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 Angst

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BlutEngel

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MessageSujet: Angst   Dim 8 Juil - 2:08

Bonjour, je viens d'écrire ce texte. Je voulais faire partager sur le forum pour savoir ce que vous en pensez sur la forme et le fond.
Bien que je sois aux aguets au niveau des fautes syntaxiques et autres, il se peut qu'il y en ait qui m'aient échappées. L'heure n'arrange rien. Kiitos d'avance de me lire. N'ayez pas peur de me rentrer dedans. J'ai vraiment besoin d'un regard neutre et réfléchi.




Je pleure. Encore. De grosses larmes douloureuses roulent sur mes joues cireuses. Je gémis de douleur. Je hurlerais bien, parce que ça me compresse de l'intérieur. Cela m'étouffe. Mais je ne peux pas hurler en l'état actuel des choses. Il est juste trois heures du matin. Tout le monde dort autour de moi. La nuit est bien silencieuse. Je n'entends aucun bruit, mis à part mes gémissements entrecoupés de ma respiration anarchiste. Je fais une crise d'angoisse par dessus le marché. J'ai peur de la nuit, bien que j'en sois également fasciné. Une attirance-répulsion assez déstabilisante. Ce dont j'ai le plus peur est le silence de la nuit. Le silence me tue. Il m'oppresse. Il repose en temps normal. Certaines personnes lui disent amen à cause du trop plein de cette vie sociétaire dans laquelle nous vivons. Moi non. Il me faut créer du bruit pour rassurer cette fichue partie irrationnelle de mon cerveau. Je n'aime pas dépendre du non concret, de l'irrationel. Du palpable en somme. Mais pourquoi suis-je en train de pleurer tel un enfant qui a peur du noir à force de lui avoir raconté des salades dans lesquelles il y avait des monstres sous son lit? Hein? Pourquoi, si je ne peux blairer l'émotion et toute la clique qui va avec? Il n'y a qu'à voir mes bras. Il fait noir. On ne peut les voir. Puis, si seulement cela pouvait justifier mes larmes, les choses seraient simplifiées au plus haut point. Non, ce n'est pas aussi facile. Je ne suis pas facile. Je suis un casse-tête ambulant, un emmerdeur pathologiquement parlant. De premier ordre. Mon existence affecte autrui de manière négative. Qu'ai-je pu faire/être pour en arriver à interagir (de manière passive, étant donné que le relationel est presque inexistant) de la sorte? Hum?
Je pleure toujours. Cette douleur ne s'éteindra pas. Jamais? Je n'en peux plus, pour la 327ième fois peut-être. Je ne compte plus depuis que j'ai huit ans. Et des brouettes. A quoi bon? Mon dossier médical le sait mieux que moi. Je ne respire plus. Ma crise d'angoisse est à maturité. Je me crispe encore plus, sot que je suis de suivre des réflexes automatiques qui n'aident pas à la situation actuelle. Le cerveau a une marge d'erreurs, je le savais bien. Or, ce n'est pas le moment de réfléchir, même si j'aime cela, mais bien celui de me forcer à respirer!
Je compte dans ma tête. Oui, les techniques respiratoires que l'on apprend au yoga sont celles sur lesquelles je m'appuie de manière rationnelle pour vaincre cette crise. Si je ne pense pas concret, je suis perdu. Ah! Je le suis déjà. Enfin, vis-à-vis de l'angoisse.
Je pense. De manière brouillonne. Mon système a des ratés ce soir, ou plutôt ce matin.
Je respire de nouveau. Je tremble par l'effort fourni, en dehors des effets de la crise d'angoisse.

Je me lève. Sans allumer aucune lampe, je me dirige vers la salle de bains, mes pieds nus appréciant le froid du carrelage. Une fois à destination, j'allume la pièce et vois mon reflet à travers le miroir. Je ressemble à un cadavre: cernes noires, peau blanche comme un cachet d'aspirine, émacié, regard éteint, cheveux dans tous les sens. Serais-je une allégorie? Je ne sais pas. Je ne pense pas. Je me suis toujours vu ainsi. Un cadavre vivant. Un sordide paradoxe.
J'ouvre le robinet d'eau froide et lave mon visage avec mes mains formant une cuvette. Cette sensation sur ma peau me frappe et me glace les sangs, littéralement. J'en ai la chair de poule. Il doit faire seize degrés. Je m'en fiche. Tant pis si je suis malade. Il y a des choses que je ne prends pas note. Je me fixe de nouveau. Je me hais. Je hais cet être là, en face de moi. Il me révulse. J'ai bien envie de casser le miroir de la seule force de mon poing. Le ferai-je? Oserai-je? Partirai-je dans un pétage de plombs?
Cela doit faire deux minutes que je reste planté à me regarder comme un gros benêt. Je me contiens de toutes mes forces, mais cela me fait mal. Je dois évacuer. Je n'ai pas le choix. Cela doit sortir. Par n'importe quel moyen. Je jette un coup d'oeil vers la baignoire. Ici?
A ce point?
Je ne sais pas. Je retourne dans ma chambre. Cette fois-ci, je suis en mode automatique. Ce n'est ni raison, ni émotion. C'est un état purement mécanique. Une pulsion? On pourrait l'interpréter ainsi. Je me trompe sans doute. Sur tout. Sur moi. Si c'est le cas, je me trompe également sur la notion de vivre.
Je sors mes médicaments soigneusement rangés. Je les balance sur mon lit, en vrac. Plus il y en a, mieux c'est. Si je dis que c'est mordant de partir sur un délire, je serais déjà enfermé en hôpital psychiatrique. Je prends des pilules ici ou là et les ingère, dans la plus grande indifférence. Le délire arrive tantôt. Je sens le monde partir, vriller vers quelque chose d'onirique et effrayant à la fois.
Je sens néanmoins un vide. Je sais ce à quoi c'est du. La douleur ne se tait pas pour autant. Je me lève comme je peux dans mon état. Je trébuche sur un des nombreux tas de livres qui se trouve sur le sol. J'en ris. Je suis bien défoncé.
Je cherche à tâtons des objets coupants: ciseaux, couteau ou lame. Qu'importe. Je ne me souviens pas de ce que je possède. Je tombe d'abord sur un compas. Ah? J'en avais un? En attendant, je me sers de la pointe qui le fixe sur la feuille pour soulager ma douleur. Malheureusement, je suis vite en manque du coupant. Alors, je continue. Je désespère. J'en pleure même, comme un pauvre camé le ferait pour sa drogue chérie. Enfin, je trouve. Je soupire. J'entame mon bras.

Soudain, la porte de ma chambre s'ouvre brusquement et on allume. La lumière me tue les yeux.
Ma tante est au seuil, affolée ou je ne sais quoi. Elle reste plantée sur place. Je dois avoir une tête qui lui fait peur. Comme d'habitude.
Dans mon cerveau, au milieu de pensées ô combien barrées, je me dis que j'ai du faire du bruit.
Même pas le temps de le savoir, je tombe dans les pommes. Les médicaments? L'automutilation? L'insomnie? Les trois?

Le réveil est difficile après une tentative de suicide. Enfin, je ne considère pas mes régulières prises de tête personnelles comme telles, mais du point de vue médical, ç'en est une.
La lumière blafarde d'une chambre d'hôpital brûle mes paupières. Le bruit autour de moi finit par assaillir mes oreilles. Je sens peu à peu tous les muscles de mon corps. Cependant, je n'ai pas envie de signaler que je suis de nouveau parmi le réel. Je n'en veux pas de ce monde. Je ne veux pas de cette vie. Je ne veux pas de ma vie. LA VIE.
J'ai mal. Encore. Toujours. Cette douleur ne s'éteindra donc jamais? Seize ans qu'elle me ronge...
J'ouvre les yeux. Ils sont là, fidèles au rendez-vous. Mon oncle et ma tante. Ils sont graves. Ne savent plus comment réagir. Je vois de la peine. Beaucoup de souffrance. Pour moi? A cause de moi? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je suis perdu. Un sale idiot. Un ingrat. Une plaie.
Je me hais.

Le psychiatre du service qui a accepté de me parler cherche à comprendre. Il me pose des questions. Je reste emmuré dans un silence que j'ai choisi. Celui-ci ne me fait pas peur. Je le contrôle. J'ai juste envie qu'il prenne connaissance de mon dossier. Toutes les réponses sont dedans. Mais, il ne lâche pas l'affaire, le bougre. Il en a vu des types comme moi. Il va me faire plier. Il va y arriver, je le sais. Je suis juste curieux de savoir comment. Satanée raison de mes deux , qui part en vrille n'importe comment! Comme si c'était le moment! Je secoue la tête. Parle. Parle. Lâche.
Est-ce que je veux m'en sortir? Oui? Non? Je ne sais plus.
Puis, une voix me semblant lointaine dit:
- Mes parents sont morts quand j'avais huit ans.
Je réalise plusieurs secondes après que cette voix est la mienne.
Il me garde une bonne heure. Une vraie torture. Bien fait pour ma gueule.
J'ai soif. J'ai envie de fumer. Je veux sentir le vent froid me parcourir le corps.
Je me contente d'un changement de service. Bienvenue en psychiatrie et psychologie médicale!
Re-re-re[…]bienvenue serait plus correct. D'ailleurs, il y en a qui me reconnaissent. Bonjour. Non, je ne réponds pas. Ce fut déjà exceptionnel que je parle avec une même personne, enfermé seul avec, et pendant plusieurs dizaines de minutes. Chambre 952, simple. Parfait. La sécurité placée à la fenêtre me fait toujours autant marrer. Deux infirmières me font le topo habituel. Je le connais. Je m'ennuie. Elles me laissent finalement. Je m'allonge sur le lit, comme un dépravé. L'appel de Morphée est plus fort que tout. Ce saligaud qui m'avait boudé quatre jours d'affilée. Je m'endors.

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MessageSujet: Re: Angst   Lun 9 Juil - 0:19

Dormir, ou s'assoupir, au mauvais moment nous afflige toujours d'un réveil brutal, causé par autrui. Et nous sommes de très mauvais poil. C'est pire quand on est un insomniaque comme moi, qui dort quand ça peut.
A peine ai-je entamé mon premier cycle de sommeil profond que je sens la main du Temps Rél me prendre par l'épaule pour me secouer, pauvre larve que je suis, et me percer les tympans d'un doux et mélodieux: "Monsieur, ce n'est pas le moment de dormir!"
Je repousse les bras de Morphée, dépité, et une folle envie de le faire payer m'assaille. Mes yeux, embués d'un sommeil jeune, fusillent du regard la pauvre infirmière qui se contente de faire son travail. J'en ai marre de réagir au quart de tour. Je tente de rattraper le coup tout penaud que je me fais.
- 'Scusez-moi, je ne dors pas trop alors...
Oui, je suis doué. Ele me sourit, enfin je crois, mais ne s'avoue pas touchée par un tel aveu.
- Il y a des horaires à respecter. Si vous dormez aux heures des prises de médicament et de repas, ce sera bien fait pour vous.
Génial! Je suis tombé sur une de celles qui sont au bout du rouleau. Puis, rien à cirer de rater les médicaments et la bouffe. Néanmoins, pour ne pas l'énerver, je tente un sourire désolé à son encontre. Mes talents là dessus sont également limités, puisquelle sort de ma chambre ennroulant les yeux. Mon répit ne dure quelques secondes. Elle revient avec une collègue. Je vois l'attirail qu'elles ont pris. Et en trois secondes, je suis allongé, et elle me cherche une veine à piquer. Et vas-y, tape-moi le bras en marmonnant que j'ai des vaisseaux sanguins de gosse, hyper pénible à choper!
- Bon, je vais tenter de piquer...
Was?? Et l'autre va la laisser faire? Au secours! J'exagère quand même. Je serre les dents. Elle essaie une.première fois. Elle échoue.

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MessageSujet: Re: Angst   Lun 9 Juil - 0:47

Dormir, ou s'assoupir, au mauvais moment nous afflige toujours d'un réveil brutal, causé par autrui. Et nous sommes de très mauvais poil. C'est pire quand on est un insomniaque comme moi, qui dort quand ça peut.
A peine ai-je entamé mon premier cycle de sommeil profond que je sens la main du Temps Rél me prendre par l'épaule pour me secouer, pauvre larve que je suis, et me percer les tympans d'un doux et mélodieux: "Monsieur, ce n'est pas le moment de dormir!"
Je repousse les bras de Morphée, dépité, et une folle envie de le faire payer m'assaille. Mes yeux, embués d'un sommeil jeune, fusillent du regard la pauvre infirmière qui se contente de faire son travail. J'en ai marre de réagir au quart de tour. Je tente de rattraper le coup tout penaud que je me fais.
- 'Scusez-moi, je ne dors pas trop alors...
Oui, je suis doué. Ele me sourit, enfin je crois, mais ne s'avoue pas touchée par un tel aveu.
- Il y a des horaires à respecter. Si vous dormez aux heures des prises de médicament et de repas, ce sera bien fait pour vous.
Génial! Je suis tombé sur une de celles qui sont au bout du rouleau. Puis, rien à cirer de rater les médicaments et la bouffe. Néanmoins, pour ne pas l'énerver, je tente un sourire désolé à son encontre. Mes talents là dessus sont également limités, puisquelle sort de ma chambre ennroulant les yeux. Mon répit ne dure quelques secondes. Elle revient avec une collègue. Je vois l'attirail qu'elles ont pris. Et en trois secondes, je suis allongé, et elle me cherche une veine à piquer. Et vas-y, tape-moi le bras en marmonnant que j'ai des vaisseaux sanguins de gosse, hyper pénible à choper!
- Bon, je vais tenter de piquer...
Was?? Et l'autre va la laisser faire? Au secours! J'exagère quand même. Je serre les dents. Elle essaie une première fois. Elle échoue. Une deuxième. Idem. Elle va tâter l'autre bras. Bizarrement, je m'adresse à Jésus (lui aussi a eu des soucis niveau... accrochage) et lui supplie de faire voir une belle veine et qu'elle ne la rate pas. Je doute fort qu'il m'ait entendu, mais cela fonctionne. Mon bras gauche est mon héros du jour.
Adieu, quatre cent millilitres de mon sang. Eclate-toi bien dans ces super manèges. Je débloque.
Je ferme les yeux tandis que les deux infirmières s'en vont. Je n'ai pas envie de bouger. Je n'ai qu'une envie: retrouver mon cher Morphée. Cela se fait sans peine.

Ce qui énerve les soignants qui me suivent est que j'ai envie de.prendre l'air au moment où j'ai rendez-vous avec eux. Tous ne comprennent pas que c'est parce que je flippe de rester cloîtré trois plombes à parler. Parler. Non, personne ne saisit.
Je suis dans le parc de l'hôpital, loin de tous. Je savoure l'air qui danse avec mes cheveux. Je crois que je souris. Le pied. Je me sens libre. Oppressé par rien. Je suis assis dans l'herbe. Mes doigts jouent machinalement avec. J'ai bien envie de grimper dans les arbres. Je me contente d'une cigarette. Ce sont le infirmières du service qui ont mon paquet. Et surtout mon briquet. Ce n'est qu'un détail. Il suffit de trouver un autre fumeur et l'affaire est réglée.
J'entends des oiseaux. Plus loin, bien moins naturel, le tramway et les voitures qui circulent dans le parking. Je leur fais la sourde oreille. Je m'étends, clope au bec, les yeux se perdant dans l'infini céleste. Fixer les nuages en perpeétuel mouvement me fait tantôt percher. J'adore leur donner une forme et partir loin de ce monde. Ne plus être face à cette toute-puissance. Je sens mes tripes se tordre de douleur. Je ne peux profiter d'un agréable instant bien longtemps.
Je me redresse, cherchant à définir quel type de douleur est-ce.
Ils me manquent. Toujours avec la même intensité.
Maman, je voudrais me réfugier à nouveau dans tes bras. Berce-moi, rassure-moi.
Une larme roule sur ma joue. Mon coeur se pince. Je sèche cette démonstration émotionelle d'un coup de paume. Oui, les hommes pleurent. Ce n'est pas exclusif aux femmes. Le chant des oiseaux redevient un bruit de plus à subir et encaisser. Les gens me semblent trop proches à mon goût.
Parfois, je me dis que pour être tranquille, il me faudrait vivre en ermitage.
J'ai encore une semaine à tuer dans cet hôpital.

Otez-moi la subite idée qui vient de germer dans mon esprit.

Arrête de ne penser qu'à t'auto-détruire.

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MessageSujet: Re: Angst   Lun 9 Juil - 16:12

Je viens de lire le premier de tes trois textes. Je me suis rendu tout de suite dans le cadre de la réponse instantanée pour poster ma réaction. Je ne voulais pas être influence par les commentaires des autres.

Puis j'ai découvert qu'il n'y avait aucun autre commentaire. Suis-je dans la mauvaise section ?

Pour en revenir a mon ressenti : j'ai eu un apriori en voyant ces gros blocs qui ressortaient mal à l'aperçu. Non pas que cela me dérange de lire de gros blocs mais la présentation repoussait.

En tout cas, j'ai beaucoup aime le mélange entre le "je", les phrases courtes et les gros blocs. Ca donne une atmosphère qui est celle de la tristesse, de la maladie. De noirs sentiments.

Je me sentais même "tire" quand les phrases devenaient plus longues. Comme si je souffrais en même temps que ton personnage. J'ai eu l'image d'un crochet tirant la peau.

A part cela, je n'ai pas de critiques a faire. Je crois, excuse-moi, que je n'ai pas envie de réfléchir et de replonger dans la misère et la maladie de ton texte. (La fainéantise est l'ennemi de la critique...)

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MessageSujet: Re: Angst   Lun 9 Juil - 17:58

Kiitos Smile

Tu es bien le premier à avoir lu.

Alors, la mise en forme.... j'avoue que je ne suis guère douée là dessus. Je ne sais pas quand aérer, tout ça. Je fonctionne à l'instinct.
Pour le fond: kiitos. Cela me touche. Je conçois que c'est... noir. Qui a envie de le lire tous les jours? Pas grand monde.

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MessageSujet: Re: Angst   Lun 9 Juil - 19:36

Je viens de lire le deuxième texte (je garde ainsi le suspens le plus longtemps possible et me donne l'occasion de critiquer morceau par morceau).

Je suis sur ma faim. Ta façon d'écrire est maladroite dans ce deuxième texte. Je ressens pourtant une tournure de phrase qui pourrait me faire rêver. Je veux dire, je ressens une certaine beauté que j'apprécie dans les mots mais... je trouve qu'elle est enfouie sous des structures bancales. Je pense même au mot "enfantine".

Citation :
A peine ai-je entamé mon premier cycle de sommeil profond que je sens la main du Temps Rél me prendre par l'épaule pour me secouer, pauvre larve que je suis, et me percer les tympans d'un doux et mélodieux: "Monsieur, ce n'est pas le moment de dormir!"

Je parlais par exemple de ce passage-là. Je dois surtout apprécier ton texte par son aspect noir et onirique.

J'aime quand c'est noir.

J'aime encore mieux quand c'est lyrique et noir.

Je n'arrive pas à trouver ce qui manque. Je ne pense pas que c'est de la fluidité puisque, plus je relis ce passage, plus j'ai l'impression que c'est bien écrit, que c'est bien rythmé. Je me pose alors la question : qu'est-ce qui m'a gêné à la première lecture ? Pourquoi ai-je éprouvé un blocage ? Je pense alors à échanger, à intervertir les mots "sommeil" et "profond" mais ce ne peut être cela. Je ne pense pas que ce texte souffre de quelques mots intervertis.

En espérant t'avoir aidé à entrapercevoir des pistes de réflexions.

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MessageSujet: Re: Angst   Lun 9 Juil - 23:42

Je pense savoir ce que tu veux dire. Mon père m'en fait la.réflexion parfois. Mon apprentissage de l'anglais pâtit sur le français également. Je vais y remédier tantôt.

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MessageSujet: Re: Angst   Lun 23 Juil - 4:56

(Suite)

Il y a des moments où je me sens comme tiraillé de l'intérieur. Comme quand tout devient confus dans ta tête et que plusieurs tendances fortes s'arrachent le droit d'être la pensée unique. Au point de ne plus savoir. Je hurle. Mentalement. Les choses me paraissent lointaines, inconnues. Pourquoi dire bonjour? Pourquoi répondre? Pourquoi afficher un sourire affable dès qu'on m'adresse la parole?
A quoi cela sert-il?
Ah! La politesse. L'éducation. Survivre en société. Je survis tout court pour ma part. Que c'est affligeant à leurs yeux. Je hurle de nouveau dans ma tête. Je n'ai pas parlé depuis deux jours. On ne veut pas me faire sortir de l'hôpital parce que je ne joue pas le jeu. C'est surtout que je ne donne aucun signe encourageant indiquant que je veuille m'en sortir. Non. J'ai arrêté de croire en de telles chumères. J'ai abandonné une lutte vaine. Ma vie est caduque depuis le début.
Je me tiens la tête entre les mains. Si je n'arrive pas à me contenir, je suis bon pour le secreur fermé, et là donc, j'en ai pour un mois facile. Les larmes sortent toutes seules, en silence. J'essaie de fixer un point imaginaire sur le mur blanc en face de moi pour me maîtriser.

Non, je ne suis pas fou. Je ne peux supporter certaines situations. Mais comment le faire comprendre à certaines personnes? Celles que l'on dit normales. Honnêtement, que dire, que faire, lorsqu'on dit qu'on ne peut regarder quelqu'un droit dans les yeux, tenir une conversation en bonne et due forme, supporter le contact d'autrui, que les bruits nous sont insoutenables...? Et j'en passe. Qu'on me le dise.
Non, on oublie -ils oublient- bien vite certains aspects de ce qui me caractérise. Beaucoup trop vite à mon goût.

Je gémis, à défaut de hurler. Mes yeux rougissent. Je me tords de douleur psychique. Si je pouvais cracher toute cette bile que j'ai en moi, cela me ferait le plus grand bien. Or, je ne peux pas. Je pourrais, en parlant. Je n'aime pas ce procédé.

Une infirmière entre. Elle me regarde, coîte sur le seuil de la porte. Voir un gars déglinguè de l'intérieur gémir pleurer en silence et, maintenant, se balancer d'avant en arrière sur son lit d'hôpital doit être secouant. Heureusement pour elle, je cesse tout ceci en l'ayant entendue violer mon espace vital. Pour la préserver, sans doute. Je ne sais pas trop. Je ne lui jette pas un seul coup d'oeil. J'attends. Mais tire-toi! Ta présence m'encombre.
Elle me demande si je prends bien mes médicaments. Si j'ai besoin de voir un psychologue. Tout le tintoin. Je ne lui réponds pas. Elle s'en va, exaspérée. Je le sais pas par le long soupir qu'elle lâche à tout bout de champs. Là, si j'ai envie de hurler, c'est à son éard. Malheureusement, je ne parle plus. Enfin...Tout est relatif.

Je crois que le service entier en a marre de moi parce qu'elle est parti pour dégoter un psy de garde histoire qu'il me broie le cerveau à coups de sous-entendus aussi barrés qu'idiots -parfois. Il n'a pas l'air content lui non plus. Les gens comme moi, au bout d'un moment, on les fiche dehors. Ils occupent la.place de ceux qui veulent s'en sortir.
- Que se passe-t-il?
Personnellement, rien vu que je ne fais rien. Le rien peut être considéré comme le mal par moments.
L'infirmière lui explique la situation. Il hoche la tête, fronce les sourcils, m'observe. Je sens ses yeux me bruler la peau peu à peu. Ma respiration s'en voit coupée.
- Bon. Vous les prenez vos médicaments? Sinon, il ne faut pas chercher locin l'origine de votre attitude.
C'est comme s'il m'avait tué avec ses mots. J'ai bien envie de lui balancer à la figure que je n'ai pas envie de finir comme un légume dans.son potager qu'il cultive allègrement avec ses potes en blouse blanche. Que j'aime trop mon cerveau pour l'endommager. Je me contente de hocher en signe de dénégation come un minable. Non, je n'ouvrirais pas ma gueule. Soupirs en harmonie.
- Vous allez vous y mettre sérieusement, parce qu'il y en a assez de vos conneres d'ado prépubère.
Je ne plaisante pas quand je dis que je me mets tout le service à dos. Parce que je ne fais rien.

Je reste muet dans mon silence choisi. Je ne les regarde pas. Je dois capituler. Je n'ai pas le choix. J'acquiesce dans une impuissance trop bien connue. Au point qu'elle m'en donne la nausée. J'en pleurerais de dégoût si je le pouvais.
Là, les voyant s'en aller vers d'autres patients, j'ai un goût amer en bouche: celui de la prise de conscience des limites.
Stop. Arrête de faire le con. Voilà. C'est pas compliqué à dire. En même temps...Ai-je réellement envie de vivre?

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MessageSujet: Re: Angst   Lun 23 Juil - 14:57

Toujours aussi sombre ton texte. J'aime !

Mais c'est tout de même dommage que le contenant ne soit pas synchronisé avec le contenu. Un fond blanc et bleu comme celui que nous avons maintenant n'est pas correct avec ton texte. Il te faudrait quelque chose qui soit noir, sombre. Quelque chose qui pue la dégéneresence et le décomposition.

Mais bon, tu ne peux pas faire grand chose sur ce point.

Alors parlons de ton texte en lui-même.

J'ai été un peu déçu par les paroles du psy. Loin de moi l'idée de le faire parler par archétype, mais je trouve son langage un peu trop relâché. Il devrait y avoir peut-être quelques termes techniques ou un peu plus de langage soutenu pour le rendre plus intéressant je pense.

J'aime beaucoup le fait d'aborder ce qui est "normal" dans ton texte. C'est une grande question je pense. Mais la réponse n'est pas universelle. Elle est propre à chacun. La masse dominante règne. Les minorités doivent la fermer et se faire passer pour des fous ou des idiots. Si ce n'est pas les deux en même temps...

Une petite question pour toi. Le titre de ton texte "Angst", est un mot étranger ? Quelle est sa signification ? Peut-être est-ce le nom de ton personnage ou que la signification, la réponse sera apportée dans tes prochains textes ?

Continue sur ton texte ! Je lirais la suite à chaque fois.

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MessageSujet: Re: Angst   Lun 23 Juil - 15:41

Lycurge: pour le fond thématique du forum, je n'y peux rien en effet ^^.

Pour le psy.... Oui, je te l'accorde u_u". Faiblesse cérébrale à cette heure u_u". Je crois que je voulais dérouter en fait. Faire sentir au lecteur que le service entier en a marre de ce patient récidiviste, alors il ne parle plus de manière ampoulée ou comme un bon psy bien pro...mais un être humain qui atteint ses limites.... Enfin....

Angst signifie peur, angoisse en allemand.

Merci encore pour me lire!!

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Tom Hupet

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MessageSujet: Re: Angst   Lun 30 Juil - 8:30

Pour les fautes dont tu t'inquiètes tant, rassure-toi, il y en a peu et elles ne choquent pas.
Wink

Concernant la forme, tu attaques un sujet très difficile, mais que je trouve bien traité!
Même si, clairement, le personnage me parait trop jeune pour employer de tels termes.
Mais booon, ça, c'est une question d'appréciation personnelle ^^
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MessageSujet: Re: Angst   Lun 30 Juil - 10:01

Mon cher Tom, je soupire de soulagement. Néanmoins, j'ai corrigé deux ou trois fautes de moi-même. Je crois que mlagré tout, le dico de la grammaire française de mon arrière-grand-père va reprendre du service.

Merci.

Ah? Jsais pas, je parle comme ça et j'ai 22 ans ( souvent on me demande de parler comme tout le monde, mais je ne suis pas tout le monde. Breeeeef). Enfin... là en plus j n'ai aucune influence, c'est du BlutEngel pur et dur (oui genre je lis Shakespeare, je parle comme lui tu vois?).

Bref.

Kiitos (merci) de m'avoir lue Smile

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MessageSujet: Re: Angst   Lun 30 Juil - 14:57

BlutEngel a écrit:
Mon cher Tom, je soupire de soulagement. Néanmoins, j'ai corrigé deux ou trois fautes de moi-même. Je crois que mlagré tout, le dico de la grammaire française de mon arrière-grand-père va reprendre du service.

Je dirai que c'est -peut - être, je ne sais pas- parce que les plus jeunes n'ont plus la volonté de parler d'une façon plus "jolie" à l'heure actuelle.
Si tu tiens ce language soutenu, je dis une chose => Respect, voilà quelqu'un qui sait manier et respecter la plus belle langue du monde!
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MessageSujet: Re: Angst   Lun 30 Juil - 15:03

Heu......jsuis une française qui parle mal le français u_u'' encore plus quand j'étudie....si tu m'entendais parler....du moins essayer de parler du français alors que j'ai tout le système idiomatique anglais dans la tête....et je fais souvent des erreurs, faut pas croire (noooon je ne donne pas l'impression d'être surprise d'avoir été complimentée sur ma langue).

Je ne fais pas la fausse modeste pour me faire mousser: j'essaie de parler bien mais j'ai beaucoup de problèmes d'expression. Bref...

Merci Tom.

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MessageSujet: Re: Angst   Lun 30 Juil - 15:05

Je connais ça...
Quand je lis des livres en anglais ou des gros PDF en anglais (concernant les araignées, le plus souvent!), j'en perds mon français. (Et mon latin et mon néerlandais. Dur, dur Razz )
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MessageSujet: Re: Angst   Lun 30 Juil - 15:09

Clair uwu''. Jsais plus parler l'espagnol depuis que j'ai commencé à faire ma licence xD et lire que des bouquins en anglais toute l'année, cela a un impact.

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MessageSujet: Re: Angst   Lun 30 Juil - 15:11

C'est indubitable Laughing
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MessageSujet: Re: Angst   Mar 31 Juil - 0:07

(Suite)

Les choses ne se déroulent pas tout à fait comme on peut le prévoir. Il y a toujours une marge d'imprévu dans nos plans, gestes ou parole. Surtout lorsque la raison nous échappe quelques instants et nous laisse seul maître à bord du naufrage qu'est notre vie.
La mienne s'est enfuie en douce quand j'ai commencé à faire tout ce qu'on me demandait sans me remettre en questions. Je m'étais mis à suivre les thérapies individuelle et en groupe, prendre mes médicaments sagement, sortir qu'aux horaires autorisés, jouer la carte du repenti. J'avais presque fini par y croire. Croire peut-être à une possibilité que je n'avais jamais osé songer.

Malheureusement, il y a UNE chose que je ne pourrai jamais éradiquer. Une maladie psychologique comme on dit autour de moi. Un fardeau mortel comme je la présente.
Bref. Une de mes peurs avait réussi à résister face aux calmants. J'avais beau être dans je ne sais quelle dimension, ne pas pouvoir me sécuriser dans le noir m'obsédait, au point de me faire remonter les bretelles par les infirmiers à chacune de leur ronde. Je n'y arrivais pas. Je ne tenais plus sur place. Je tremblais comme une feuille et gémissais. J'ai du me balancer d'avant en arrière. Je n'en ai plus le souvenir. Pleurer aussi.

Incapable de me calmer, on ne me donnait aucune lumière pour me rassurer que rien d'étranger allait me faire la peau pendant que j'aurais le dos tourné, je m'étais mis à marcher, piétinant presque, me tordant les mains d'anxiété, la sueur de langoisse me faisant rapidement coller mon pyjama contre ma peau diaphame, mes yeux lançant des regards frénétiques sur tout ce qu'ils pouvaient deviner pour en finir avec cela. Rien.
Rien. Rien. Rien.
Rien, rien, rien!
C'était comme si la folie s'était emparée de moi. J'avais commencé à frapper la table de mes poings. Puis, le mur, qui en fit péter mes métacarpiens. Sauf que cela ne semblait pas être suffisant puisque ma tête suivit le mouvement. Solution B pour me calmer: me blesser au point de me faire perdre connaissance. Les infirmiers m'avaient trouvé lors de la dernière ronde de la nuit.

Je suis au service fermé, là où on met les patients présentant des risques pour autrui et eux-mêmes. On m'a maintenu dans un état de légume pendant une semaine. Je me contentai de manger, boire, aller aux toilettes, prendre l'air lors des 20 minutes autorisées par jour de manière machinale.
Et là, cela fait deux jours que je pleure comme un enfant, tellement je me hais. Tellement je hais cette "maladie psychologique".

Parfois, j'aimerais être normal. J'aurais pu vivre certaines choses comme quiconque. Avoir une vraie vie sociale. Apprécier l'Humain comme il est vraiment.
Non. Quand on me touche, on m'agresse. Cela fonctionne ainsi dans ma tête.

J'ai progressé. Enfant, je croyais qu'on me tuait.

Je ne serai jamais normal parce que je suis né comme cela.

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MessageSujet: Re: Angst   Dim 12 Aoû - 13:34

Je n'ai pas de critique instructive à te donner. Mais j'aime toujours autant ! J'ai juste été surpris de le voir en mode "mouton". Mais le choix est bon. Il se laisse aller, il souffre d'une vie qu'il n'aura jamais, le noir le transforme en légume, etc.

Continue !

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Mon animal totem ? Le paresseux. Il doit dormir dans les 18-20h par jour. Son coeur doit battre genre 5 fois à la minute. Un exemple à suivre pour tous !!! tongue
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MessageSujet: Re: Angst   Dim 12 Aoû - 16:37

Merci beaucoup Lycurge!!

Tiens, c'est vrai ça... je crois que quoiqu'on fasse, on est un peu mouton, dans notre mode de fonctionnement, notre schéma type et visuel des idées du monde....

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MessageSujet: Re: Angst   Mar 14 Aoû - 1:14

- Que vas-tu faire en sortant d'ici?
Assise sur le fauteuil, nerveuse, elle tente de se montrer détachée, mais n'y parvient pas. Un long silence s'ensuit. Il s'épaissit. Les mots sont noyés dans ma gorge. Ils me la brûlent. J'ai honte avant même de répondre. Elle m'observe attentivement. Elle a l'air de deviner mes pensées, néanmoins, ce n'est que l'habitude de cohabiter avec moi qu'elle sait.
-Tu peux me parler. Tu n'as pas à avoir honte. Surtout avec moi.
Je contemple assidument mes mains. Je m'attarde sur l'éat de mes ongles, parfois rongés jusqu'au sang. Bien sûr que je peux me confier à elle.
Ma tante. Ma deuxième mère, quelque part. Je continue à regarder ces chers ongles, puis, j'essaie de répondre le plus intellegiblement possible:
- Je... Je ne sais...pas.
Ma voix est rauque. J'ai l'impression que j'ai avalé du whiskey d'un bon cul sec. Un sentiment de malaise m'envahit et m'engourdit les membres un à un, pour finir par paralyser mon cerveau. Puis, celui du vide enchaîne. Je ferme les yeux. Heureusement que je suis assis sur mon lit.

Elle reste muette. Elle sait que je sais ce qu'elle pense. Elle ne veut pas se répéter, perdre du temps, qu'on se prenne la tête. Il y a des moments où il m'arrive de souhaiter qu'elle me secoue comme un pauvre arbre fruitier. Non, elle est là, assise, à me sous-peser du regard.
Sincèrement, cela en vient à m'énerver. Je ne le montre pas. Je ne veux pas la blesser. Je me calme intérieurement.
- Je ne peux pas, dis-je dans un souffle.
Elle ne se retient plus.
- C'est toi qui t'interdis de tout. Toi seul. A partir d'un moment, tu es le seul à te bloquer.
Son intonation est bien calme en contraste de ses propos, qui ont l'effet d'un réveil brutal neurologique. Et cette vérité qui le lacère...
- Dès que j'essaie, on me tue... tu le sais!
Je la fixe, enfin. Ma colère monte par vagues.
- Alors ça ne sert à rien de prétendre quoique ce soit. Je préfère ne pas me bercer d'illusions.

Un nouveau silence s'installe entre nous. Nous tentons de ne pas reproduire ce qu'il s'était passé la dernière fois que nous avions discuté de la chose.
- Je reviendrai plus tard, finit-elle par lâcher.
Elle s'en va avant même que je ne puisse réagir.

S'entendre dire qu'on est une bouse monumentale ou qu'on fout en l'air nos capacités dans ded choses futiles ne nous aide pas. Ma vie n'est bercée que de ce genre d'idées de la part de mon entourage. Alors, oui, je m'énerve quand ma tante me demande ce que je ferai une fois sorti de l'hôpital.
Je sais d'emblée que je vais passer des jours et nuits entiers à ruminer tout cela: ma vie, mes échecs, mon avenir, mes peurs, mes illusions. Et quand je n'en pourrai plus, je recommencerai.

"Détachez-vous de votre famille. Vous êtes libre. Agissez comme tel."

Ah! Si les paroles si simples des psys reflétaient la complexe réalité de la vie!...

Non, je ne suis pas libre. De rien du tout. Je ne peux pas me détacher de ma famille. Je ne peux pas partir, les planter tous, même ceux que j'aime, pour soi-disant m'épanouir. Pourquoi ne puis-je pas concevoir des concepts qui semblent acquis?

S'épanouir. Il y a toujours un détail qui entâche notre petit bonheur, mais nous nous refusons à le voir. Au final, nous finissons par rejeter le vrai, pour...des chimères. Encore.
Désolé, j'ai assez donné de ce côté là quand j'étais môme.

En cette fin de journée, pourtant, tandis que je colle ostensiblement mon front contre la vitre froide et salie par les mauvaises intempéries de la fenêtre, je me mets à songer à ces vieux rêves, tous poussiéreux, et qui résistent au temps. Un sourire, triste, s'esquisse sur mes lèvres. Je suis gravement atteint.

Une petite voix en moi me dit que je peux les réaliser. Il faut croire en moi, foncer, faire fi de certains, oser, avancer.
Avancer...

Je secoue la tête et chasse cette voix de ma tête. La dernière fois que j'avais tenté de suivre cette voie là, j'avais fini à la rue. Je ne crois pas mieux faire.
Je ne suis qu'un pauvre idiot, et c'est tout.

J'ai encore envie de mourir. J'en ai marre.

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MessageSujet: Re: Angst   Mar 14 Aoû - 9:19

"ce n'est que l'habitude de cohabiter avec moi qu'elle sait." : ce n'est qu'avec...
"Je contemple assidûment mes mains." : assidument n'est pas approprié.

Le silence s'alourdit et non s'épaissit, me semble-t-il. Il y a des passages où la troisième personne "il" prend la place de la première "je".

"ce qu'il s'était passé " : ce qui s'était passé.

C'est un premier jet, à retravailler. L'univers noir n'est pas le mien mais, je crois que vous avez un certain talent pour l'écriture et qu'il va falloir le travailler avec acharnement si vous voulez aller plus loin.
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MessageSujet: Re: Angst   Mar 14 Aoû - 12:03

Merci infiniment pour ces conseils. Je prends note Smile

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MessageSujet: Re: Angst   Ven 31 Aoû - 10:59

Yep ! Je viens de lire tout ton texte ^^

D'abord j'ai aimé son coté sombre. Ca retourne les tripes et moi perso j'ai envie de l'aider, de le sortir de là... Je déteste avec lui les gens du centre pour leur incompétence.

Tu écris des phrases courtes qui nous tiennent en haleine. J'ai juste parfois l'impression que c'est trop ^^

Je lirai la suite avec plaisir Smile

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MessageSujet: Re: Angst   Ven 31 Aoû - 14:06

"Elle reste muette. Elle sait que je sais ce qu'elle pense. Elle ne veut pas se répéter, perdre du temps, qu'on se prenne la tête. Il y a des moments où il m'arrive de souhaiter qu'elle me secoue comme un pauvre arbre fruitier. Non, elle est là, assise, à me sous-peser du regard.
Sincèrement, cela en vient à m'énerver. Je ne le montre pas. Elle reste muette."


Peut-être améliorer un peu certaines tournures ...
par exemple:

"Elle reste muette. Elle sait que je sais ce qu'elle pense. Elle ne veut pas se répéter, ni perdre son temps, et encore moins que nous (ne) (*) nous prenions la tête. Je souhaiterais, par moments, être un pauvre arbre fruitier, et qu' elle secoue, qu'elle secoue encore, mais elle se tait.

Elle est juste assise, là, me soupesant du regard, sans que je puisse lui montrer que celà m'énerve profondément. Je m'interdis de lui dire, et c'est à mon tour de rester muet."


Mais bon, chacun son style.

Sinon, je trouve que l'histoire se déroule d'une manière rythmée, et elle est très intéressante sous cet aspect, en plus du sujet évoqué.

* "ne" supplétif, il n'est pas nécessaire, mais il n'est pas interdit non plus.


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