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 Angst

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BlutEngel

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MessageSujet: Re: Angst   Ven 31 Aoû - 16:35

Merci Enora et Ned Smile

Je reconnais que quand je me mets à parler, c'est hyper dense et complexe et....presque pire qu'une dissertation de philo x_x


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MessageSujet: Re: Angst   Lun 10 Sep - 23:54

Jamais je ne pourrai vivre comme quiconque. Quand j'ose le dire, qu'importe mon interlocuteur, on m'agresse toujours d'un: "mais qu'est-ce qui te fait dire ça? Mais tu peux vivre comme nous si tu le veux." Et j'en passe un peu, parce que sinon j'en aurais pour des heures...

Il est vrai que pour certaines situations, il s'agit purement de volonté propre, ou de son absence. Si cela n'avait tenu qu'à moi, j'aurais été un gentil ermite depuis aisément quinze and, coupé de toute forme de civilisation intrusive, futile et malsaine; celle-là même qui, à force d'être usitée à tort et à travers se dissout en une connerie absurde, dénuée d'humanisme.
Mais, j'ai fait beaucoup de choses, normalement. J'ai été à l'école, diplômé, j'ai cherché du travail, au chômage, re cherché du boulot, bossé dur, passé les permis A et B, eu le brevet de secourisme, vécu en communauté, fait des sorties... Oui, j'ai quelques aspects de ma vie qui, d'un point de vue externe et désintéressé, semblent usuels.
D'avance, je ris. De tristesse, douleur, colère, fatalisme, désespoir. Passer vingt-quatre heures entre la nuit où je ne dors pas parce que l'insomnie est fréquente chez les personnes comme moi (et pour mes soucis d'imagination débordante à tendance hallucinatoire qui me poussent à ne pas fermer l'oeil), et le jour où j'alterne crises d'angoisses et épisodes paranoïdes relève de tout sauf de l'usuel. Rien ne m'arrête, sauf si je parviens à me rassurer pour des détails par des procédés ressemblant à des manies compulsives, ou en me blessant.

Bien sûr, je suis au courant qu'il existe des médicaments pour tempérer de tels accès psychologiques. Or, d'un je refuse d'être propulsé dans un monde onirique et flippant, de deux j'ai une relation haine/amour avec les pilules et consors. C'est souvent de l'automatisme, un système bien rôdé et ancré en moi comme si cela était inscrit dans mes gênes, et non plus quelque chose de réfléchi. Du moins, plus vraiment.
Oui, m'auto-détruire est un mécanisme. Je n'ai pas tout le temps besoin de penser quoi faire, je le fais machinalement, au bon moment, à la bonne dose.

Un jour, un psychologue m'a demandé si je réalisais ce que je faisais. Je crois que je l'ai vissé sur sa chaise. Il m'arrive de voir que j'ai un couteau en main, et de me demander pourquoi je l'ai, à cause de quoi ou de qui j'en suis venu à le prendre. Puis, je ressens la douleur. Et je finis par m'en ficher, me disant que je le méritais dans tous les cas. Je n'ai pas choisi de naître, encore moins ainsi.

Bref, tout cela piur dire que quand je suis sorti de l'hôpital, je n'ai pas supporté de tout subir à nouveau: mes angoisses, mes peurs, mes mécanismes. Le cocon médicamenteux berce les gens dans une grosse illusion pitoyable. Et ciao! Démerde-toi tout seul! Ok, je vais mourir. Non. Pas de suite. Pas en me jetant sous le premier tramway que je vois à peine revenu dans la vraie vie, même si l'idée m'a effleuré l'esprit (après tout, les rails se trouvent à cinq cent mêtres de l'entrée des urgences). J'ai pris ce qu'il me reste de tripes et ai combattu vaillamment.

Arrivé à la maison, je fus accueilli d'un "passe-moi tes médicaments". Au moins, c'est réglé, je suis fliqué. Tu parles, je ne suis pas tranquille. Je pense immédiatement que je suis un pauvre minable de première, même pas capable de me gérer tel une personne saine d'esprit. Humour à deux euros: oh! Mais je ne suis pas un saint!
Peurs, mes chères amies, vous revoilà dans mon quotidien, fidèles au poste

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MessageSujet: Re: Angst   Sam 22 Sep - 16:51

Les gens ne comprennent pas qu'en m'adressant la parole comme si j'étais un adolescent attardé ils enclenchent la gâchette de leur pistolet sur ma tempe.
Et ceux qui cherchent à me blesser par tous les moyens sont d'adorables bourreaux qui me torturent avec une joie malsaine.

Je tente de tout dissocier pour sauver ma peau. Effacer quand cela est nécessaire.
Boire pour oublier qu'au fond, on a un coeur et donc qu'on est sensible.
S'enfoncer dans la réalité onirique des médicaments pour anesthésier la douleur, celle qui nous rappelle qu'on est mortel.
Fumer clope sur clope juste parce qu'on est un gros emmerdeur primitif et qu'on a un sens de l'ironie à trancher les gorges.
Le mélange des trois est significatif d'un mal-être sans mots, sans consensus, ni conception pour autrui.
L'auto-destruction se répercute sur notre entourage, qui nous le rend puissance mille, tel un boomerang.

Comme je m'en étais douté, je passais mes journées, et nuits, à penser. Choses totalement inutiles quand elles n'ont aucun effet de production et ne se contentent qu'à torturer les tripes et la conscience.

- Qu'as-tu fait de ta journée? me demande-t-on tous les soirs.
J'ai plané. Je ne réponds rien puisque je ne fais rien. Soupirs, regards en chien de faïence, retenues d'une possible engueulade méritée. Je me décompose. Je perds pied. Je ne cherche plus à me battre. J'ai rendu les armes.

Et j'ai 25 ans.

Il y en a qui étudient. D'autres qui travaillent. Certains qui font les deux. Et ceux qui fondent une famille.

Je suis à mille années lumières des gens de ma génération.

- Tu veux retourner à la rue?
Non, encore mieux: dans les limbes de la mort. Je me tais, encore. Ce n'est que de la provocation que pour me réveiller et faire agir. Reprendre les rênes de ma vie. Je monte dans ma chambre. J'y jette un regard circulaire. Je visualise toutes mes planques: jen sors tous mes vices, les regroupe, les mets dans un grand sac en plastique, le ferme et descends le balancer dans la grande poubelle dehors. Jusque là, l'on m'avait observé en silence.

- Qu'est-ce que tu as jeté?
- Le sevrage commence, murmurai-je.

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MessageSujet: Re: Angst   Ven 8 Fév - 19:38

Impuissance face à la vie, celle qui s'échoue à mes pieds telle une mer en furie en pleine tempête, parce que je ne daigne pas la remarquer. Je suis aveugle de toute sa beauté.

Je rate les expériences qu'elle pourrait m'offrir. Je rate les merveilleux souvenirs que je pourrais créer et sceller en mon coeur. Je rate le sens de mon existence en ignorant ce qui fait le monde.

***

C'était ainsi que je songeais lors de mes périodes difficiles de sevrage.
Je ne dormais plus suffisamment pour prendre conscience de la réalité. Le jour et la nuit s'étaient confondus. Je flottais en permanence d'une pensée à une autre, sans la relier à un quelconque fait réel.

J'étais blotti au fond de mon lit, et n'en bougeais que par nécessité absolue. Le monde m'effrayait, bien plus que lorsque je calmais ma paranoïa avec les médicaments. Une boule d'angoisse se nichait au creux de mon estomac et ne s'en délogeait pas.
Je n'entendais que le reflux de mes inspirations et expirations, souvent mises à mal par ce que l'on nomme sur le plan médical trouble anxieux.

Il m'arrivait de pleurer ou bien de hurler. J'avais peur de moi-même. Peur de mes limites. Peur de ces pensées si sombres et qui prennent trop de place.
Les médicaments m'aidaient à ne plus songer; du moins, plus autant. Un autre genre de flottement - tout aussi nocif;or, que j'avais fini par accepter.

Néanmoins, en ce jour là -ou bien cette nuit là, j'avais décidé de quitter mon lit pour affronter ces peurs qui me rongent comme la rouille ronge le fer.

Mes gestes étaient lents et peu assurés. Je mettais en place les ordres cérébraux pour les enchaîner correctement les uns après les autres. Le froid prit possession de mes sens. Le souffle coupé, je me levai, et faillis tomber tel un pantin désarticulé.

Je me ressaisis et posai un pied devant l'autre. Cela semblait si simple à réaliser! J'eus un vertige d'angoisses. Et si on m'atteignait? Et si on me blesserait? Et si je partais en crise?

Et si je ne prends pas de risques, je ne réaliserais jamais rien de mon existence. Voilà. Grosse claque mentale.

Je fermai les yeux pour me concentrer sur cette boule qui vivait depuis trop longtemps en moi, et tentai la respiration abdominale. Le résultat fut médiocre; néanmoins, cela me parut correct pour sortir de cette tour d'ivoire dans laquelle je m'étais longuement replié.

J'ouvris la porte, et le monde me sauta à la gorge tel une bête féroce affamée. Les bruits agressèrent mes oreilles, la lumière m'éblouissait tant que je ne pus rien voir quelques secondes. Je dus m'adosser contre le mur dans le couloir pour recouvrer mes esprits, et avaler toutes ces informations. Il y en avait trop. Mon cerveau saturait; or, il avait faim. Faim de savoir.

L'Homme se meurt s'il ne nourrit pas son corps, mais également son esprit. Le mien criait littéralement "famine!"

Sans un mot, sans un regard, je fuis ces lieux et courus me réfugier à la médiathèque régionale.

Des statues de marbre blanc de grands auteurs et penseurs de l'Antiquité se trouvaient à chaque extrémité des escaliers de même matériau qui menaient à l'entrée. Le bâtiment était imposant, immense. Je crus y laisser ma nuque lorsque j'avais osé essayer d'apercevoir le haut de celui-ci.
Il était fait de verres. Je pouvais deviner aisément tous les rayons dont il avait la garde et la protection contre la Nature.

J'entrai. La douce chaleur m'envahit, m'adopta. Je respirais mieux. Et crus halluciner face à tous ces ouvrages qui n'attendaient qu'une chose: qu'un quelconque visiteur s'en approche, caresse sa reliure, le palpe, se l'approprie, sente son odeur personnelle.

Je montais à l'étage où je pouvais trouver les livres de la poésie anglaise du XIXième siècle. Je saisis un recueil des poèmes de Walt Whitman et m'assis sur une des grandes chaises en bois ciré.

J'ouvris le livre et lus Song of Myself.

Des larmes coururent le long de mes joues.

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MessageSujet: Re: Angst   Mer 6 Mar - 10:56

Ça y est, je suis à jour sur ton texte ! ^^

C'est fou comme ton texte ressemble aux miens. Je veux dire, ce personnage fou qui ne trouve sa tranquillité que dans la bibliothèque. Je ne sais pas pourquoi, mais je retrouve dans beaucoup de mes personnages ces deux composantes. Alors qu'en vrai, je suis plutôt un gars trop calme, trop gentil et trop fainéant pour bouger de son appart'. A croire que l'on écrit ce qui nous manque, ou ce que l'on voudrait être/faire. Qu'en dis-tu ?

Je viens de regarder les dates auxquelles tu postes la suite de Angst, et j'ai remarqué qu'il y a de gros intervalles entre deux réponses. Est-ce parce que tu n'écris ce texte que quand tu as besoin de relâcher "la pression", lorsque tu éprouves de "noirs sentiments" ?

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MessageSujet: Re: Angst   Mer 6 Mar - 11:07

Sans doute.
J'ai décrit la médiathèque de Montpellier. Je l'aime beaucoup. J'aimerais m'y perdre, me noyer dans ce silence chaleureux et y passer des heures.

En effet. Ce texte n'est que pour me défouler ^^"

Parfois, j'ai même la flemme de continuer à écrire. C'est dingue.

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MessageSujet: Re: Angst   Mer 6 Mar - 12:04

Syndrome du procrastinateur ! Je connais aussi ! ^^

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MessageSujet: Re: Angst   Mer 6 Mar - 12:09

Et il frappe sans crier gare .___.

Ces derniers temps, j'ai écrit un sorte de prélude à Angst. Il me faudra le mettre ici un jour Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Angst   Mer 6 Mar - 12:16

J'aimerais beaucoup le lire ton prélude ! (c'est dans la veine du moment de faire des préludes, des préquelles et des spin-offs ! Tu as été contaminé par la société, toi qui écrit avec un personnage totalement asociable XD )

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MessageSujet: Re: Angst   Mer 6 Mar - 12:21

C'est catastrophique d'être contaminée D:

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MessageSujet: Re: Angst   Mer 27 Mar - 20:42

Après une verve poétique, je me plongeais avec délice dans divers univers issus d'imaginaires féconds de différents auteurs. Comme d'habitude, je fus coupé du monde réel et présent pendant quelques heures. Mon esprit se laissait aller, se faisait bercer par une mélodie seulement possible au travers de ces mots. Lentement, mon corps entier lâchait prise. je ne ressentais plus rien: ni angoisse, ni peur, ni cynisme poussé par l'âpreté de cette existence que je menais -ou subissais.
Mon esprit se modula, mes pensées se firent plus douces et rêveuses. Ma main droite caressait le papier sur lequel était transcris tous ces mondes. Celle-là même qui trépignait à l'idée de parcourir des lignes en les façonnant, guidée par mon propre imaginaire. Chaque fois que je lisais, et m'instruisais par la même occasion, je sentais gronder en moi une multitude d'idées et de songes qui ne demandaient qu'à être libérés du joug de ma conscience analytique. Je me sentais renaître. Ces histoires me donnaient un nouveau souffle.
Rebirth. Renew. Restart. Redefinition of one's identity.
Il me semblait avoir perçu ces notions là dans quelque livre de D.H. Lawrence.

Plus rapidement que le temps réel, l'heure de partir arriva. Ce fut comme un déchirement. Une trahison. Ce souffle de vie s'estompa brutalement tandis que je descendais pour sortir de la médiathèque. Les univers imaginés refermèrent leurs portes alors que je me noyais de nouveau dans un monde aussi brutal que réel. Je me sentis m'asphyxier sur place, happé par une tempête de sensations qui me semblèrent nouvelles et cruelles.
Je dus passer en mode automatique pour rentrer chez moi. Je n'eus guère conscience d'avoir pris le tramway, avoir foulé les pavés des rues étroites du centre-ville, senti les odeurs annonciatrices de la vie nocturne de la cité. Tout passait à travers un filtre grossier, celui qui avait été créé suite à mes lectures nomades et presque hasardeuses. Une lourde empreinte de ces dernières était ancrée en moi.

La réalité me frappa de plein fouet lorsque je pris conscience de la faim physique, qui, pour se venger, me donna le vertige.
J'acceptais de ce fait de partager un repas avec ma famille. Chose aussi précieuse que rare. Personne ne me dérangea dans ma rêverie. Silencieux, bercé dans ma bulle, je ne suivais les conversations que d'une oreille pire que distraite. Je ne pus comprendre vraiment ce qui se disait, les mots se déformaient et se détachaient les uns des autres. Mais, cette fois-ci, je ne pris pas peur. J'étais toujours dans un état d'esprit apaisé, calme, serein.

Une fois repu, je me dirigeai vers ma chambre, le bruit seul de mes pas dans les escaliers résonnant avec le battement de mon coeur.
Je me surprenais à être autant bien. Je ne cherchais pas à y penser, à analyser cet instant, de peur qu'il s'effrite et parte en fumée. Oh, non! Si je pouvais le garder au plus près de mon coeur le plus longtemps possible, je ne me gênerais pas!

Presque naturellement, je m'assis à mon bureau, allumai la lampe qui se situait à l'angle gauche, pris un vieux cahier de brouillon qui trainait dans le coin et un stylo bille noir. Et sans prendre le temps d'assimiler mes faits et gestes, je me mis à noircir page sur page de manière frénétique. Une pression jusque là non réalisée, nichée également au creux de mon ventre, se dissout d'abord un peu dans tous les sens, puis, enfin, une bonne fois pour toutes. Mon esprit devint plus léger et clair.
Je ne m'arrêtai qu'une fois que le flot d'inspiration subite se tarit, bien après une douleur atroce au niveau du poignet.
C'était le prix à payer pour soulager cette conscience torturée depuis trop longtemps. Je souris malgré moi en secouant bêtement ledit poignet qui protestait par monts et par vaux.

Plus tard encore, je ne me relus pas. Ce n'était pas encore le bon moment pour cela. J'éteignis la lampe et me trainai, à bouts de force, jusqu'à mon lit où je m'y affalai comme si j'avais été constitué de plomb.
Très rapidement, mes yeux se fermèrent et je plongeai dans l'imaginaire du subconscient.

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