste, c'est fluide et bien écrit, toujours aucun souci pour ça.

Du coup pour résumer, j'ai eu la sensation que cette deuxième partie manquait de dynamisme et d'évènements. Du coup, trop de longueurs, trop de descriptions et de petits éléments qui, pour cette partie là, ne mènent nulle part, ou sinon vers la troisième. Mais l'enchaînement pure de ces détails sans rebondissement marquant m'a empêché d'y trouver un réel intérêt et une vraie accroche vers la suite. Peut être aurait-il fallu poursuivre un peu plus ou te contenter de deux parties afin de ne pas laisser le lecteur avec uniquement quelques miettes à se mettre sous la dent.

Pas d'inquiétude pourtant, je serai au rendez-vous pour la troisième partie et la découvrirai avec plaisir !

Les fautes

Citation :
De la pierre brute, des peintures anciennes représentants certainement les ancêtres de la famille Delacroix.

"représentant"

Citation :
Quand nous arrivons au salon, éclairé par quelques lampes de chevet et un feu de cheminé

"cheminée"

Citation :
deux petites tables sur lesquelles brilles des lampes, et c’est tout.
"brillent"


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Myrien
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MessageSujet: Re: Brume    Dim 13 Mai - 19:46

Voilà de l'avis comme j'aime les recevoir !

Cette partie est parcourue de mini-révélations et peut-être que j'ai voulu être subtils (histoire de changer avec mes gros sabots coutumiers). Trop.
Si la partie deux dénote beaucoup par rapport à la première, la dernière fera le lien entre toutes et, je l'espère, répondra aux attentes de chacun en donnant une réponse à tous les mystères.

Dans ma tête, si cette nouvelle est lue d'une traite, les soucis différences soucis dont tu parles ne devraient pas être aussi forts. Mais ça, c'est dans ma tête, et la nouvelle entière n'est pas encore disponible, donc... voilà.

Au niveau du dynamisme, je suis un peu déçu parce que je pensais que le développement de l'ambiance et le comportement étrange de Domian (méfiance, calme, panique, calme, ...) suffiraient.
C'est donc entièrement ma faute.

Bon, j'espère que ton avis global sur le récit va changer avec la troisième partie.
(Je me mets pas la pression du tout moi maintenant)
Merci de ton commentaire Azraël =)

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Myrien
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MessageSujet: Re: Brume    Dim 13 Mai - 19:51

Voilà pour les corrections.
Pour la peine, j'ai aussi modifié la répétition "oublier ça" et enlever la phrase "on se perd vite ici".
Pour moi ça avait du sens, mais si plusieurs lecteurs me font la remarque qu'ils l'ont pris comme une lourdeur, c'est que j'ai du mal faire mon truc.

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MessageSujet: Re: Brume    Mar 15 Mai - 15:04

Ho zut, je pensais avoir la fin à lire mais il semble que ce ne soit pas encore le moment...

Je vais donc commenter ce que j'ai lu jusqu'ici !

Tout d'abord, j'me sens un peu flippée donc je pense que tu as réussi le challenge d'écrire un texte d'horreur (je déteste ce genre d'ambiance mais avant je ne détestais pas puisque j'en lisais beaucoup... P'têtre qu'avec l'âge ça me plait moins ! Une chose est sure j'hésite beaucoup avant de lire ce genre de texte mais comme c'était toi j'ai fait un effort x) Ca doit être parce que je plonge toujours dans le monde décrit et que j'aime pas me retrouver en danger avec des monstres et des trucs dégueu... bon je stoppe ma parenthèse ^^)

La partie ou tu décris le cadavre m'a franchement filé la gerbe ! Oo

J'ai trouvé que tu nous donnais l'eau à la bouche souvent mais que tu n'en disais pas assez (j'avais envie de te taper !)

Le vieux m'intrigue et j'ai envie de connaitre le fin mot de l'histoire...

Parfois c'était un peu long dans les descriptions ou actions lentes mais j'ai l'impression que dans ce genre d'écrit ce n'est pas simple d'installer une ambiance de peur...

En gros je suis mitigée parce que je n'aime pas l'horreur et que c'est un peu lent mais je suis quand même intriguée et je suis entrée dans ton histoire !

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MessageSujet: Re: Brume    Mar 15 Mai - 16:00

Salut Enora =)
Tu n'es pas la seule à être mitigée. L'horreur, c'est bien difficile pour moi et c'est vraiment du boulot (si,si !). Mais si dans l'ensemble ça t'a donné envie de connaître la fin, j'en suis content.
Effectivement, c'est lent, moi je ne m'en rends pas compte mais comme la grande majorité le dit... ^^

Merci de ta lecture, j'essaierai de vous servir un bon troisième texte demain !

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MessageSujet: Re: Brume    Jeu 17 Mai - 13:34

PARTIE TROIS


***Delacroix me regarde avec une insistance particulière alors que je tente désespérément de reprendre mes esprits. C’est comme s’il y avait un verrou dans ma tête, placé là pour je ne sais quelle raison.

***A force d’efforts, je parviens à secouer la tête et me sens à nouveau moi-même. Je dois être fatigué par toute cette journée. Trop d’émotions peut-être.
***- Vous avez vu un cadavre, monsieur Belmont ? dit-il avec un intérêt qui sonne faux.
***- Oui, je… Je ne sais plus vraiment. Je crois en avoir vu un. ***Dans la brume.
***Je retourne la tête vers le couloir car je n’aime pas son regard. La vapeur qui s’y trouvait juste avant a disparu.
***- Suivez-moi Belmont, j’ai quelque chose de très intéressant à vous montrer.
***Mais je ne m’appelle pas « Belmont » ! Pourtant je réponds :
***- Oui.
***Et une fois de plus, nous arpentons les couloirs.
***- Saviez-vous que nos deux familles se côtoyaient par le passé ? me demande-t-il depuis la tête de notre expédition.
***- Non. Vous étiez un ami de mon grand père ?
***Son « Oh ! » de vieillard semble plus jeune, moins « vieillard » cette fois.
***Est-ce mon imagination ou bien cet homme a grandi ?

***- Le terme ami n’est pas exact, mais si l’on considère que nous nous voyions souvent, alors oui, c’était un ami. Vous a-t-il au moins expliqué comment il a été assassiné ?
***Aïe, ça sent les révélations familiales. Un jour, un client m’avait traité de collabo’ à cause de mon grand-père. Une autre fois de résistant. Mais je n’ai pas le temps de répliquer car nous sommes arrivés devant une peinture, encore.
***- Reconnaissez-vous votre parent ici, mon jeune… ami ?
***A la tête que je fais, je suppose qu’il a sa réponse.

***Je ne connais mon grand-père que par photos, mais je le reconnais immédiatement. Une forte musculature, un air dur, une grande croix chrétienne autour du cou qu’il porte comme un talisman. Celle-là même qui trône aujourd’hui chez mes parents, au mur de la cuisine.
Et à côté…
***- C’est vous ?
***- Oui.
***- Vous n’avez pas beaucoup changé en…
***Je cherche à calculer combien de temps est passé depuis que ce cliché a été pris. Il me devance.
***- Depuis cinquante ans ? Non, pas vraiment. (Je suis bouche bée, il continue.) Les Belmont et les Delacroix se connaissent depuis longtemps. Depuis plusieurs siècles pour être plus exact. Nous avons eu nos moments de guerre et nos instants de tolérance mutuelle.
***- Pourquoi ça ?

***Delacroix sembla goûter la question.

***- Vous êtes un Belmont, Domian. A vous de me le dire.
***Sa voix est plus jeune. Je l’observe du coin de l’œil alors qu’il regarde le tableau.
***Peut-être est-ce la lumière, mais j’ai l’impression de voir un cadavre vivant, avec des yeux morts et pourtant brillants d’une flamme intérieure, rouge sang.
***Je me rends compte aussi qu’il me dépasse maintenant de quelques centimètres. Ce n’était pas le cas avant. Ou bien ai-je rêvé ?
***- Les bois sont à vous ? dis-je pour changer de sujet.
***- Oh ! répond-il avec un sourire étrange. Oui, ils sont à moi, comme tout ce qui s’y trouve.

***Je n’apprécie qu’à demi la plaisanterie et le message qui s’y trouve. A chaque minute qui passe je me sens davantage méfiant et davantage en cage. Mais la curiosité et la peur du dehors me poussent à rester ici, même si je sens qu’à chaque seconde, un étau que je ne vois pas se resserre un peu plus.
***- Et (je déglutis péniblement) saviez-vous que vous aviez des loups ?
***A cette remarque, le vieil homme, qui ne paraissait plus aussi vieux qu’avant, rit comme à une bonne blague. Il a l’air plus vigoureux et beaucoup moins gâteux tout à coup.
***- Jeune imbécile. Il n’y a qu’un loup par ici, et heureusement pour vous !
***Là, le menaço-mètre explose. Je n’ose même pas jouer l’invité outré. Je me sens comme une proie. Petit à petit, grâce à la peur peut-être, des éléments s’imbriquent et de minuscules portes dans mon cerveau s’entrebâillent.
***- C’était votre loup.
***- On peut bien dire ça, Domian. Venez, retournons à mon bureau.
***Son ton est plus amical, plus familier. Quel sale tour me joue-t-il ?

***Glissant un bras autour de mes épaules, il m’emmène vers le grand escalier. Sur le chemin, je revois la peinture avec un homme et une femme au premier plan. C’est Delacroix. Au fond du paysage, je ne peux le distinguer mais en suis certain, c’est mon grand-père. Un bijou brille sur son torse.
***Quand nous nous réinstallons, un costume neuf m’attend et il me laisse me changer. A peine revêtu, il entre.
***- Vous êtes impeccable, mon brave ! Impeccable ! Dites-moi Domian, votre père ne vous a-t-il jamais parlé de moi ?
***- Pas à ma connaissance, dis-je sur la défensive.
***Pourtant, je sens que si, et ce léger doute en moi le fait ciller. Son œil brille d’un regard nouveau, à l’affût, celui d’un chasseur. Cet homme fait quinze ans de moins qu’à mon arrivée !
***Son visage est dur lorsqu’il reprend.
***- Je crois que c’était la question de trop.
***Sans pouvoir me l’expliquer, je sens que ma vie se joue sur un fil. Cet homme me terrifie, cet endroit me terrifie, je ne sais pas quoi répondre.
***Il me regarde et je n’ose pas détourner mes yeux de lui, comme un lapin qui attend le verdict d’un loup. Je colle mes mains de long de mon corps, pour cacher leur tremblement.
***Le silence s’installe. Un silence pendant lequel mon hôte semble hésiter sur la démarche à adopter avec moi.
***Je suis en sueurs. Je crois que son nom commence par un V. Mon père a finalement du m’en parler un jour. Certainement.

***Puis vient le verdict, d’une voix sombre dans laquelle suintent la menace et la retenue.
***- Il est temps pour vous de partir, monsieur Belmont. Ce petit jeu n’est plus amusant.
***Mais quel « petit jeu » ?! Qu’est-ce que je lui ai fait ? Mais qu’est-ce qu’il cherche donc chez moi ?
***- Une voiture vous attend. Partez avant que je ne change d’avis !
***Je veux partir, c’est mon seul désir depuis le début, mais il dégage une aura qui me cloue sur place. Je veux décamper, mais je n’y arrive pas.
***- Partez !
***Sa voix résonne et semble amplifiée par je ne sais quel phénomène. Mon corps réagit un peu.
***- PARTEZ !!
***Je pars en courant. J’emprunte le couloir mal éclairé, débouche sur le grand hall. Panique est le mot qui résume tout mon être en cet instant. J’arrive à la grande porte que j’ouvre et ne referme même pas dans ma course. De l’extérieur je l’entends encore hurler comme un forcené.
***« PARTEEEZ !!! »

***Je cours, passe la grille, une voiture m’attends. Un taxi ! J’ouvre la portière arrière, m’engouffre à l’intérieur et sans un mot d’échangé avec le chauffeur, elle démarre. Jetant un dernier regard vers le manoir étrange, j’aperçois encore la porte, ouverte, et une forme sombre la traverser. Puis elle se referme.
***Il n’est que vingt heures mais il fait nuit noire ici, dans cette forêt maudite.
***Sur le dos du siège passager je vois la carte du taxi. Quand Delacroix l’a-t-il appelé ?
***- Où dois-je vous déposer, monsieur ? me demande le conducteur d’une voix calme et mélodieuse.
***- Paris centre. Où vous voulez.
***Autour de nous, la brume s’élève à nouveau mais le jeune homme au volant ne semble pas gêné par cela.
***Je le regarde dans le rétroviseur et distingue ses traits fins et harmonieux. Un bel homme qui doit faire tomber toutes les filles sans même avoir à ouvrir la bouche.
***Il rit. Pourquoi ? Ai-je pensé à voix haute ?

***Petit à petit, je retrouve mon calme et ma lucidité.
***Je suis tombé sur un vieux fou et tout ce que j’ai vécu avant n’a servi qu’à me rendre complètement parano. Voilà toute l’histoire.
***Enfin, je souffle et expire toute la tension accumulée ces dernières heures. Je suis propre, je suis en vie, mon poignet a retrouvé sa place… Si ce n’était le vol de ma voiture, c’est comme si rien de tout cela n’était arrivé.
***J’entends un « bip » qui me tire un sourire. J’ai un message vocal ! Il y a du réseau ! « Bip ». Encore un. « Bip », encore un ? Je lance le répondeur.

***Premier message, reçu aujourd’hui, à 16h17 : Salut Domian, c’est papa. Ta mère m’a dit que tu avais un client du nom de Delacroix ce soir. Oublie ton dernier client et passe à la maison, s’il-te-plait. On a quelque chose à t’annoncer. C’est important. A toute à l’heure.
***Mon père parle très calmement, pourtant je reconnais de la nervosité dans sa voix.

***Deuxième message, reçu aujourd’hui, à 18h03 : Domian, si tu n’es pas encore arrivé, rebrousse chemin et viens à la maison tout de suite !
***Son ton a nettement changé et cette fois j’entendais ma mère qui sanglotait à l’arrière, affolée.

***Troisième message, reçu aujourd’hui, à 18h31 : (cette fois le ton de mon père est plus que pressant. Il crie presque dans le téléphone et ma mère pleure à côté du téléphone) Domian on ne t’a expliqué certaines choses sur notre famille. Si tu reçois ce message à temps, je t’en prie, rentre !
***Je n’ose écouter le quatrième mais il s’enclenche automatiquement. Je suis cloué à mon siège, tétanisé par la peur que j’entends chez mes parents.

***Quatrième message, reçu aujourd’hui, à 18h52 : Domian, fait mon père d’une voix grave et soucieuse, si c’est encore toi qui écoute ce message, n’écoute pas le prochain.
***Mais c’est plus fort que moi.

***Cinquième message, reçu aujourd’hui, à 18h53 : Vlad, il n’est au courant de rien. Tu m’entends ? Il ne sait pas ! Nous l’avons préservé ! Nous n’avons pas brisé la trêve, tu comprends ? Il n’a pas à payer pour nos querelles passées ! Ne lui fais rien, si tu touches à lui il n’y aura plus de cessez-le-feu, crois-moi ! Et le clan Belmont te chassera jusqu’à la fin cette fois ! Tu m’entends ? Crois-moi, on te donnera la chasse !
***Fin des messages.


***J’ouvre de grands yeux ronds en l’entendant parler des Belmont. Le ton de mon propre père me fait peur. Plein d’une haine que je n’avais même jamais soupçonné chez lui et d’une menace qui, à l’évidence, n’était pas des paroles en l’air.
***Soudain, je me prends à considérer mon propre père comme un inconnu. Qui est-il donc pour dire des choses comme ça ?
***Il a dit qu’il s’appelait Vlad.

***Je prends mon portable et vais sur internet. Je tape les mots qui me passent par la tête : Vlad comte Delacroix loup brume jeunesse clan Belmont.
***Résultat de la recherche : plusieurs pages s’inscrivent sur mon écran et en vrac je lis :
***…Comte Vlad Țepeș II (1397-14…
***…Créature du diable.
***…peut se transformer en loup, en chauve-souris, en chien, en brouillard…
***…capable d'hypnotiser ses proies et de se dédoubler, maître des illusions…
***…témoignages décrivent comme un homme séduisant…
***…le clan Belmont est l’ennemi juré de…


***Mais qu’est-ce que c’est que ce délire ?
***Je relève les yeux et constate que le conducteur me regarde d’un air avide. Je regarde au dehors. Toujours cette brume épaisse. Comment mon conducteur fait-il pour voir dans cette purée de poix alors que moi-même je ne voix pas le bout de la voiture ? Sommes-nous seulement toujours dans la forêt ?

***Je jette un œil derrière moi. Le brouillard s’est écarté sur notre passage et je vois, au loin, une créature puissante nous suivre et nous rattraper.

***- Vlad… laissé-je échappé malgré moi.
***- Oui ? fit la voix agréable du conducteur.

***Elle nous rattrape…
***A moins que ce ne soit nous qui ralentissions.


***




A l’attention de Gabriel Belmont,

La trêve a été rompue suite au meurtre de Domian Richter,
membre du clan.
Les Belmont et les Van Helsing sont appelés à reprendre les armes.

Grand Maître de l'Ordre
Docteur Abraham Van Helsing.


FIN

***


Dernière édition par Myrien le Jeu 17 Mai - 22:35, édité 2 fois
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Mnémosyne

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MessageSujet: Re: Brume    Jeu 17 Mai - 14:18

Parfois, j'ai l'impression que tout est un peu trop précipité...Et puis, les moments où il ne sait pas vraiment pourquoi il fait, et pourtant il le fait me gêne un peu. Dom' est peut être un peu dépassé, perturbé parce ce qui se passe, peut être est-il complètement à l'ouest du fait des évènements mais...Je pense qu'il a eu le temps de se reprendre et les petit "mon nom c'est pas Belmont mais je répond oui" sont peut être...Arf je sais pas trop comment expliquer, en espérant que tu captes ce que je veux dire -_-. Mais peut-être est-ce aussi parce qu'il n'a pas vraiment le choix. Mmm...
AH NON ATTEND, j'ai rien dit. D'habitude, je commente tout en lisant, j'ai commencé à faire ça, en écrivant ce début de commentaire, et puis j'ai décidé de tout lire, au cas ou...Et le cas ou est arrivé. En fait, il explique ses réactions par la paranoïa de ce qui lui ai arrivé, alors autant pour moi, oublie. Je laisse tout de même. Et puis en plus, après, quand j'ai lu le mot "Vlad", je me suis dit...AAAH t'es conne Fanny, il doit avoir THE don d'hypnose, si c'est le Vlad que je pense (la suite me l'a confirmé).

J'aime bien le "menaço-mètre".

J'ai toujours du mal à citer, alors je vais juste dire : dans le troisième messages du peur, il manque un "pas", "on ne t'as pas expliqué certaines choses.."
Et aussi, vers la fin, dans la question qui commence par "comment mon conducteur" et qui demande comment il voit dans cette purée de pois, tu as écrit "Je ne voix"...C'est un "s" non ? Pas un "x" ? ..

Oh non...Ok, là, tu m'as eu au "Docteur Abraham Van Helsing" ...J'ai toujours été une énorme fan de tout ce qui se rapportait à ce personnage ! (comme le confirme ma passion pour les films de La Hammer).
MAIIIS ...je suis pas sûr d'avoir comprit. Van Helsing, c'est un...méchant ? Un du côté de ce Vlad ? Parce que, dans ce que j'ai capté, les Belmont sont ceux qui ont chassé Tepes et...Mmm...Peut être est-ce juste moi qui suis à l'ouest, ou qui est trop encré dans ce que j'aime dans ces histoires ^^'.
...
Sinon, si c'est genre Vlad Van Helsing, je me dois de crisser des dents. Van Helsing, quand j'ai vue son nom, je me suis justement dit qu'il devait être chez les Belmont, sachant que son plus grand ennemi est Dracula Aka Vlad Tepès...Hum. mais j'ai peut-être juste mal comprit UxU".


Sinon, pour l'histoire en elle même, je t'avoue que je ne m'attendais pas à ça. Je m'attendais bien à un vieux bizarre qui était en fait un monstre et tout, mais pas à ce que tu te lances du côté de "Vlad", j'ai beaucoup aimé.

Pour résumé : Toute cette nouvelle m'a beaucoup plut, alors un énorme G.G, et pour l'histoire et la qualité d'écriture, et pour ton succès dans une première aventures dans "l'horreur".


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Myrien
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MessageSujet: Re: Brume    Jeu 17 Mai - 14:31

Aïe, je me demande si j'ai écrit quelque chose de totalement incompréhensible, là.
Spoiler pour Mnémosyne :

Spoiler:
 

C'était vraiment incompréhensible ???

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Azraël

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MessageSujet: Re: Brume    Jeu 17 Mai - 15:12

J'ai nettement plus apprécié cette troisième partie que les deux autres. Bien plus dynamique, plus rythmée, et les émotions du protagoniste sont très bien retranscrites...
Par ailleurs, la révélation est bien amenée. Les messages, la recherche Internet... Même si, personnellement, je me suis douté que le chauffeur de taxi était louche, cela n'a gâché en rien ce moment qui est très bien décrit. La fin ouverte est, quant à elle, excellente. L'utilisation des vieux mythes avec plus de modernité est quelque chose qui me plaît beaucoup et c'est très bien fait ici.
Bonne conclusion, donc !

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