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 Le bal d'Halloween

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Isil
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MessageSujet: Le bal d'Halloween    Mar 30 Oct - 19:07




Eh bien ça y est, c’est Halloween !

Concrètement, tu t’en fiches un peu. Te voilà encore une fois à traîner sur internet au lieu d’aller réclamer des friandises à tes voisins, pour changer. Tu reviens sur ton forum préféré et à la place d’une toute nouvelle décoration avec des citrouilles partout, tu reçois une étrange invitation. Moche, en plus. Sceptique dans un premier temps, tu te dis qu’après tout, ce n’est pas un clic qui va te tuer.
Et ô surprise ! Dès la lecture terminée, te voilà téléporté devant un grand manoir, immense, incroyablement effrayant et beau à la fois ! (Mais si. Ferme les yeux et imagine, tu verras un grand manoir. Mais ne ferme pas les yeux trop longtemps, sinon tu ne peux plus lire la suite, et c’est gênant.)

Tu pousses la grande grille forgée, où un corbeau t’accueille avec un cri à faire frémir un zombie. Un grand chemin mène à la porte d’entrée. Avant de poursuivre ta route, tu regardes autour de toi et tu tombes sur une pancarte usée par le temps, plantée dans le sol boueux. Tu te penches et parviens à déchiffrer, difficilement, l’inscription :

A partir d’ici, ton imagination est maître.
A toi de nous décrire le chemin qui te mènera au manoir, le déguisement que tu as choisi pour l’occasion, et les âmes que tu croiseras sur ta route.
Ce manoir est magique. Ses détails changent selon qui le regarde. Comment le vois-tu ?
Sache que ton effort sera récompensé, visiteur, et que le meilleur accoutrement gagnera le droit de voir un de ses textes à l’honneur sur la page d’accueil, te permettant sans nul doute de gagner quelques lecteurs.
Veux-tu toujours avancer ?


Tu te redresses, époussètes ton pantalon et grogne un peu. Un jeu d’écriture ? Encore ?!
Boarf. Après tout, pourquoi pas ?
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Myrien
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MessageSujet: Re: Le bal d'Halloween    Mar 30 Oct - 20:39

Myrien reçut l'étrange invitation. Les fêtes, il n'aimait pas ça du tout. Pourtant quelque chose lui dit qu'l aurait tout intérêt à s'y rendre. Peut-être parce que c'était un message adressé par l'administratrice toute puissante...
Il frémit à l'idée de son corps servant de décoration d'Halloween si jamais il ignorait le message, puis... Apparut aux abords du manoir.

Le lieu était étrange, solennel et lugubre.
Une brume surnaturelle s'élevait du sol d'herbes folles parsemé de plaques de boue et de mottes de terres. Ce lieu devait être envahi par les rats pestilentiels, ou pire, des taupes ! Ces créatures immondes créent un jour par un quelconque démon farceur, il n'y avait pas d'autre explication à l'existence de ces... choses !

Dans l'air résonnait un refrain étrage, comme u bourdonnement démoniaque, un quelque chose qui ressemblait à... à... à du français ! Maiiis oui mon bon monsieur ! Et ça disait...
Myrien tendit l'oreille.
La tendit plus loin encore.
Si loin qu'il était en fait plié en deux, l'oreille droite en écoutille (je tenais à placer ce mot), une main en parabole sonore. Son ouïe se précisa, et les mots, du coups, devinrent compréhensible à son esprit, il s'agissait effectivement d'une invitation démoniaque parlant de monstres et d'enfants. Il était venu le temps... de l'île aux enfants... Mais Myrien s'arrêta là, il ne voulait pas en apprendre davantage, sous peine de peut-être perdre l'esprit.

Se dirigeant à travers les tombent sortant de terre (tien, on est dans un cimetière !), il se rapprocha du manoir hanté. Bien sûr, grâce à cette chère brume sadique, il se prit une stèle dans le genoux et faillit se vautrer, sévère !

- Aïeuuuh ! Salsifis de salle stèle !
(...)

Donc, quelques minutes plus tard et plusieurs branchages dans le faciès, il arriva devant les vastes portes. Un éclair zébra le ciel.

- Crôaaaaaaaaaaaaa ! cria-t-il soudain.
- Crôaaaaaaaaaaaaa ! répondit le corbeau qui l'avait effrayé !

Agitant les ailes tout en se maintenant sur sa rambarde, l'oiseau noir donnait l'air de le maudire sincèrement. Myrien se sentit tout penaud. Il voulu s'excuser, de peur qu'Isil la terrible vienne le punir pour avoir effrayer son effrayeur. Mais il n'en eut pas le temps.

- As-tu ton arrrton d'invitaaation . fit l'oiseau.
- Euh, je... euh non.
- Boulet, boulet.
- Si vous l'dites.
- Entre quand même, mais déguisé. Boulet, boulet.

Myrien ne se fit pas prier et d'une pensée se métamorphosa en une créature immonde. L'instant d'après, il passa la porte sombre.

L'intérieur était comme il s'y attendait : sombre, mal éclairé donc encore plus sombre, à la limite du glauque, avec des toiles d'araignées, des souris et quelques pièges à rats qui, manifestement, n'avait pas la moindre utilité, si ce n'est celle de laisser se répondre dans l'air une sale odeur de roquefort en décomposition avancée.

La salle était encore vide de tout autre invité. Même Isil était encore absente. En face, au bout de la salle, entre deux escaliers massifs qui se rejoignaient un étage plus haut ("Oué, comme dans Titanic, quoi ! Suuuper original Isil... Mince, c'est mon imaginaire qui a crée ça. "Boulet, boulet", dirait le corbeau"). La table était garnie de mets divers et variés. Très colorés aussi. Certains un peu trop pour donner confiance, d'ailleurs. Et la nappe avait du, un jour, être blanche.

Myrien renifla les différents cruchons et finit par dénicher de la sangria. Rouge, il y a la sonorité "sang" dedans, parfait pour l'occasion ! Il s'en mit une bonne dose dans le gosier, puis une seconde, et se resservit encore en se décidant d'attendre que la soirée soit avancée davantage avant que... son ébriété ne le soit davantage.

Il se balada le long des couloirs, prit le temps d'admirer quelques tableaux de familles particulièrement repoussant, qui avec des pustules, qui avec des fistules, qui avec une tête d'enterrement ou bien un tête d'enterré... Puis il tomba sur un dernier qui le fit sursauté d'effroi et renverser son verre sur lui. Stupéfait par cet effroi cependant, il ne bougea pas en détaillant ce tableau vraiment dégueulasse. Le pire de tous, selon lui.

Le bonhomme ne donnait même plus l'air d'en être un. Il était terreux (oui oui : il avait de la terre sur lui). Son poil était longs, sombres et rêches à travers les déchirures de sa loque crasseuse servant d'unique vêtement. Son air était celui d'un être inhumain et effrayé qui aurait vécu loin de tout, loin du soleil et de la vie, dans un abîme plus morne que le continent des morts, et qui découvrirait son apparence pour la toute première fois depuis des millénaires.

En le voyant, la créature du tableau (elle était donc vivante !) ouvrit une bouche d'horreur, un trou béant qui s'agrandit toujours jusqu'à pouvoir avaler une tête. Ses orbites vides et emplies de noirceur s'agrandirent encore comme s'il écarquillait ses yeux absents. Un nouveau cri d'effroi s'échappa de la gorge de Myrien, auquel répondit celui de la créature issue des abîmes. Leurs hurlements se mêlèrent en un chant discordant inarticulé aux accents de folie. Myrien voulu, dans un geste réflexe, se protéger de la chose, et l'autre leva son bras aussi. Il allait mourir, assurément, broyé par "ça".

Mais le coup ne vint pas.
Osant à nouveau ouvrir les yeux, il constata que la créature oscillant entre la vie et la mort était lui-même. Bon sang, il s'était surpris lui-même dis donc ! Haha !

Reprenant contenance, il s'aper_u qu'il ne pouvait pas se redresser totalement, restant toujours légèrement penché en avant, quelques pans de sa loque traînant par terre ou flottant dans l'air sous ses bras plié en angle droit, comme Monsieur Burns, le sale vieux de la série The Simpson. Sa bouche, pour en rajouter une couche, était toujours légèrement ouverte et la forme de ses orbites donnaient l'impression d'une douleur infinie. Entre la menace et la douleur.

En dehors, il était un bien triste Sir, aussi apeuré qu'effrayant.
A l'intérieur il était tout guilleret et se resservit une rasade à la table, puis se retourna vers la porte, histoire d'accueillir le deuxième invité comme il se doit !

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Lou-Ann

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MessageSujet: Re: Le bal d'Halloween    Mer 31 Oct - 2:09

Une invitation pour Halloween ! Lou-Ann n’en croyait pas ses yeux, elle qui déprimait à l’idée de passer sa fête préférée seule chez elle…
Ni une ni deux, avant même d’avoir lu l’invitation jusqu’à la fin, elle sauta de sa chaise et se précipita vers son armoire. Après quelques laborieuses minutes de recherche, elle le dénicha enfin : le carton des costumes d’halloween.

Sorcière, vampire, fantôme, le choix ne manquait pas, mais tout cela manquait d’originalité tout de même. Son regard s’arrêta alors sur de vieilles frusques défraichies et déchirées et sur une boîte de maquillage. Elle enfila en hâte les « vêtements », dont elle agrandit quelques trous et déchirures dans son enthousiasme, puis s’installa devant son miroir et s’attaqua à la transformation. Un bon déguisement passait avant tout par un bon maquillage. Elle passa donc de longues minutes les yeux rivés devant la glace, appliquant avec minutie du blanc par-ci, du rouge par-là, ou encore une touche de vert. Une fois sa métamorphose terminée, elle examina son travail et satisfaite, fit un grand sourire à son reflet. Un sourire avec de jolies dents blanches … mmm, pas trop dans le thème du personnage ça, elle retourna donc à son carton de petites merveilles horribles et y dénicha de fausses dents jaunies et noircies.
Son déguisement était à présent complet, elle était devenue un mort-vivant. Pas plus original que ça me dirait vous, mais il fallait bien choisir quelque chose ! Enfin bref. Maintenant qu’elle était prête il ne restait plus à Lou-Ann qu’à se rendre sur les lieux de la fête… dont elle ignorait tout. Jurant dans sa barbe, elle retourna à son bureau et relu l’invitation, jusqu’à la fin cette fois-ci. Et la magie opéra.

En un instant, la jeune-femme se retrouva devant une immense grille forgée délimitant l’entrée d’un non moins imposant manoir. Intriguée, elle poussa l’un des lourds battant qui protesta par un horrible grincement qui sembla se répercuter en écho dans la voix d’un corbeau. Original comme sonnette pensa-t-elle. La pancarte fichée dans le sol attira rapidement l’attention de la visiteuse et elle vit dans ce petit texte la possibilité d’améliorer son déguisement. Puisque l’imagination faisait loi ici, autant ne pas s’encombrer d’un simple costume mais devenir réellement son personnage !

Lou-Ann ferma alors les yeux et se concentra sur son apparence, Sa chevelure devint terne et se clairsema, son corps s’amaigrit, ses joues se creusèrent, sa peau devint verdâtre. Le maquillage qui couvrait son visage sembla se fondre dans sa chair et la liquéfier y creusant un trou béant à la joue gauche et faisant sortir l’œil droit de son orbite. Heureusement, le nerf optique n’avait pas était attaqué et elle pouvait continuer à voir, même si regarder les choses sous deux angles différents en même était un peu déconcertant. Puisqu’elle pouvait transformer son corps comme elle le souhaitait, autant en rajouter un peu se dit-elle ! Son ventre se creusa alors de plus en plus et finit par s’ouvrir sur quinze bon centimètres, laissant ainsi entrevoir des lambeaux de chair et de boyaux. On pouvait même apercevoir la colonne vertébrale en se penchant un peu. Les seules choses qu’elle ne modifia pas furent les vêtements, ils étaient suffisamment miteux et détériorés qu’ils faisaient parfaitement l’affaire, elle leur ajouta seulement une petite odeur de décomposition.

Ainsi satisfaite de sa nouvelle apparence, elle entreprit de se diriger vers le manoir. Sa progression fut cependant de courte durée : gênée par la dissymétrie de sa vision, elle se prit les pied dans une branche qu’elle n’avait pas vue (enfin plutôt vue deux fois mais pas au même endroit), et se retrouva vautrée au fond de ce qu’elle identifia rapidement comme étant une tombe. D’un autre côté, incarnant une morte, ce lieu lui semblait assez approprié. Pour autant, il n’y avait pas de fête dans ce trou et elle était venue pour s’amuser.

Elle se hissa donc tant bien que mal à la surface mais perdit deux doigts dans ses efforts, elle avait peut être été un peu trop enthousiaste dans la diminution de ses chairs, il semblerait que son nouveau corps manque de solidité à certains endroit. Bah, peu importait, et puis cela ajoutait à la crédibilité de son personnage en décomposition.
Plus lentement cette fois-ci, elle repris sa marche, contournant des stèles, enjambant d’autres, la plupart étaient si vieilles qu’elle tenaient à peine debout, on pouvait cependant encore lire certaines inscriptions sur certaines : «  Repose en paix et surtout ne revient jamais », « A notre père, mari et amant, on ne te regrettera pas ».
Dans l’ensemble, les personnes enterrées ici ne semblaient pas avoir été très aimées.

Lou-Ann s’arrêta devant l’une des tombes près du manoir et tenta d’en déchiffrer l’inscription mais son attention fut distraite par l’arrivée d’un chat, noir évidemment. Elle caressa le félin qui se frotta négligemment contre sa cuisse puis repris sa tentative de décryptage. Encore une fois, sa concentration fut perturbée par le matou qui semblait porter un grand intérêt à sa jambe. La jeune femme recula d’un bond en comprenant ce que faisait réellement l’animal, le bougre essayé tout simplement de la manger !
-Allez oust ! Va-t-en ! lui dit-elle en faisait de grands gestes.
Mais le minet ne sembla pas impressionné par ses gesticulations et resta là, mâchant un morceau d’elle-même. Lou-Ann tourna alors les talons et arriva enfin devant le manoir.

Le bâtiment la dominait de toute sa hauteur, pierres noires presque luisantes sous la lumière blafarde de l’astre lunaire, porte majestueuse sculptée d’immenses armoiries sur chaque portes.
Le corbeau refit alors son apparition avec son croassement d’outre-tombe et lui demanda son carton d’invitation.
L’invitée baissa les yeux vers son pantalon en lambeaux où les poches n’étaient qu’un vague souvenir puis relava son œil non pendouillant vers le volatile en levant les mains en signe d’impuissance.
-Boulet, boulet, croassa celui-ci.
Lou-Ann fronça les sourcils et s’imagina un fusil à la main pour dégommer l’oiseau mais rien n’apparut, apparemment ce dernier bénéficiait d’une certaine protection.
-Boulet, boulet.
-Ouai c’est ça, me cherche pas trop quand même, répliqua-t-elle en poussant la porte.
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Myrien
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MessageSujet: Re: Le bal d'Halloween    Mer 31 Oct - 2:37

Myrien, en apparence de créature sans nom, sortie des âges, sombre et triste, vit un zombie arriver quelques secondes après qu'il ai entendu le corbeau croisser "Boulet ! Boulet !". Il sut alors que le reste d'humain en décomposition avancée et partiellement sanguinolent était un autre convive.

Il s'approcha de la créature et d'une voix d'outre tombe, basse et grave, involontairement menaçante à certains moments, lui adressa la parole.

- Une daaanse ?

Aussitôt une musique lugubre et discordante se fit entendre. Un genre de valse macabre.

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Lily

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MessageSujet: Re: Le bal d'Halloween    Mer 31 Oct - 4:08

Bon, l’invitation était moche, mais après tout, Lili ne risquait rien avec un simple clic.
Du moins c’est ce qu’elle pensait.
A peine fit-elle un mouvement de l'indexe sur sa souris qu’elle fut aussitôt téléporté devant un portail lugubre, qui aurait bien mérité un bon coup de peinture.

- Oh merde ! souffla-t-elle. C’est quoi c’bordel encore ?

Sans déconner, elle avait rien demandé elle ! Déjà qu’elle était bien gentille de recevoir une invitation moche dans sa boite aux lettres, alors bon, si en plus on la foutait dans...
Son pied émit un « splotch » écœurant. Lorsqu’elle baissa les yeux, elle vit avec horreur qu’elle était enfoncée dans la boue jusqu’aux chevilles.

- Parfait ! grogna-t-elle. Ah non, vraiment, impeccable !

Autant en terminer au plus vite avec cette histoire saugrenue.
Elle franchit le grand portail qui grinça - un petit coup d'huile en plus de la peinture, c'était pourtant pas bien compliqué ! - fut accueilli par un corbeau à l'allure défraichit, et tomba nez à nez avec le panneau qu'elle lut d'une traite...

- ... blabla... Imagination... blabladéguisement... Si je veux toujours avancer ?? Comme si j'avais fait tout ce chemin pour rien !

Lili réfléchit.
Bon. Quelque chose qui faisait peur, qui était gros, et qui ne craignait pas les chemins boueux.
Elle ferma les yeux et grimaça sous l’effort d’imagination.

Deux minutes plus tard, Casimir en personne arrivait à grandes enjambées. Il avait écrasé au passage des drôles de bêbêtes, foutu un pain à un chat qui mangeait négligemment un drôle de morceau de viande, et enfin, fut devant l’entrée.

Lili... ou plutôt Casimir ouvrit la porte.

- Une DAaaAAncEe ?

... Et grimaça.

Ça promet...
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Lou-Ann

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MessageSujet: Re: Le bal d'Halloween    Mer 31 Oct - 17:01

Lou-Ann ouvrit de grands yeux (si on peut dire puisqu’un seul possédait encore ses paupières) et ses lèvres desséchées formèrent un joli « O » en voyant la mauvaise réplique de Shubaka qui l’invitait à danser. Mais après tout, elle se trouvait à une soirée d’halloween, elle devait bien s’attendre à voir toutes sortes de créatures ! Et elle ne fut pas déçue. A peine se remettait-elle de son choc que la porte derrière elle s’ouvrit sur un personnage des plus incongru : Casimir. La jeune étouffa un rire nerveux, salua le nouveau venu, puis tendit la main au monstre poilu, signe qu’elle acceptait sa proposition.

Ils partirent alors tous deux dans un tourbillon de lambeaux de vêtements et de poussière et commencèrent à tourner au son disharmonieux d’une valse austère.
Les pas de danse n’étaient cependant pas aisés. Entre la stature impressionnante de son cavalier avec ses bras crispés et ses propres membres qui menaçaient de se détacher de son corps, Lou-Ann devait montrer la plus grande attention à chacun de ses mouvements et anticiper ceux de son partenaire qui était, il fallait bien l’avouer, un piètre danseur. A plusieurs reprises elle du retirer son pied pour éviter qu’il ne lui marche dessus et réduise en charpie ses fragiles orteils avec sa masse imposante.

Malgré tout, la jeune femme prenait beaucoup de plaisir dans cette danse inattendue et se disait que cette soirée commençait fort bien.
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BlutEngel

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MessageSujet: Re: Le bal d'Halloween    Mer 31 Oct - 19:53

BlutEngel cligna les yeux. Une invitation. Une invitation? Queuah???
Elle manqua de s'étrangler avec sa salive, et re cligna les yeux. Histoire de vérifier si ce ne sont pas ses lunettes qui n'ont pas été nettoyées depuis Abraham qui lui joueraient un tour.

Elle décocha un douloureux sourire (ses zygomatiques ne servant pas des masses, elle et l'humour, ça fait 9) lorsqu'elle lut la première phrase.

"Concrètement, tu t’en fiches un peu. Te voilà encore une fois à traîner sur internet au lieu d’aller réclamer des friandises à tes voisins, pour changer. Tu reviens sur ton forum préféré et à la place d’une toute nouvelle décoration avec des citrouilles partout, tu reçois une étrange invitation. Moche, en plus. Sceptique dans un premier temps, tu te dis qu’après tout, ce n’est pas un clic qui va te tuer."

D'un: oui, elle s'en fiche comme de savoir que Poe est mort (cela ne peut être vrai selon elle).
De deux: ah non! Les voisins, elle préfère les considérer comme éléments de décor pour pouvoir digérer le fait qu'ils font partie de son existence et accepter les agressions acoustiques qu'ils commettent. Manquerait plus qu'elle le quémande des bonbons, chose qu'elle n'aime pas! Socialiser: NEIN.

De trois: oui c'est son forum préféré. Son amour profond, où elle se sent comme un poisson dans l'eau. Bref. Invitation moche? Non, elle dirait: pragmatique. Oui, le pixel peut être pragmatique. C'est à prendre ou à laisser.

De quatre: oui, elle est sûre qu'un clic ne la tuera pas. Enfin, paraît-il.

Donc, BlutEngel, pauvre âme solitaire, qui vient d'ingurgiter ses céréales préférées, cliqua.


"Et ô surprise ! Dès la lecture terminée, te voilà téléporté devant un grand manoir, immense, incroyablement effrayant et beau à la fois ! (Mais si. Ferme les yeux et imagine, tu verras un grand manoir. Mais ne ferme pas les yeux trop longtemps, sinon tu ne peux plus lire la suite, et c’est gênant.)

Tu pousses la grande grille forgée, où un corbeau t’accueille avec un cri à faire frémir un zombie. Un grand chemin mène à la porte d’entrée. Avant de poursuivre ta route, tu regardes autour de toi et tu tombes sur une pancarte usée par le temps, plantée dans le sol boueux. Tu te penches et parviens à déchiffrer, difficilement, l’inscription :

A partir d’ici, ton imagination est maître.
A toi de nous décrire le chemin qui te mènera au manoir, le déguisement que tu as choisi pour l’occasion, et les âmes que tu croiseras sur ta route.
Ce manoir est magique. Ses détails changent selon qui le regarde. Comment le vois-tu ?
Sache que ton effort sera récompensé, visiteur, et que le meilleur accoutrement gagnera le droit de voir un de ses textes à l’honneur sur la page d’accueil, te permettant sans nul doute de gagner quelques lecteurs.
Veux-tu toujours avancer ?"


Hum. Rheum. BlutEngel remit ses lunettes en position, fit craquer ses poignets (tendinite que voulez-vous) et inspira une dernière fois avant de ne se confronter à...

"Tu te redresses, époussètes ton pantalon et grogne un peu. Un jeu d’écriture ? Encore ?!
Boarf. Après tout, pourquoi pas ? "


Vraiment le dernier mot, toujours le dernier mot. Elle soupira: God damn it en roulant les yeux. Mais bon, si elle était là, c'est qu'elle aimait ça au fond. Non?

*

La jeune femme (was ist das?) ferma les yeux. Et, chose incroyable, lorsqu'elle les ouvrit, elle se trouvait devant un portail digne de grands films d'épouvante. Ceux-là même qui paraissent lugubres avec leurs grilles, leurs piques longues et élancées vers un ciel tout aussi lugubre et menaçant. Elle jete un regard circulaire autour d'elle. Bien entendu, un silence de mort régnait autour d'elle. Quoique, en y prêtant attention, il lui semblait qu'un faible mugissement lui murmurait quelque chose et lui chatouillait les oreilles. Ok, arrêtons là ce délire. Raté. BlutEngel comprit que c'était Halloween, point barre. Elle n'avait pas peur. Enfin, quand elle n'a pas de musique dans les oreilles, elle ne ressent rien. Sauf quand elle panique et ne se sent pas en sécurité. Or, là, étrangement, elle ne ressentait absolument rien. Un pic de curiosité, c'est tout. D'habitude, la moindre chose inconnue l'effrayait comme un éléphant croisant la route d'une souris.

La jeune femme songea à se regarder. L'invitation parlait de déguisement. Or, le seul inconvénient, c'est qu'avant d'avoir achevé sa lecture, elle ne ressemblait à rien, si ce n'est qu'à un beauf qui allait regarder le dernier match du MHSC. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle réalisa la méga tenue de la mort qui tue (mais encore?). Ses cheveux avaient pris 15 centimètres de plus et se bagarraient entre le noir, le blanc et le rouge. Ses lunettes de myope avaient été subtilement remplacées par des lentilles couleur verre (et elle y voyait fichtrement bien!). Elle sentit en passant sa langue sur ses dents que ses canines avaient un tantinet pris de l'ampleur et étaient acérées. Cool. A vampire... Sa tenue, justement, était d'un sobre élégant: longue robe noire agrémentée de fine dentelle au buste et aux poignets, doublée en bas également par la même subtilité. Une jolie cape noire faite de soie recouvrait ses épaules. Ses ongles étaient beaux, longs, lisses, et noirs.

Elle poussa la grille qui grinça à coeur joie. Elle hait ce genre de son. Et là, un corbeau (zut! Elle ne l'avait pas vu avant) se mit à rejoindre le bruit du portail pour former un choeur discordant. Satané piaf! Elle le fixa longuement parce qu'elle n'avait pas apprécié cela, et allez savoir pourquoi, mais ce dernier parut comprendre et s'en alla à tire d'ailes se plaindre ailleurs. Puis, le manoir s'offrit à ses yeux, au bout d'un chemin à peine esquissé au milieu d'un champ d'arbres aussi desséchés les uns que les autres.

Le manoir devait facilement avoisiner les quinze mètres de hauteur (elle crut se péter la nuque à vouloir apercevoir le toit). Celui-ci était fait de pierres et était plongé dans l'ombre. BlutEngel chercha instinctivement la lune. Aux abonnés absents. Genre: aie les pétoches, non mais oh! Or, étrangement, elle ne ressentait toujours rien. Elle s'avança d'un pas élégant (elle ne sut comment l'expliquer, en général, elle traine les pieds jusqu'à trouer ses chaussures les unes après les autres) et soudain, à sa gauche, une étrange lumière opaque apparut, l'espace d'un instant, puis laissa place à un homme.

Elle le fixa et le détailla. Puis, dut retenir un hoquet de surprise. En parlant du loup...
- Monsieur Edgar Poe?!

L'auteur macabres comme on aime le surnommer ici et là, inclina légèrement la tête à l'entente de son nom. Il l'invita à poursuivre son chemin d'un signe de main. Recouvrant son sens pragmatique, la jeune femme continua.

Une pancarte à l'air totalement défraîchi par le temps (ad vitam aeternam, pas sorcier quand même!) attira son attention. Elle s'approcha, et tenta de la déchiffrer. Ses lentilles lui piquèrent les yeux par la même occasion.

Ok, je me donne 7 heures de survie avec ces trucs machin choses là...

Ensuite, elle abandonna l'idée, et monta quelques marches faites de marbre noir, peut-être le plus beau qu'elle ait pu imaginer de sa vie; son auteur d'épouvante préféré quelques pas derrière elle.
Une lourde porte à double battants lui fit face. Majestueuse, imposante, suscitant le respect craintif et une douce horreur, elle n'attendait qu'une chose: qu'on frappe avec le lourd loquet en forme de main tenant fermement un crâne.

Quel subtilité dans le détail.

Elle prit son courage à deux mains, hum, et prit le loquet fermement pour le cogner de trois fois contre le pan en bois massif.

La porte s'ouvrit d'elle-même.

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Azraël

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MessageSujet: Re: Le bal d'Halloween    Jeu 1 Nov - 2:44

J'ai toujours eu un goût particulier pour Halloween. Même enfermé chez moi comme ce soir avec pour seules compagnies celles de ma canette de Coca et mon paquet de tabac, j'aime l'ambiance de cette nuit au cours de laquelle les monstres se réveillent par le biais du commun des mortels.
Je flâne du internet, m'amuse des cris qui retentissent au dehors et me demande comment, moi, de là où je suis, je peux profiter de ce moment.
La fainéantise me pousse à vagabonder avant tout de site en site, à faire une ou deux parties d'un jeu inutile mais ô combien addictif, puis me retrouve sur ce forum où j'aime passer du temps. Un nouveau message s'y affiche, et je l'ouvre avec curiosité. Faut dire que c'est pas tous les jours qu'on a envie de correspondre avec moi, là-dessus.

Une invitation.

Ca c'est encore plus rare. J'ai tendance à croire que je suis aussi bienvenu aux événement qu'un gang de poux sur le cul d'un portugais. Je la parcours et constate que je suis convié à une soirée d'Halloween. Ils sont bien gentils mais à cette heure, ça commence à faire tard. Mais en quête d'une petite aventure en cette curieuse soirée je clique, en quête de détails.

Et là, ça se produit. Tout autour de moi disparaît. Je tente de m'accrocher en serrant la couette recouverte de miettes entre les doigts puis réalise que ce que j'ai attendu depuis toujours est en train d'arriver : une vraie nuit d'Halloween. Alors je lâche tout et décolle.

En un instant, le froid m'envahit, une légère brise glaciale me caresse le visage et fait voleter l'épais tapis de feuilles mortes qui parcourt le chemin au centre duquel je viens d'atterrir. Face à moi, une immense grille rouillée protège un manoir tel que je ne pensais en voir que dans les films de Maître Burton. L'édifice, juché sur une colline, domine un paysage désertique. La terreur que pourrait m'inspirer cette vision a vite fait d'être remplacée par la fascination. Je ne veux pas savoir si je suis en train de rêver, je veux simplement profiter de ce moment, quitte à me réveiller en sursaut et finir par me consoler de ce retour à la réalité avec un verre d'eau et une cigarette mal roulée.

Impatient de découvrir ce que cet endroit me réserve, je pousse la grille qui proteste en un grincement qui ne fait qu'ajouter au charme de la scène. J'avance, prudemment d'abord, puis pose enfin un pied dans la propriété. Aussitôt, mon épaule ploie sous le poids d'un élément que je ne parviens à identifier. Puis, en me tournant, je sursaute et trébuche. Aussitôt, le vieux corbeau s'envole et me bat des ailes au visage.

L'oiseau ne croasse pas, il hurle « Boulet ! Boulet ! » en me tournant au-dessus de la tête. Je plisse les yeux, porte un doigt à mon oreille comme si ce signe poli allait le stopper et qu'il allait s'excuser en une courtoise révérence.
Espérant m'éloigner au plus vite de cet oiseau de malheur, je me relève et poursuit ma route d'un pas plus rapide avant de poser les yeux sur une pancarte.

A partir d’ici, ton imagination est maître. 
A toi de nous décrire le chemin qui te mènera au manoir, le déguisement que tu as choisi pour l’occasion, et les âmes que tu croiseras sur ta route. 
Ce manoir est magique. Ses détails changent selon qui le regarde. Comment le vois-tu ? 
Sache que ton effort sera récompensé, visiteur, et que le meilleur accoutrement gagnera le droit de voir un de ses textes à l’honneur sur la page d’accueil, te permettant sans nul doute de gagner quelques lecteurs. 
Veux-tu toujours avancer ?


Je crois que j'aurais voulu réfléchir posément au meilleur déguisement à enfiler. Après tout, ce n'est pas tous les jours que l'on m'offre la possibilité d'incarner un personnage de la sorte. Mais non seulement je ne supporte plus l'oiseau qui se fait un malin plaisir à me tourmenter, mais il apparaît que le déguisement s'impose à moi. Comment ne pas profiter de la situation ? Comment ne pas sauter sur l'occasion et enfiler cette tenue pour quelques heures ? Rentrer dans sa peau...

Alors le long d'une marche qui me conduit aux portes du manoir, je me sens grandir. Mes membres s'allongent, s'amaigrissent, et un épais et ample tissu me recouvre le corps. Une capuche noire dissimule mon visage mais me laisse tout le loisir d'observer le décor. Puis Elle apparaît entre mes doigts, dans mon poing serré. Alors que je suis sur le palier et que le corbeau me tourne autour en vociférant les mêmes paroles qu'à mon arrivée, je me tourne, et assène à l'oiseau un coup de ma faux tranchante.

***- Boulet ! Bou...crOÂÂÂ !
***- Puisses-tu être prochainement accompagné de pommes de terre.

L'esprit en paix, je peux enfin découvrir la nature de cette soirée d'Halloween. Respectueux des bonnes manières, j'use à nouveau de mon imagination pour ne pas arriver les mains vides et pousse la porte du manoir.

Alors, une fierté dissimulée par la cape qui me recouvre, je m'offre au regard des étranges invités déjà présents.

La Grande Faucheuse est arrivée.
Et elle a ramené des biscuits.

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Iniourfeïss

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MessageSujet: Re: Le bal d'Halloween    Sam 3 Nov - 0:44

Iniourfeïss avait un peu de retard - soyons tolérants. Mais il avait décidé de quand même se présenter au manoir, juste pour voir. C'était quand même vraiment très tentant de découvrir un tel édifice.
Alors il décrocha le panneau pour le lire et vit que le manoir était magique et qu'il changeait en fonction des invités. Parfait, s'était-il dit. La magie pourrait sûrement modifier son retard. Halloween, c'était la fête des morts, et les morts n'avaient plus de notion du temps.
Convaincu par sa théorie, il décida de pénétrer dans le domaine. Le corbeau qui avait poussé son cri venant des enfers lui adressa la parole.
- Les décors sont déjà installés ! Croâââââ !
- Je ne suis pas un décor, je suis un invité déguisé en sapin de Noël mort, avec des chaînes en guise de guirlandes et des pieux à la place des boules.
L'oiseau resta dubitatif et releva un sourcil inexistant, cependant on pouvait l'imaginer. Il s'envola, propageant trois plumes du néant dans les airs.et piqua vers un buisson au feuillage grisâtre. Après quelques cris stridents, le corbeau se dégagea du végétal. Il lissa son plumage déshabillé, puis rebattit des ailes pour s'élever et empaler le rat qu'il venait de chasser au sommet de l'arbre mort.
- Maintenant, c'est parfait ! Croâ ! Votre retroârd m'inspire !
Et après avoir attendu que ses trois plumes touchent le sol, il se redressa, hautain et s'autorisa enfin à dire :
- Avancez !
L'homme s'avança donc.
Après avoir cassé l'une de ses branches, il frappa à la porte. Celle-ci décida de s'ouvrir toute seule.
- Bonsoir. J'ai un bouquet pour la maîtresse de maison.
Alors les autres se retournèrent vers Iniourfeïss, qui émettait un léger sourire.

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Azraël

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MessageSujet: Re: Le bal d'Halloween    Sam 3 Nov - 5:20

Je pénètre dans une grande salle à l'aspect délicieusement lugubre. Contre un mur à la tapisserie jaunie parcourue de grandes fenêtres s'étend un buffet au large choix. J'ai un peu la honte avec mon paquet de Curly. Alors je le lance, mine de rien. Il frôle de peu un invité qui n'a pas trouvé plus original que de se pointer en Casimir et atterrit droit dans le bol de sangria et éclabousse une espèce de femme zombie qui se prend quelques gouttes dans l'oeil qui lui pendouille de l'orbite.
Mine de rien, je poursuit ma route en caressant ma faux pour me donner une contenance.

***- Une daaanse ?

Je sursaute. Un horrible bonhomme velu à peine vêtu me lance un sourire et ne manque pas au passage de me faire profiter d'une haleine à faire gondoler la moquette. Peu enclin à valser avec l'individu, je décline son invitation avec diplomatie.

***- Tu shlingues.

Et sur ces bonnes paroles, je lui assènes un petit coup de faux sur le crâne et poursuis ma route.

Mon attention est très rapidement captée par un long couloir, au fond du hall. Un couloir si sombre que rien ne laisse deviner ce qui s'y cache. Intrigué, j'y pénètre et deviens le visiteur d'une splendide galerie qui s'étend à perdre de vue. Ici, je suis plongé comme dans un nuage d'obscurité. Ma vue ne peut s'étendre à plus de quelques mètres, à l'avant comme à l'arrière. Alors je me perds dans le corridor et prends le temps d'observer les grands tableaux qui le parcourent. Tous représentent un individu. Pâle, triste, qui me suit du regard. Je crois d'abord qu'il s'agit de ces peintures qui vous confèrent l'impression que leur sujet vous observe. Avant de réaliser que c'est bel et bien le cas. Ces hommes, ces femmes, ces enfants... Tous sembles enfermés dans l'oeuvre qui les représente. Lentement, ils se meuvent entre les limites imposées par le cadre et me contemplent, intrigués.
Je m'approche de l'un d'eux et m'y attarde un peu plus. Les deux enfants qui s'y trouvent, vêtus à la mode des années 1900, se tournent l'un vers l'autre et rient. Je peux l'entendre, ce rire lointain qui résonne. Comme tout le monde ici, les deux petits personnages sont d'une extrême pâleur. C'est leur teint bleuâtre qui me permet d'élucider le mystère du couloir... Morts. Tous morts. Qu'aurais-je pu imaginer d'autre, vêtu comme je le suis ?
Toutes ces personnes mortes, ces fantômes, sont enfermés dans l'oeuvre qui les sublime. Mais je ne veux pas les voir ici. Ils méritent bien mieux. Qu'ils s'amusent eux aussi. Qu'ils envahissent le manoir. Qu'ils effraient ceux qui ne sauraient pas lire dans leur si beau regard.

Alors j'agrippe ma faux et ferme les yeux. Ma toge frémit sous la brise qui se lève et mes paupières sont transpercées par une lumière nouvelle qui pourtant ne m'aveugle pas. Elle est puissante mais apaisante. Elle émane de la faux que je tiens entre les mains.
Lorsque j'ouvre les yeux le couloir est illuminé mais vide. Jusqu'à ce qu'à l'unisson, des volutes de fumées jaillissent des tableaux et que, dans un même geste, des dizaines de silhouettes n'en sortent, un sourire éclatant sur le visage. De jeunes femmes tournoient en contemplant leur belle robe blanche, des gentlemen s'inclinent face à elles avec respect, et les enfants filent d'un bout à l'autre du couloir en exprimant leur joie nouvelle d'un rire cristallin.

J'observe un instant ce spectacle auquel je n'aurais cru pouvoir assister de mes yeux puis me décide à agir. Alors je dresse ma faux et la dirige vers l'entrée du couloir.

A ma suite, des dizaines de silhouettes translucides jaillissent dans un concert de rires et d'exclamations stupéfaites dans le hall. Sous le regard des invités regroupés près du buffet, les couples fantomatiques tournoient dans les airs dans une valse folle et les enfants forment une rondes qui passe d'un côté à l'autre dans la pièce au-dessus de nos têtes...
Parmi les ectoplasmes de mon imagination, la vie a reprit sur une somptueuse marche funèbre.

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